Le maire Michel Angers roule plusieurs milliers de kilomètres annuellement sur son vélo.
Le maire Michel Angers roule plusieurs milliers de kilomètres annuellement sur son vélo.

Michel Angers, le maire aux mollets d’acier [VIDÉO]

Mathieu Lamothe
Mathieu Lamothe
Le Nouvelliste
Nouvellement attitré à la couverture des affaires municipales à Shawinigan, le journaliste Mathieu Lamothe est un adepte des sports d’endurance, dont le cyclisme, depuis une dizaine d’années. Sachant que le maire Michel Angers est un cycliste aguerri, il l’a invité à rouler quelques bornes en sa compagnie. Pendant une pause café de mi-parcours, le maire s’est confié sur sa passion pour le vélo et les bienfaits que ce sport lui procure. Les deux hommes ont également discuté de politique municipale.

Shawinigan — Alors que le soleil vient tout juste de se lever, Michel Angers enfourche son vélo de route et part en solitaire pour une randonnée d’une quarantaine de kilomètres.

Ce rituel, le maire de Shawinigan le répète au moins quatre fois par semaine avant de se rendre à l’hôtel de ville, et ce, du début du printemps jusqu’à l’automne. Et comme tout cycliste qui se respecte, il enfile les longues sorties, notamment d’éprouvantes traversées du parc national de la Mauricie, pendant les week-ends en compagnie de sa conjointe ou d’amis en mesure de le suivre. Quand le temps froid s’installe, c’est sur une base d’entraînement dans le sous-sol de sa résidence qu’il monte son Devinci Leo SL, avec pratiquement autant d’assiduité que pendant la saison sur route. Pas question qu’il laisse les durs hivers québécois gâcher son coup de pédale. Et afin d’être prêt à attaquer ses parcours de prédilection dès la fonte des neiges, il enfile les journées d’une centaine de kilomètres en selle pendant les séjours de quelques semaines en Floride que sa femme et lui s’offrent annuellement au mois de mars, sauf bien sûr quand un fichu virus le force à écourter ses vacances et à rentrer d’urgence au pays.

Place à la question qui tue. Est-il le maire le plus en forme du Québec?

«Certains se plaisent à dire que oui», confie-t-il humblement.

Deuxième question maintenant: comment un homme dont les fonctions impliquent de travailler entre 70 et 80 heures par semaine en vient à devenir un adepte sérieux d’un sport demandant de nombreuses heures d’entraînement afin d’atteindre un bon niveau?

«Je roule depuis seulement six ans. J’étais invité tous les ans à donner le départ de l’épreuve de 105 kilomètres des Défis du parc. Chaque fois, j’avais des frissons. En 2013, j’ai dit aux cyclistes que j’allais être avec eux l’année prochaine. Juste après, le propriétaire de l’époque de la boutique Le Yéti est venu me voir pour me dire qu’il avait un vélo parfait pour moi à me vendre», se rappelle-t-il.

Depuis, une véritable histoire d’amour s’est développée entre le maire et sa bécane. Il a évidemment respecté sa promesse en 2014 et a pris part à l’événement tous les ans depuis, sauf en 2020 évidemment. Il a également été le capitaine de l’équipe représentant l’Union des municipalités du Québec lors du Grand défi Pierre Lavoie à quatre reprises. C’est d’ailleurs lui qui représentait l’équipe issue du monde municipal lors des étapes les plus difficiles, que seuls des cyclistes chevronnés sont en mesure de compléter sans danger. Roulant près de 5000 kilomètres annuellement depuis ses débuts en vélo, il ne faisait aucun doute qu’il était l’homme de la situation. De plus, il possède un trait de caractère commun aux cyclistes sérieux: le goût du dépassement. Pour lui, une randonnée n’est pas un prétexte pour regarder le paysage, mais plutôt pour repousser ses limites.

«Je mentirais si je disais que je faisais du vélo par plaisir. Je veux toujours en donner une petite coche de plus. J’ai besoin de ressentir d’en avoir donné assez sur mon vélo. C’est là que j’ai du plaisir. Je ne fais jamais de promenades de santé. Je regarde un peu le paysage, mais je suis constamment dans ma tête. Je peux passer 40 fois à côté de quelque chose sans le voir», raconte-t-il.

Plus en forme qu’il y a dix ans

En plus de constituer une occasion d’assouvir sa soif de défi sur une base quasi quotidienne, le cyclisme a permis au jeune sexagénaire de retrouver un niveau de forme qui lui permet de continuer à s’adonner à un autre sport qu’il adore et qui fait partie de sa vie depuis longtemps: le hockey.

«À 54 ans, j’arrivais claqué chez moi après avoir joué au hockey. Je me disais que j’étais rendu trop vieux pour jouer. Ça ne marchait plus mon affaire. J’ai même pensé prendre ma retraite du hockey. Mais après mon premier été de vélo, j’ai recommencé à jouer et ça allait très bien. Je joue encore maintenant et ce n’est pas difficile. Je ne suis même pas essoufflé! Il y a un adage qui dit: ‘‘on ne joue pas au hockey pour se mettre en forme. Il faut être en forme pour jouer au hockey’’», indique-t-il.

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Angers fort probablement sur les rangs pour un quatrième mandat

Alors que les prochaines élections municipales se tiendront dans un peu plus d’un an, Michel Angers ne confirme pas officiellement qu’il sera sur les rangs. Mais à la lumière de ses propos, fort à parier qu’il tentera de convaincre les électeurs de lui faire confiance une quatrième fois.

Bien qu’il reconnaît qu’il avait indiqué dans le passé qu’il voulait rester à la tête de Shawinigan pendant deux ou trois mandats au maximum, le maire indique dorénavant qu’il est fort probable que son nom se retrouve sur les bulletins de vote pour la mairie à l’automne 2021. 

«S’il y avait des élections dans trois mois, je serais là. Mais il y a plein de choses qui peuvent arriver dans la vie. Je crois que dans quelques mois je serais en mesure de préciser cette pensée-là. Je suis un passionné de mon travail autant que du sport. Mon père me disait: ‘‘trouve un travail que tu aimes et tu ne travailleras plus’’. Je n’ai pas l’impression de travailler. J’ai du plaisir à faire ce que je fais», confie-t-il.

Par ailleurs, il considère qu’il lui reste encore du travail à faire avant de tirer sa révérence. Il veut notamment poursuivre les grands travaux de transformation de l’économie shawiniganaise, qui a longtemps tourné autour de la grande industrie lourde alors qu’elle fait maintenant plus de place aux entrepreneurs. Les impacts négatifs de la pandémie de COVID-19 sur les projets qu’il chapeaute à titre de maire le poussent également à envisager très sérieusement de se présenter à nouveau.

«Je travaille avec d’autres à la reconversion de notre économie basée sur l’entrepreneuriat. J’ai l’impression que nous avons construit quelque chose qui est porteur. Mais la COVID nous a sacré un coup et ce n’est pas fini, car il y a la deuxième vague qui s’en vient. J’ai l’impression qu’il va y avoir des dégâts. On était sur une lancée. On commençait à avoir une notoriété et je le dis en toute humilité. Le modèle qu’on a mis en place a attiré les projecteurs. J’étais fier de ça. […] J’avais l’impression qu’avant la COVID, on était parti pour la gloire», laisse-t-il tomber.

Par contre, ce ne sera pas en raison d’un manque d’énergie qu’il pourrait décider de laisser sa place à quelqu’un d’autre. Au contraire, il se dit convaincu d’en avoir plus présentement que lorsqu’il a été élu pour la première fois en 2009. Il croit d’ailleurs que sa passion pour la bécane y est pour quelque chose. Il ajoute que son tempérament de compétiteur le sert autant dans ses fonctions de maire que lorsqu’il enfourche son vélo ou qu’il saute sur la patinoire.

«Si ce n’était pas du sport, je ne pourrais pas tenir un tel rythme. Ça prend les idées claires et le vélo, ça éclaircit les idées», mentionne-t-il.