Michel Angers comprend le ras-le-bol des citoyens et appuie les mesures de déconfinement annoncées.
Michel Angers comprend le ras-le-bol des citoyens et appuie les mesures de déconfinement annoncées.

Michel Angers: «Je pense qu’il faut passer à l’autre étape, celle du déconfinement»

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
Shawinigan — Le maire de Shawinigan, Michel Angers, ne fait pas partie des gens qui s’inquiètent de revoir un peu d’animation dans les rues de sa ville à la suite du déconfinement progressif amorcé lundi. Selon lui, les citoyens demeureront sur leurs gardes afin d’éviter une deuxième vague de propagation de la COVID-19 au cours des prochains mois.

Shawinigan a beaucoup attiré l’attention dans la région avec 289 personnes contaminées depuis le début de la crise, dont 188 résidents et employés au centre d’hébergement et de soins de longue durée Laflèche. Hors de ces murs, le coronavirus a donc atteint 101 personnes dans cette ville jusqu’ici.

La progression du nombre de personnes contaminées par la COVID-19 connaît un fort ralentissement à Shawinigan. Du 1er au 15 avril, 164 nouveaux cas s’étaient ajoutés. Lors des 15 jours suivants, du 16 au 30 avril, ce nombre avait fondu à 24. Au cours de la dernière semaine, du 25 avril au 3 mai, seulement neuf nouveaux cas ont été recensés à Shawinigan.

Samedi, le maire a bien vu une certaine effervescence en ville, mais en général, il observait que la population prenait ses précautions sous les généreux rayons du soleil.

«Je pense qu’il faut passer à l’autre étape, celle du déconfinement, pour une raison fort simple: il y a un ras-le-bol de beaucoup de personnes d’être enfermées depuis six ou huit semaines», commente-t-il. «Nous l’avons vu en fin de semaine, les gens avaient le goût de sortir. Mais un peu partout, ils respectaient les consignes de distanciation.»

Le maire a fait ses observations en vélo en fin de semaine et il croit que le fameux espace de deux mètres est bien intégré pour la majorité des gens. «Pour notre bien-être mental, je pense qu’il est important que nous recommencions, tout doucement, à sortir. À partir du moment où les commerces rouvrent leurs portes, c’est un autre signal pour les gens de mettre le nez dehors. À mon avis, c’était plus qu’un désir. C’était un besoin! Avec les messages changeants que nous avons, le virus est avec nous pour un bon bout de temps et il faudra nous adapter à cette réalité.»

M. Angers s’est permis une incursion dans «deux ou trois» boutiques lundi matin, une première sortie hors de son circuit habituel entre son domicile et l’hôtel de ville en deux mois. Il a observé que les mesures de sécurité et d’hygiène prescrites par le gouvernement du Québec s’étaient ajoutées au décor.

À l’hôtel de ville, les 35 employés cols blancs mis à pied à la fin mars retrouvent leur poste progressivement depuis lundi. M. Angers s’attend à ce que les 89 employés temporaires saisonniers, sur appel ou étudiants également mis sur la touche à la même occasion soient rappelés au cours des prochaines semaines.

«De nouvelles directives seront émises pour ce retour au travail, puisque nous avons adapté l’hôtel de ville pour respecter les règles de la santé publique», mentionne le maire. «Ceux qui pourront continuer en télétravail pourront le faire. Nous ne sommes pas prêts à rouvrir l’hôtel de ville (à la population).»

D’ailleurs, M.Angers confirme que la séance publique régulière du 12 mai se déroulera à nouveau à huis clos, mais demeurera accessible par vidéoconférence. Il ne s’attend pas à un changement dans cette façon de procéder au cours des prochains mois.

«Jusqu’au 31 août, il n’y a pas de rassemblement», rappelle-t-il. «Une assemblée publique est un rassemblement. À moins d’une nouvelle directive du ministère des Affaires municipales et de la Santé publique, j’ai l’impression que les prochaines séances, au moins jusqu’en septembre, vont se faire par vidéoconférence.»

Enfin, la Ville de Shawinigan devrait annoncer de nouvelles mesures pour permettre aux amateurs de planche à roulettes de recommencer à fréquenter les parcs dédiés à cette discipline. M. Angers reconnaît que les jeunes rongent leur frein depuis que la neige a quitté ces lieux.

«La plupart des villes ont laissé les skateparks ouverts, avec un nombre maximal de personnes et une distanciation de deux mètres», explique-t-il. «Nous les avions fermés, mais nous allons les rouvrir cette semaine. Ceux qui sont les plus touchés présentement, à part nos aînés, ce sont les adolescents, qui ne vont pas à l’école et qui sont confinés.»

En ce qui concerne les autres aires de jeux dans les parcs, M. Angers s’en remet aux directives du gouvernement du Québec avant de décréter leur réouverture.