Le maire de Shawinigan Michel Angers.
Le maire de Shawinigan Michel Angers.

Michel Angers: «Avoir un quotidien régional est indispensable»

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Shawinigan — «La Ville de Shawinigan ne serait pas ce qu’elle est si ce n’était de la présence de médias locaux et notamment de la presse écrite. Si on se démarque et que nos succès dépassent nos frontières, c’est parce qu’il y a une presse écrite qui nous suit au quotidien et qui fait connaître nos réalités.» C’est en ces mots que le maire de Shawinigan, Michel Angers, s’est dit préoccupé par la situation qui prévaut à la suite de l’aide gouvernementale octroyée lundi par le gouvernement Legault aux journaux du Groupe Capitales Médias, dont fait partie Le Nouvelliste, pour permettre leur pérennité.

- Michel Angers

Pour Michel Angers, la Ville de Shawinigan devra d’ailleurs se questionner sérieusement sur son rôle à jouer dans le maintien d’une presse écrite locale, alors qu’un mouvement de sympathie et de soutien se fait de plus en plus sentir dans la région pour aider la presse écrite, notamment Le Nouvelliste, à poursuivre les activités à long terme.

«Il va falloir réfléchir à l’interne sur comment on peut, à notre niveau, soutenir Le Nouvelliste et la presse écrite régionale en général, comme partenaire régional», signale M. Angers, ajoutant que cette réflexion devra aussi se faire à court terme avec les autres maires de la région, mais également les maires des différentes villes qui sont desservies par les six journaux de Capitales Médias, soutient celui qui est également membre du conseil d’administration de l’Union des municipalités du Québec.

Depuis l’été 2017, le gouvernement permet désormais aux municipalités de diffuser leurs avis publics uniquement sur le web, ce qui a privé plusieurs journaux de revenus importants à travers le Québec. Shawinigan fait partie des villes qui ont choisi de diffuser désormais leurs avis publics sur le web. Toutefois, assure le maire Angers, le budget publicitaire consacré à la presse écrite n’a pas diminué pour autant. «Ça a été un remaniement de nos placements. Notre budget consacré à la presse écrite est demeuré le même, mais sous d’autres formes et nous donnons différentes informations par le biais de publicités qui sont achetées dans les journaux. Nous continuons de faire des placements publicitaires dans la presse écrite, ça n’a pas changé», mentionne-t-il.

Pour Michel Angers, la présence de tous les médias régionaux, autant la presse écrite que radio ou télé, est essentielle pour la région. Toutefois, le maintien de la presse écrite revêt une importance capitale, car c’est à travers elle qu’une communication beaucoup plus détaillée peut être faite vers les citoyens. Par ailleurs, le fait de savoir que l’on consulte un média réalisé par des journalistes professionnels, qui ont une obligation de vérifier leurs sources et de faire une certaine validation avant de rendre publique une information, dénote l’importance de continuer à pouvoir s’informer auprès de ces médias réalisés par des artisans rigoureux, soutient-il.

«Si on pense que seul Facebook pourra continuer de nous informer de façon aussi rigoureuse, on se trompe complètement. Il faut prendre acte de l’importance pour les régions de ce qui est produit ici et ailleurs. Pour une région comme la nôtre, avoir un quotidien régional est indispensable, et c’est actuellement une bonne nouvelle de savoir que les gens se lèvent et prennent conscience de ce qui se passe», croit celui qui insiste sur le fait que la solution passera aussi définitivement par une intervention du gouvernement auprès de Facebook et Google.

«Tous ceux qui vont piger dans vos textes pour les rediffuser sans n’avoir jamais rien à repayer à personne ne doivent pas pouvoir continuer d’agir ainsi», croit-il.