Michel Angers

Michel Angers à la présidence de la Régie de gestion des matières résiduelles

Shawinigan — Le maire de Shawinigan, Michel Angers, a été élu, jeudi soir, à la présidence de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie. Il succède ainsi à René Goyette, un ancien conseiller de la Ville de Trois-Rivières qui a assumé ce poste au cours des quatre dernières années.

C’est un dossier que le maire Angers connaît très bien puisqu’il y est impliqué depuis huit ans. Depuis 2005, deux conseillers de la Ville de Trois-Rivières, Pierre-A. Dupont et René Goyette, ont présidé les destinées de l’organisme. Leur mandat respectif avait été entrecoupé (en 2008) par la présidence du maire de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, Pierre Bouchard. La Ville de Shawinigan voit enfin, cette année, le balancier venir de son côté.

Aucun des trois derniers présidents n’a eu la vie facile, depuis 12 ans. Il y a eu d’abord cette importante et coûteuse dispute juridique avec le producteur de tomates Savoura. Des frictions avec la municipalité de Saint-Étienne-des-Grès concernant des problèmes d’odeurs en provenance des cellules d’enfouissement ont aussi défrayé les manchettes. Des écoulements dans la rivière Saint-Maurice de produits toxiques contenus dans le lixiviat d’une cellule d’enfouissement a aussi occasionné des soucis à la Régie qui s’est fait taper sur les doigts par le ministère de l’Environnement. La Régie a dû également se battre en cour contre l’homme d’affaires montréalais Lucien Rémillard pour des questions de propriété du lieu d’enfouissement technique de Champlain. En 2014, une très longue grève des cols bleus avait obligé les cadres à exercer des métiers pour lesquels ils n’étaient pas formés afin de garder le LET de Saint-Étienne-des-Grès ouvert.

Bref, le dossier de la Régie n’a jamais été facile. Malgré tout, il intéresse le maire Angers qui est maintenant prêt à y consacrer ses énergies.

Au cours du mandat de M. Goyette, dit-il et «avec le conseil d’administration, on a réglé des dossiers. Ça n’a pas été un mandat facile», concède-t-il. La maison est maintenant presque nette pour l’arrivée du maire Angers, sauf qu’il «reste un dossier majeur. Ça va être toute la question de la troisième voie», dit-il.

«L’été dernier, on est allé du côté de Toronto et du côté de Rimouski également», dit-il, pour visiter diverses installations et technologies de traitement des matières organiques et en choisir une qui pourrait faire l’affaire, en Mauricie.

«Quelque part en 2018, il faut prendre une orientation sur le choix du site et le choix du traitement», dit-il.

On sait que jusqu’à présent, le maire de Saint-Étienne-des-Grès, Robert Landry et celui de Champlain, Guy Simon, ne se sont pas montrés intéressés à obtenir cette installation chez eux, sauf dans le cas de M. Simon, si la bâtisse de traitement est fermée et ne laisse pas échapper d’odeurs.

«M. Landry est maire de sa municipalité et en même temps, c’est un excellent administrateur. Il y aura certainement des discussions, des orientations à prendre autant avec lui qu’avec M. Simon. Je suis un homme de consensus. Je suis un homme de débats. Des fois, pour convaincre les gens, ça prend de l’argumentation, ça prend aussi des faits. C’est ce que je fais avec mon conseil municipal et on ne s’en tire pas trop mal», fait valoir M. Angers.

Le maire indique qu’il va commander d’autres études pour y voir bien clair dans ce dossier.

«L’enjeu de la troisième voie, ce n’est pas une question de choix. C’est une obligation», rappelle-t-il.

«Certainement qu’on sera capable de s’occuper chez nous de nos matières putrescibles», estime-t-il.

«Il y a des modèles au Québec qui fonctionnent particulièrement bien. Les technologies ont passablement évolué. On n’est plus à l’époque de Saint-Luc-de-Vincennes», assure le nouveau président de la RGMRM.