Tout a commencé par une passion pour Micael Béliveau de Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

Micael Béliveau, vedette internationale du BBQ!

Notre-Dame-du-Mont-Carmel — Tout a commencé il y a huit ans lorsque Micael Béliveau s’est acheté un fumoir à viande, juste pour s’amuser. Le truc à 60 $ lui aura causé bien des maux de tête. Aussi bien dire qu’il avait jeté son argent à l’eau. Amateur de bonne cuisine, le jeune homme ne s’est pas avoué vaincu pour autant. Aujourd’hui, l’expertise pointue qu’il a développée en matière de travail de la viande, qu’il s’agisse de BBQ, de lactofermentation, de salaison ou de fumage, fait de lui un expert que l’on consulte de partout dans le monde grâce au web.

Ce n’est pas seulement à cause de sa passion pour ce sujet que les choses ont levé à ce point pour lui, mais aussi grâce à sa formation d’administrateur réseau en informatique. Son site web, qu’il a monté lui-même et qu’il améliore régulièrement, MaitreFumeur.com, reçoit 2,5 millions de visites par année.

Sa page Facebook, créée sous le même nom, il y a trois ans, compte 38 000 abonnés et s’enrichit maintenant de 1000 nouveaux abonnés par mois. La chaîne YouTube est sur le point de voir le jour.

Même si les compétitions de BBQ gagnent en popularité, vous ne verrez jamais Micael Béliveau y participer. «Ma philosophie est tout le contraire. Je ne veux pas cacher mes recettes, je veux les partager», explique-t-il.

Le résident de Notre-Dame-du-Mont-Carmel avait donc démarré sa page Facebook et son site web dans le but premier de créer une communauté de partage de recettes et de connaissances sur le travail de la viande. On comprend que dès le départ, il était déjà à des années-lumière des pilons de poulet avec sauce BBQ sur le gril. Parlez-lui plutôt de magret de canard fumé à chaud au poivre rose et au Grand Marnier et autres choses du genre.

L’homme s’est même aménagé chez lui une chambre de vieillissement de la viande où la température et l’humidité sont soigneusement contrôlées afin d’y préparer des pièces selon diverses techniques.

Micael Béliveau a de moins en moins de temps pour s’occuper de sa compagnie d’informatique. Il n’a conservé que quelques clients, principalement des amis. C’est que le monde de la viande et sa nouvelle entreprise web, Maître Fumeur, l’occupent au moins 14 heures par jour. «Je reçois quotidiennement entre 300 et 400 messages Facebook», dit-il. C’est en plus de ceux qu’il reçoit aussi sur son site web. La sonnerie de sa montre intelligente fait constamment compétition à celle de son téléphone. Le soir, il doit mettre tout ça en mode avion pour pouvoir dormir.

Cette affluence demande une gestion serrée et lui gruge beaucoup de temps, mais elle a aussi de très bons côtés. Non seulement il en vit, mais il suscite déjà l’intérêt de diverses compagnies qui veulent s’associer à lui pour sa grande visibilité. Sa cour arrière en témoigne. On y trouve tout un chapelet de BBQ et une cuisine extérieure qui lui ont été donnés par diverses compagnies. Un concessionnaire automobile lui fournit même un camion flambant neuf tous les trois mois en autant que son enseigne figure sur le véhicule lorsque Micael Béliveau va donner ses cours de fumage aux quatre coins du Québec.

Son plus proche collaborateur est BBQ Labonté de Drummondville. Il est facile de comprendre que les bonnes odeurs de la viande que Micael Béliveau prépare, lors de démonstrations, les fins de semaine, créent des queues de clients potentiels pour cette entreprise. Le mariage entre les deux est pour ainsi dire parfait.

«Avant, je payais pour être présent dans les festivals. Aujourd’hui, on me paie pour y participer», dit-il, agréablement surpris de la tournure prise par sa vie professionnelle.

Micael Béliveau a aussi lancé une gamme de produits, notamment un mélange d’épices à steak qu’il vend en ligne. Sa boutique virtuelle comprend aussi des vêtements, posters, accessoires et objets imprimés aux couleurs de son entreprise. Une partie importante de son quotidien consiste donc à se rendre au bureau de poste pour expédier les commandes à ses clients.

Le jeune homme de 31 ans ne s’inquiète pas pour l’avenir. Il est du genre à suivre le courant de la rivière et à saisir les occasions qui se présentent à lui. «Il y a des gens qui ont eu un emploi stable dans une entreprise pendant 30 ans et qui ont perdu leur travail du jour au lendemain», dit-il. Ça ne sert donc à rien de voir trop loin en avant, fait-il valoir.

Avant de lancer Maître fumeur, le jeune homme affichait un poids de 400 livres. Une chirurgie a complètement changé son corps et sa vie. «J’étais une personne très timide», confie-t-il. L’idée de donner des cours devant une classe de 60 personnes le terrorisait. La perte de poids lui a apporté une confiance qu’il n’avait pas avant, dit-il. «Je ne l’aurais probablement pas fait avant», estime-t-il.

Pour l’instant, il caresse le souhait de «devenir vraiment la référence dans toute la francophonie mondiale», dit-il.