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Constant Awashish est le grand chef du Conseil de la nation Atikamekw.
Constant Awashish est le grand chef du Conseil de la nation Atikamekw.

Mesures pour contrer le racisme: plus de questions que de réponses selon les Atikamekws

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
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La Tuque — Les élus de Manawan, Opitciwan, Wemotaci et du Conseil de la nation atikamekw (CNA) ont reçu «avec une dose d’incertitude» les 25 recommandations contenues dans le rapport du groupe d’action de la CAQ pour contrer le racisme. Les chefs et le grand chef de la Nation atikamekw estiment que le rapport amène plus de questions que de réponses.

«Nous avons reçu le rapport. Nous n’avons pas été invités à prendre part à son élaboration. Nous sommes en action depuis le décès tragique de Joyce, nous voulons travailler ensemble et nous voulons que nos compétences soient reconnues. Pour le moment, à la lecture de ces recommandations, on se demande comment tout ça prendra forme, comment le travail s’articulera en ce sens et comment le dialogue de nation à nation pourra se concrétiser», a déclaré Constant Awashish, grand chef du CNA.

Les autorités atikamekw accueillent toutefois avec ouverture la structure du rapport offert par le groupe d’action contre le racisme mis sur pied par la CAQ en juin dernier.

Les élus soutiennent que le fait que les recommandations offertes prennent en considération la situation spécifique des Premières Nations et des Inuits est accueilli favorablement par les chefs et le grand chef atikamekw.

Par contre, affirment-ils, ce qui attire leur attention dans ce rapport c’est la nature «parcellaire des recommandations en ce qui a trait aux réalités autochtones, le fait que les Autochtones ne semblent pas être perçus comme des agents actifs du changement» et l’absence de mécanismes clairs afin que les onze nations prennent part aux changements.

«Il semble que les enjeux de fond n’ont pas encore été pris en compte. Des propositions concrètes ont été offertes dans le mémoire pour le Principe de Joyce pour arriver à des changements avec une portée sur l’ensemble des services de santé et services sociaux. Pourtant, celles-ci ne semblent pas avoir été prises en considération dans les recommandations offertes. Nous espérons que l’éveil lié à la mort de Joyce mènera à réaliser un travail de fond», a souligné Paul-Émile Ottawa, chef de Manawan.

Le chef du Conseil des Atikamekws de Wemotaci, François Néashit, soutient pour sa part que «les Autochtones sont représentés comme des utilisateurs de services, mais notre apport en tant qu’acteurs dynamiques, partie prenante des solutions, n’est malheureusement pas représenté à sa juste valeur ici».

«Pourtant, nous croyons que c’est de cette manière que de réels changements dans les relations pourront s’effectuer», ajoute-t-il.

Le chef d’Opitciwan soutient quant à lui que les pistes de solutions avancées «paraissent déconnectées» de la réalité des Premières Nations.

«Le rapport est très simpliste sur la question autochtone», a exprimé Jean-Claude Mequish, chef d’Opitciwan.