Pierre Hébert est le président du Regroupement des ressources résidentielles de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (3RMCQ).
Pierre Hébert est le président du Regroupement des ressources résidentielles de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (3RMCQ).

Mesures de confinement pour les ressources intermédiaires: «Nous n’avons pas eu le choix»

Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Le Regroupement des ressources résidentielles de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (3RMCQ) a lui aussi mis en place des mesures de confinement pour protéger ses membres et sa clientèle contre la COVID-19.

«Nous n’avons pas eu le choix. Nous sommes en première ligne et nous devions prendre des décisions urgentes. Nous avons mis le cadenas dans les portes. Tout le monde est confiné. Les visites non urgentes entre la clientèle et leur famille, dont les parents biologiques, sont interdites», a indiqué Pierre Hébert, président du 3RMCQ – SCFP Local 523.

Le Regroupement, qui est affilié au Syndicat canadien de la fonction publique (3RMCQ – SCFP Local 5236), représente près de 300 ressources intermédiaires de type familiales. Celles-ci accueillent plus de 1200 clients adultes souffrant de problématiques de santé physique et/ou mentale. Parmi ceux-ci, certains sont lourdement handicapés.

«C’est la clientèle des CHSLD. On supporte le réseau de la santé mais en contrepartie, nous n’avons pas de support», déplore M. Hébert.

Il relate que depuis le 10 mars dernier, plusieurs membres ont fait part à leur association de leurs grandes inquiétudes face aux répercussions de maintenir les visites entre la clientèle qu’ils hébergent et leurs parents biologiques.

«Nous avons alors communiqué avec le ministère de la Santé et des Services sociaux et ordonné à nos membres de suspendre tous les contacts jugés non urgents, incluant les visites des parents biologiques. La santé et sécurité de nos membres et de la clientèle, qui nous est confiée par l’État, doit prévaloir sur les décisions «administratives» surtout pendant cette crise sanitaire», indique M. Hébert.

En fin de journée mardi, le Regroupement a reçu les nouvelles directives du gouvernement qui appuyait sa décision de proscrire toutes visites ou sorties non urgentes. M. Hébert a par ailleurs noté que cette mesure de restriction a donné lieu à une belle collaboration avec les familles de leur clientèle compte tenu des circonstances exceptionnelles.

D’un autre côté, M. Hébert soutient que le Regroupement est toujours en attente de réponses du gouvernement pour savoir quelles mesures doivent être mises en place pour les conjoints/conjointes des membres et pour ceux qui reviennent de voyage.

Il lance aussi un appel à la solidarité auprès des anciens membres et anciennes ressources de type familial à la retraite. «Je fais appel personnellement à votre sensibilité et votre humanisme afin de nous soutenir en cette période particulière. Nous espérons constituer une banque de personnel pouvant offrir du remplacement de façon sporadique ou en permanence afin d’alléger un peu nos membres ou ceux qui devront s’isoler au cas où ils contracteraient le virus. Je pense surtout aux membres qui, dans bien des cas, sont des femmes seules qui prennent en charge une clientèle vulnérable», demande M. Hébert.

Notons enfin que les ressources intermédiaires étaient confrontées à une problématique concernant les limites sur les aliments et les médicaments. «Les annonces faites par les chaînes d’alimentation qui limitent à deux articles par client et celles concernant les limitations de médicaments nous préoccupent. Plusieurs de nos membres hébergent jusqu’à neuf résidents. Cette consigne devra être révisée», ajoute-t-il.

En milieu de journée mercredi, il a cependant été en mesure d’annoncer que les discussions du Regroupement avec les chaînes d’alimentation visant à assouplir les limites pour les familles d’accueil avaient porté fruit, du moins avec les Maxi qui ont accepté de ne pas imposer de limites aux titulaires des ressources pourvu qu’ils aient des preuves à fournir au gérant du commerce. Selon M. Hébert, les Métro et Super C ont pour leur part refusé de faire des exceptions à leur niveau.