Les dirigeants de l’entreprise Menthes Rito, Peter Nassif et Stéphane Leclerc, à l’intérieur du bâtiment qui deviendra bientôt leur nouvelle usine.

Menthes Rito se relève après l'incendie avec des investissements de 20 M$

TROIS-RIVIÈRES — Dans les heures ayant suivi la destruction par les flammes de leur usine le 4 octobre dernier, les propriétaires de l’entreprise trifluvienne Menthes Rito avaient promis qu’ils reconstruiraient rapidement. Exactement huit mois après l’incendie qui a réduit en cendres le bâtiment de la rue de la Vérendrye, on est à même de constater qu’ils ont respecté leur promesse alors qu’ils s’apprêtent à relancer d’ici quelques semaines leur production dans une toute nouvelle usine située sur la rue Dessureault dans le secteur Cap-de-la-Madeleine.

«L’idée de ne pas reconstruire ne nous a jamais traversé l’esprit», lance sans hésiter Peter Nassif, l’un des deux dirigeants de l’entreprise qui a été fondée par son père et son oncle en 1957 et qui est le plus grand fournisseur de menthes en Amérique du Nord, dont la célèbre paparmane rose.

Au moment de leur rencontre avec Le Nouvelliste lundi avant-midi, M. Nassif ainsi que son associé Stéphane Leclerc étaient habités d’une certaine fébrilité. Après avoir orchestré l’agrandissement et la transformation de l’édifice, qui était anciennement occupé par une succursale de la quincaillerie BMR et qu’ils ont acquis dans les semaines après l’incendie, ils attendaient impatiemment l’arrivée des premières composantes de leur nouvelle chaîne de production. Les nouvelles machines automatisées ainsi que les cinq séchoirs permettront notamment de tripler la production des petites menthes sucrées. En comptant l’achat de la bâtisse et de deux terrains adjacents, la construction de l’agrandissement ainsi que l’acquisition des nouveaux équipements, l’aménagement de cette nouvelle usine a nécessité un investissement d’environ 20 millions de dollars.

«On a changé complètement le procédé de fabrication. On est notamment rendu avec des robots, ce qui fait en sorte que notre usine sera à la fine pointe de la technologie», explique Stéphane Leclerc.

Même si plusieurs étapes de fabrication des sucreries faisant la renommée de l’entreprise trifluvienne ne nécessiteront plus directement d’intervention humaine, messieurs Nassif et Leclerc auront tout de même besoin de près d’une centaine d’employés afin de relancer la production au cours du mois de juillet. Par ailleurs, près de 70 % des personnes qui travaillaient à l’ancienne usine avant qu’elle ne soit la proie des flammes ont déjà confirmé qu’ils allaient être de retour. Les personnes intéressées à joindre l’équipe sont invitées à se rendre sur la page Facebook de l’entreprise afin d’en savoir davantage sur les postes offerts. Ils peuvent postuler en envoyant leur curriculum vitae à l’adresse emploi@ritomints.com. Messieurs Nassif et Leclerc soulignent qu’ils sont notamment à la recherche de travailleurs spécialisés, dont la responsabilité sera d’effectuer les travaux de maintenance des nouveaux équipements.

«On devrait être en mesure d’intégrer les employés au début du mois de juillet. Ils recevront tous la formation nécessaire afin que la production puisse reprendre à la mi-juillet», espère M. Leclerc.

Rappelons que les installations de la rue de la Vérendrye ont été détruites par un incendie causé par un problème électrique dans une salle de séchage. Le terrain laissé ainsi vacant par la relocalisation de l’entreprise est présentement en vente. La direction a d’ailleurs déjà été contactée par de potentiels acquéreurs.

Une usine «Made in Mauricie»

Lorsqu’est venu le temps de choisir les entrepreneurs et les travailleurs spécialisés pour mener leur projet à terme, les deux hommes d’affaires ont principalement décidé de faire confiance à des gens de la région. En plus d’encourager l’économie locale, cette volonté a notamment permis de diminuer considérablement certains délais de livraison.

«Les gens étaient au courant de notre histoire, alors ils croyaient au projet. Ç’a fait en sorte qu’on a pu aller plus vite. Près de 80 % des machines ont été conçues dans la région. On a également élaboré les programmes de formation [pour les employés] avec les entreprises», souligne M. Nassif.

Depuis l’incendie, la production est interrompue et l’entreprise ne peut approvisionner ses clients. Les propriétaires sont convaincus de pouvoir reprendre leur place sur le marché. La totalité de la production de la prochaine année est déjà vendue. L’ouverture prochaine de leur nouvelle usine leur permet donc d’envisager de percer de nouveaux marchés, notamment celui de l’Europe.

«On a déjà fait un salon là-bas et ç’a bien été», raconte M. Leclerc.