Anne Cordier et Pascal Bourdot souhaitent demeurer au Québec. Ils sont toutefois contraints de quitter le Canada d’ici le 9 décembre prochain.

Menacés d'expulsion du pays: le temps presse

Le temps commence à manquer pour Pascal Bourdot et Anne Cordier, ce couple de Français établi dans le village de Sainte-Flore à Shawinigan. La demande de prolongation d’un an du couple a été refusée par Immigration Canada, si bien qu’ils doivent quitter le Canada au plus tard le 9 décembre prochain.

«On est toujours dans l’urgence», déplore en entrevue Pascal Bourdot. «Je ne sais pas la suite des choses.»

Pascal Bourdot n’entend toutefois pas baisser les bras. Sa conjointe et lui ont choisi de s’établir en Mauricie, car ils ont eu un coup de cœur pour la région. Et leur nouveau milieu de vie convient mieux, affirme M. Bourdot, à la santé de sa conjointe. 

«Les médecins nous ont dit que si on retournait en France, ça serait préjudiciable pour sa santé. On ne peut pas revenir en France. Je ne vais pas ramener ma compagne dans un environnement mauvais pour sa santé», affirme M. Bourdot. «Elle est suivie par un médecin détaché par l’ambassade de France et, depuis qu’on est au Québec, elle va de mieux en mieux.»

Déterminé à pouvoir demeurer ici, le couple a consulté un avocat et entend déposer une demande de visa de travail. Pascal Bourdot soutient avoir obtenu la promesse d’un organisme œuvrant dans le milieu caritatif qu’il serait embauché bénévolement pour faire un travail à temps plein pour les douze prochains mois. Si M. Bourdot obtient son visa de travail, il espère par la suite pouvoir demander son statut de résident permanent. 

«On est en train de voir comment on peut faire accélérer les choses, car il ne reste que trois semaines», affirme-t-il. «Le traitement des dossiers est tellement long, c’est à peu près 118 jours de traitement, que si vous avez trois mois de répit, ça fait 120 jours. Quand ils vous envoient le papier, c’est comme s’il fallait partir le lendemain.»


Les médecins nous ont dit que si on retournait en France, ça serait préjudiciable pour sa santé.
Pascal Bourdot

Pascal Bourdot déplore également qu’il soit difficile pour lui d’obtenir du travail. Pour pouvoir embaucher un travailleur étranger temporaire, ce qui est le statut de M. Bourdot, une entreprise doit faire une étude d’impact sur le marché du travail. 

«Ces études coûtent cher pour l’employeur, ça peut monter jusqu’à 2000 $, s’il le fait lui-même. Ça peut coûter encore plus cher de le faire faire par quelqu’un d’autre comme un avocat. Le système n’est pas simple. J’essaie de le comprendre depuis un an et demi, mais ce n’est pas simple», soutient M. Bourdot. 

«On a essayé plusieurs programmes, comme le programme d’étude, mais ça ne fonctionne pas. Il y a des soucis au niveau du gouvernement fédéral. On a été accepté au Québec, mais au niveau du gouvernement fédéral c’est beaucoup plus difficile.»

Bien établi à Sainte-Flore depuis l’achat d’une maison, le couple a démarré une coopérative d’artisans enregistrés à l’État québécois comme OBNL. Le couple met des locaux à la disposition d’artisans qui peuvent y travailler et développer leurs produits. L’objectif est d’aider à la revitalisation de Sainte-Flore et de Grand-Mère. 

«Avec tous les projets qu’on développe, on a la population et les élus d’ici derrière nous, mais il faut passer l’administration», souligne Pascal Bourdot. «Mais tout cela ne rentre pas en ligne de compte.»