Le maire Jean-Guy Lavoie a fait savoir que peu importe le moment où la municipalité aurait choisi de tenir sa signature de registe, il y aurait eu des absents et des mécontents.

Près de 200 citoyens à la consultation publique

S'il y a un point sur lequel les citoyens de Notre-Dame-de-Montauban semblent inquiets en ce qui concerne le projet de petite centrale hydroélectrique sur la rivière Batiscan, c'est bien sur la façon dont la Municipalité et la MRC de Mékinac ont choisi de s'y prendre pour consulter la population. C'est du moins ce qu'on peut retenir des échanges qui ont eu lieu hier soir, lors d'une assemblée de consultation publique tenue conjointement par les deux organismes, à laquelle près de 200 citoyens ont assisté.
C'est que cette assemblée de consultation, au cours de laquelle des informations ont été fournies au public concernant le projet de barrage, se tenait moins de 24 heures avant la signature du registre qui soumettra ou non le projet à un référendum.
La tenue de registre se tient en effet aujourd'hui, de 9 h à 19 h à la salle municipale de Notre-Dame-de-Montauban. Si 98 personnes signent le registre, la Municipalité devra décider si elle va en référendum. Si le nombre n'est pas atteint, le projet sera réputé approuvé.
«Il y a beaucoup de choses importantes à savoir dont nous n'avons pas encore les réponses, et il faut se prononcer demain (aujourd'hui)», a résumé Jean Jasmin, ancien conseiller municipal et président du mouvement Chute Libre.
Parmi les informations réclamées par les citoyens qui n'ont pu être fournies, celle qui semblait inquiéter le plus les personnes présentes était de connaître la composition de l'organisme qui assurera la gestion du barrage. Selon le maire Jean-Guy Lavoie, l'objectif serait que la municipalité et la MRC se partagent cette responsabilité et, du même coup, les coûts et les profits générés par le barrage, à 50 % chacun.
Une proportion qui ne semblait pas faire l'affaire de certains citoyens, qui disent avoir encore du mal à digérer le dénouement du dossier du transfert du CAF vers la scierie de Notre-Dame-de-Montauban, qui aurait créé une trentaine d'emplois et auquel la MRC n'aurait donné aucun appui.
«Tout ce que je pourrai faire pour empêcher qu'une seule cenne de ce projet aille dans les poches de la MRC, je le ferai», s'est exclamé un citoyen, André Lavoie.
D'autres citoyens ont reproché aux élus de ne pas avoir considéré d'autres projets dans l'exploitation du potentiel hydroélectrique de la rivière, dont l'installation d'hydroliennes. Les impacts sur le tourisme, en raison de la diminution du débit d'eau de la rivière et des chutes ont aussi été soulevés.
L'absence en semaine des étudiants, des travailleurs extérieurs résidents à Montauban ainsi que des villégiateurs, qui représentent 50 % des payeurs de taxes de la municipalité, a aussi généré des questions.
«C'est une démarche que je perçois comme un piège. Les renseignements les plus importants, on ne les a pas ce soir (hier) et il faudrait se prononcer demain (aujourd'hui)? C'est une manière anti-démocratique de procéder», a signalé Suzanne Venne. Le maire Jean-Guy Lavoie a fait savoir que peu importe le moment où la municipalité aurait choisi de tenir sa signature de registre, il y aurait eu des absents et des mécontents.
Jean Jasmin, pour sa part, a souhaité savoir pourquoi entre le dépôt du projet, le 18 janvier dernier, et la signature de registre, il n'y avait pas eu de consultation publique plus tôt, «histoire qu'on puisse digérer toutes les informations fournies pour prendre une décision éclairée», a-t-il dit.
Ce à quoi le maire Lavoie a répliqué que la municipalité agissait en toute transparence et que la décision finale reviendrait aux citoyens puisqu'elle serait soumise à la consultation populaire. De plus, Hydro-Québec exige le dépôt des projets au 16 mars, et la municipalité dit s'être basée sur la méthode employée par d'autres municipalités, dont Saint-Raymond, pour décider de sa conduite.
 
Des retombés importantes
Le maire de Notre-Dame-de-Montauban, Jean-Guy Lavoie, a bien insisté sur le fait que le projet, s'il devait être réputé approuvé après la signature de registre, n'était pas pour autant coulé dans le béton. «Nous demandons l'autorisation à la population de présenter le projet à Hydro-Québec. Ce sera ensuite à eux de nous dire si nous sommes admissibles», souligne-t-il.
Les démarches qui suivront comprendraient aussi la tenue d'un Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).
Hier soir, deux ingénieurs de la firme Cima ont expliqué que le barrage qui sera construit en amont de la rivière le sera 300 mètres plus haut que le précédent projet qui avait été présenté. Grâce au procédé proposé, l'ingénieur Paul Lambert a assuré les citoyens que les terres en amont de la rivière ne seront pas inondées plus qu'à la hauteur des crues printanières actuellement connues. Visuellement, mis à part la construction de la petite centrale, les citoyens ne devraient voir aucun changement à l'environnement entourant la rivière, assure-t-il, si ce n'est que le débit d'eau qui sera réduit à 6 mètres cubes le jour et 2 mètres cubes la nuit à certaines périodes. Le débit est actuellement à 30 mètres cubes.
Au point de vue financier, le projet représente un investissement de 28 M $ qui devra être réparti entre la Municipalité et la MRC à parts qui resteront à être déterminées. L'amortissement du prêt sur 20 ans et les revenus générés par la centrale permettent d'estimer à près d'un million de dollars les retombées économiques du projet par année, et la création de deux emplois. L'entente avec Hydro-Québec sera renouvelable après 20 ans, avec des tarifs qui seront réévalués à ce moment.
«C'est de l'argent qui pourra servir à financer de beaux projets d'avenir pour la municipalité, pour offrir aux générations actuelles et futures une meilleure qualité de vie», a signalé le maire Lavoie, énumérant une série de projets économiques et récréo-touristiques.
Pour sa part, le directeur de l'aménagement à la MRC de Mékinac, Louis Filteau, a signifié qu'il s'agissait pour la municipalité d'une occasion unique qui ne repassera pas, et dont les retombées seront très intéressantes pour la municipalité, puisqu'il sera géré par une organisation publique, dont la composition demeure encore à être déterminée.
Des explications qui n'ont pas nécessairement fait l'affaire d'une partie de l'assemblée, dont Jean-Louis Martel. «On sait qu'il y a d'autres alternatives, mais on ne les considère pas. On nous demande de prendre une décision avec un gun sur la tête. Je n'aime pas qu'on nous prenne pour des caves. Je ne suis pas contre le projet mais contre la forme, contre la façon de faire. Moi, je dis retournez à vos planches à dessins et repensez à la façon de présenter les choses», a-t-il lancé.