Mégaprojet de 48 M$ à l'hôtel Delta

À l'automne 2018, Trois-Rivières pourra compter sur un centre des congrès qui fera partie des quatre grands dans la province, avec Montréal, Québec et Gatineau. Car cinq mois seulement après avoir fait l'acquisition de l'hôtel Delta, voilà que la Société immobilière G3R annonce déjà un investissement de 48 millions de dollars pour la construction du CECI, pour Centre d'événements et de congrès interactifs.
«En décembre dernier, nous avons exposé notre vision de positionner Trois-Rivières au top 5 des destinations d'affaires et nous avons pu compter sur des personnes mobilisées pour le développement économique», a fièrement lancé, mardi, le président Carl Gravel lors d'une conférence de presse aux allures de gala qui regroupait plusieurs intervenants.
D'ailleurs, l'annonce a eu lieu alors que l'Association des hôteliers du Québec est justement en congrès à l'hôtel Delta.
Ainsi, un deuxième hôtel de 80 chambres fera son apparition sur le site du CECI et ce, sous une bannière reconnue et dans un style urbain et inspiré. Le futur complexe sera doté d'une salle de 1600 places, d'un grand hall, d'une salle de bal de 7000 pieds carrés et d'une passerelle vers le stationnement Badeaux.
Résultat? Le centre des congrès passera de 27 000 à 70 000 pieds carrés. On y intégrera des technologies diversifiées telles que des bornes informatives, des balises Bluetooth, le paiement mobile ainsi que plusieurs applications interactives.
«On deviendra un incontournable du monde événementiel au Québec, un lieu unique, actuel et distinctif pour les citoyens, congressistes, organisateurs d'événements et touristes en offrant à la clientèle un environnement moderne et interactif», soutient M. Gravel.
Sa vice-présidente, Guylaine Déziel, a rappelé que le Delta fêtait ses 25 ans en 2016. Et même s'il y aura «beaucoup d'actions et d'idées» autour de la nouvelle adresse symbolique, le 1634, cela n'a pas empêché le groupe de quatre actionnaires de rafraîchir les marques actuelles par de nouveaux logos, un investissement d'un million de dollars pour une solution de climatisation écoénergétique et un système informatique de 500 000 dollars. À cela est venu s'ajouter un nouveau design pour les appartements de La Sittelle pour en faire une résidence urbaine.
«C'est un moment historique. On a tous les éléments gagnants avec la marque Delta, le Marriott et la Ville. C'est un gage de succès», a confié la directrice générale de l'hôtel, Joyce Godbout.
Si le projet est assumé entièrement par le promoteur privé, soit de la construction à la gestion, la Ville offrira une aide financière à l'exploitation de l'ordre de 148 500 dollars par mois pendant 20 ans. C'est sans compter un congé de taxes de 25 ans par rapport au centre des congrès.
En entrevue, le maire Yves Lévesque a expliqué qu'au bout de dix ans, le coût net pour la Ville sera de 7,1 millions de dollars et qu'après deux décennies, un gain de 3,1 millions de dollars est même envisagé. Bref, pour la municipalité, il s'agit d'un investissement à coût nul considérant les revenus qui seront engendrés.
«On a conclu une entente exemplaire gagnant-gagnant en un mois, avec deux fonds d'entretien, des garanties, une sécurité extraordinaire. Je suis fier de voir nos gens d'affaires s'impliquer. Le privé est la formule la plus intéressante. Depuis 2002, je rêvais de voir quelque chose ici», affirme celui qui a évoqué l'approche préconisée par Gilles Beaudoin lors de la création du Delta dans les années 90 et l'engouement qui avait découlé de cet investissement de 17 millions de dollars.
Par ailleurs, le premier magistrat trouve «gênant» de voir Trois-Rivières occuper le neuvième rang des destinations d'affaires «en bas de Victoriaville et Drummondville». «On sera dans le top 5 d'ici trois à cinq ans alors qu'on ne pouvait pas solliciter les gens des grands congrès. Ce sera bon pour l'ensemble des hôteliers de la Mauricie et la revitalisation du centre-ville», prétend M. Lévesque.
À son avis, ça prend du courage politique pour procéder à de tels investissements. «Tout le monde est capable de gérer le quotidien. Mais pour gérer une municipalité, ça prend des rêves et de la détermination. On a la responsabilité de poser des gestes pour un meilleur héritage à nos enfants. On n'a pas le droit de laisser vieillir cette ville-là», a-t-il clamé lors de son allocution.
«Que demander de plus? Des retombées économiques annuelles de 15 millions de dollars et des investisseurs d'ici qui croient en Trois-Rivières et qui ont décidé d'élaborer un projet structurant pour l'ensemble de la communauté. La Ville encourage cette initiative et y participe avec enthousiasme, car elle s'inscrit totalement dans la Vision vers Trois-Rivières 2030», a-t-il conclu.