Une annonce importante a été effectuée par le ministre du Commerce international et député de Saint-Maurice-Champlain, François-Philippe Champagne, vendredi matin à l'hôtel de ville de Shawinigan. Il était notamment accompagné du maire, Michel Angers et de la ministre responsable de la Mauricie et députée de Laviolette, Julie Boulet.

Mauricie: 69 M$ pour l'assainissement des eaux

Un important déploiement de ministres, députés, maires et conseillers municipaux s'est installé à l'hôtel de ville de Shawinigan, tôt vendredi matin, afin d'obtenir la confirmation d'aides financières substantielles pour la réalisation de projets d'aqueduc et d'égout aux quatre coins de la Mauricie au cours de la prochaine année. Au total, Ottawa et Québec verseront précisément 68,8 millions de dollars pour 16 projets dans douze municipalités, grâce au nouveau Fonds pour l'eau potable et le traitement des eaux usées.
Cette valse de chèques a été annoncée par le ministre du Commerce international et député de Saint-Maurice - Champlain, François-Philippe Champagne, ainsi que la ministre responsable de la Mauricie et députée de Laviolette, Julie Boulet. 
En vertu du FEPTEU, les paliers fédéral et provincial défraieront 83 % des coûts admissibles des projets annoncés, un soutien inégalé qui permet de soustraire un fardeau financier aux municipalités. Ottawa versera 41,4 millions $ et Québec, 27,4 millions $.
«On annonce qu'on investit dans nos régions, on protège l'environnement, on crée de l'emploi et de la croissance économique», énumère M. Champagne, pour qui il s'agissait d'une première annonce dans sa circonscription depuis sa nomination à titre de ministre.
Parmi ces projets, celui de l'assainissement des eaux usées autour du lac à la Tortue accapare une bonne partie de l'enveloppe, avec un appui de près de 21,5 millions $ du gouvernement fédéral et 14,2 millions $ de Québec. Selon Mme Boulet, il s'agit du plus important projet soutenu dans le cadre du FEPTEU dans tout le Québec.
«On sait tous qu'au plan des infrastructures, plusieurs municipalités ont pris beaucoup de retard», rappelle la ministre régionale. «Il n'y a pas eu de mises à niveau au cours des dernières décennies et quand vient le temps de tout refaire, ça coûte beaucoup de sous et les municipalités n'ont pas nécessairement la capacité financière pour soutenir de tels projets. C'est la raison pour laquelle le soutien financier des gouvernements est tellement approprié.»
Généralement, les programmes tripartites d'infrastructures réservaient un partage égal des coûts. L'annonce du FEPTEU, en juillet 2016, avait été accueillie avec appétit dans les municipalités. 
«Je ne vous cache pas que c'est une aide exceptionnelle, extraordinaire», encense le maire de Shawinigan, Michel Angers. «Quatre-vingt-trois pour cent! Quand une municipalité doit contribuer à (seulement) 17 % de projets de plusieurs millions de dollars, c'est toute une tape dans le dos.»
D'un autre côté, les paliers supérieurs placent maintenant la barre haut pour tout programme futur de réfection d'infrastructures. Les maires ne s'attendront plus à moins à l'avenir!
«Dans la dernière décennie, on a vu un désinvestissement du gouvernement fédéral dans les infrastructures», témoigne M. Champagne. «On est en rattrapage et on doit prendre les bouchées doubles. On est très conscient qu'avoir des infrastructures modernes va permettre d'attirer des gens, de créer des emplois, de générer de la croissance non seulement dans les grandes villes, mais aussi dans les régions.»
Fait un peu inhabituel, autant la ministre régionale que le maire de Shawinigan ont tenu à souligner le travail de Frédéric Guay, sous-ministre adjoint aux finances et infrastructures municipales au ministère des Affaires municipales et à l'Occupation du territoire, pour son écoute et ses conseils dans le cheminement des dossiers de la région.
Une longue saga
Parmi tous les projets annoncés vendredi en Mauricie dans le cadre du Fonds pour l'eau potable et le traitement des eaux usées, aucun n'a attiré autant l'attention que celui du secteur Lac-à-la-Tortue. L'ampleur de l'investissement et la patience des résidents se retrouvaient sur toutes les lèvres, y compris celles du maire, Michel Angers.
«Après une quarantaine d'années d'attente, c'est une excellente nouvelle», sourit-il. 
Plusieurs virages brusques ont été observés sur ce dossier au cours des derniers mois.
En avril 2015, la Ville de Shawinigan confirmait sa volonté d'obtenir une aide financière issue du Nouveau fonds Chantiers Canada, qui prévoyait qu'elle devrait défrayer 33 % des coûts. Le projet était alors réduit de 55,1 à 43 millions $, en raison de la décision d'éliminer les secteurs de la Forteresse et du lac Lafontaine de la desserte. Un an plus tard, de nouvelles évaluations faisaient passer l'investissement requis à 40,2 millions $.
Après une assemblée d'information à Espace Shawinigan, une consultation dans le secteur Lac-à-la-Tortue et à Hérouxville, une visite de promoteurs d'une autre technologie accueillis froidement à l'hôtel de ville et une décision du conseil municipal de soumettre le projet au FEPTEU, il ne semble plus se dresser d'embûches à l'horizon. En prime, la patience des citoyens sera récompensée, puisque leur facture sera réduite.
«J'ai pris la chance de changer de programme pour aller vers le FEPTEU», se targue M. Angers. «Ça nous a souri. Pour les citoyens, c'est la moitié moins cher.»
Le député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, rayonnait un peu en retrait. Le déblocage de ce dossier représentait l'un de ses principaux engagements. 
Pour lui, le changement de programme ne risquait pas d'éliminer toute aide financière, mais plutôt de faire augmenter les coûts en raison du délai supplémentaire.
«Mais tout finit bien pour les citoyens», se réjouit-il. 
Le maire ne cache pas qu'au cours des prochains mois, le lac à la Tortue sera transformé en «énorme chantier». Les travaux doivent être complétés le 31 mars 2018. 
Kathy Béliveau, présidente de l'Association pour la protection du lac à la Tortue, convient qu'un important travail de communication devra être effectué au cours des prochains mois pour bien informer les résidents concernés.
«Ça va engendrer plusieurs questions de la part des citoyens et c'est tout à fait normal», commente-t-elle. «Pour le moment, nos inquiétudes portent sur notre capacité à bien livrer l'information et de faire en sorte que tous les citoyens soient au courant des étapes du projet.»