Ce portrait de Maurice Duplessis est affiché au Séminaire Saint-Joseph de Trois-Rivières.

«Maurice me manque»

TROIS-RIVIÈRES — «Maurice me manque.»

Le 7 septembre 1959, Maurice Duplessis décédait des suites de quatre hémorragies cérébrales. Le premier ministre du Québec, âgé de 69 ans, se trouvait à Schefferville à l’invitation du président de la compagnie Iron Ore. Si le Québec perdait subitement son premier ministre, Yves Dufresne voyait s’éteindre un oncle par alliance qui a été très présent dans sa vie et dans celle de son épouse, Berthe Bureau.

La défunte épouse de M. Dufresne est la fille d’Étiennette Duplessis Bureau, la sœur du «Chef». Yves Dufresne se souvient que sa belle-mère s’est rendue à Schefferville, alors que Maurice Duplessis était déjà très affaibli.

«Ils ont fait venir le médecin de la place. Il disait qu’il n’y avait rien à faire. Ça a duré un bout de temps (avant qu’il meure). J’ai reçu un téléphone me disant de me rendre à Québec le lendemain avec mon épouse et l’abbé Turcotte (Joseph Gers), un ami intime de Maurice, pour recevoir le cercueil qui arrive de Schefferville. Ça a été un moment très émotif», se souvient-il.

Étant donné que le père de Berthe Bureau était mort depuis quelques années, Maurice Duplessis a en quelque sorte pris le relais, explique Yves Dufresne.

«Il était comme son père. Il était le témoin de Berthe lors de notre mariage, le 9 juin 1949. On allait partout avec lui, dans les réceptions. Je faisais avec lui le tour des hôpitaux et on allait au Séminaire pour souhaiter les voeux du Nouvel An. Chaque fois qu’il venait à Trois-Rivières, il n’endurait personne à la maison à part la famille proche. Il racontait des histoires, il s’amusait. Et il était généreux avec Berthe. Il recevait des livres et nous envoyait ça à la caisse! J’ai son piano.»

La mort de Maurice Duplessis entraîne l’organisation de cérémonies officielles. Son corps est exposé à l’Assemblée législative. La dépouille du premier ministre est conduite dans sa ville natale où il est exposé en chapelle ardente au palais de justice de Trois-Rivières. C’est par plusieurs dizaines de milliers que les Québécois de toutes les classes de la société défilent devant la dépouille de Maurice Duplessis.

Selon les estimations faites par les médias, quelque 60 000 personnes se sont massées devant la cathédrale de Trois-Rivières, le jour des funérailles, alors que le temple catholique peut en accueillir environ 1500.