De gauche à droite: Josée Montmigny, enseignante, Aglaé Perreault, directrice de l’école L’Oasis et Mario Lyonnais, maire de Sainte-Françoise et préfet de la MRC de Bécancour.

Une serre et des minimaisons

Sainte-Françoise — La petite communauté de Sainte-Françoise, dans la MRC de Bécancour, est mobilisée autour d’un projet de serre qui sera construite sur le terrain adjacent à l’école primaire L’Oasis dès l’automne prochain.

Cette serre, propriété du Service des loisirs de Sainte-Françoise, un organisme autonome sans but lucratif, servira principalement à des fins pédagogiques pour les enfants de la municipalité et de Fortierville qui fréquentent cette école.

Fermée entre décembre et février pour des raisons d’économie d’énergie, la serre sera ouverte tous les autres mois de l’année. C’est pourquoi un comité de bénévoles sera mis sur pied pour l’entretenir durant la période des vacances d’été, explique Josée Montmigny. Bref, le projet se veut communautaire.

La conjointe du maire de Sainte-Françoise et préfet de la MRC de Bécancour, Mario Lyonnais, est enseignante depuis 29 ans dans la petite école du village dans les classes de 5e et 6e années. En collaboration avec la directrice, Aglaé Perreault, pas moins de 65 000 $ en dons et promesses de dons ont été amassés jusqu’à présent. Le projet coûtera 75 000 $. Le rythme de la collecte va assez rondement pour assurer une première pelletée de terre dès septembre.

L’idée de faire une serre a émergé lorsque la municipalité de Sainte-Françoise a offert la somme de 25 000 $ à l’école L’Oasis en provenance de sommes reçues du Fonds de diversification du territoire. Quelques informations plus tard, on s’aperçoit qu’un tel projet coûterait au bas mot 40 000 $, «mais on ne voulait pas passer à côté d’un cadeau de 25 000 $», fait valoir Mme Montmigny. Il fallait donc partir à la chasse à l’aide financière. Fortierville a fait don, pour sa part, de 10 000 $ pour le projet et d’autres organismes ont vite emboîté le pas, vu l’important volet pédagogique associé à cette construction.

L’école a eu notamment un appui de la Commission scolaire de la Riveraine qui se chargera de brancher le propane pour chauffer les serres et d’y installer l’eau courante. «C’est bien beau la construire, mais il faut l’entretenir, la chauffer, l’éclairer. Il fallait avoir un accord», plaide Mme Perreault, très heureuse de la collaboration de la Commission scolaire.

Le voisin de l’école L’Oasis a même accepté de céder une partie de son terrain pour faciliter la réalisation des serres qui feront 25 pieds sur 75 et dont la structure sera en polycarbonate. «Ici, à Sainte-Françoise, les gens sont très ouverts à faire différemment», se réjouit Mme Montmigny. La serre comportera un atelier avec des tables afin de permettre aux enfants de mieux travailler avec les plantes.

Si l’école avait été obligée de construire de l’autre côté, elle n’aurait pas pu profiter de l’ensoleillement sud. «On n’aurait pas pu cultiver les mêmes choses», indique Aglaé Perreault.

De son côté, le maire Lyonnais veut profiter de cette nouveauté pour créer un nouveau développement résidentiel à l’arrière des serres puisque la municipalité y possède de vastes terrains achetés il y a quelques années. «Nous attendons l’autorisation de la Commission de protection du territoire agricole», dit-il.

Ce développement résidentiel sera très tendance puisqu’il sera composé de minimaisons fixes (et non sur roues). «Les petites maisons avec de petits terrains sont très recherchées pour loger de petites familles, des personnes seules ou des personnes retraitées qui ne veulent plus d’une grosse maison», dit-il.

Le maire de Sainte-François ajoute qu’une nouvelle industrie va bientôt créer 40 emplois dans le coeur du village. Ce développement résidentiel arriverait donc à point pour loger aussi les travailleurs.

Les serres produiront évidemment des légumes, peut-être des fruits aussi. Les élèves devront utiliser les matières enseignées pour gérer leurs semis et leurs récoltes, dont les mathématiques et le français. C’est donc un «projet très pédagogique», estime Mme Montmigny. On a beau être en pleine ruralité, à Sainte-Françoise, «les gens ne font plus autant de jardins. De grandes cultures oui, mais des jardins, pas autant qu’avant. Les personnes âgées n’ont plus l’énergie pour en faire, les nouvelles familles sont très occupées. Elles n’y mettent pas le temps», indique Mme Perreault. «On est aussi à l’ère des saines habitudes de vie», explique Aglaé Perreault. Apprendre à produire et à consommer ses propres légumes en fait partie.