Lundi, Yvon Deshaies a déclaré tout juste avant le début de la séance que le conseil ne parlerait pas de la prière.

Thibeault portera plainte

LOUISEVILLE — Michel Thibeault va déposer une plainte auprès du ministère des Affaires municipales concernant l’interdiction imposée lors de la dernière séance du conseil de Louiseville d’aborder la question du retour éventuel de la prière.

Lundi, Yvon Deshaies a déclaré tout juste avant le début de la séance que le conseil ne parlerait pas de ce sujet. Sachant que le retour éventuel d’une prière aux assemblées du conseil peut susciter de vives réactions, le conseil estimait qu’il était plus sage d’attendre d’être de retour à la salle du conseil en juin, elle qui est présentement l’objet de travaux de rénovation.

Cette interdiction a vivement irrité M. Thibeault. Ce citoyen avait annoncé qu’il serait sur place pour poser aux élus des questions à ce sujet. Il a qualifié la décision du conseil d’antidémocratique et désirait que ce dernier s’excuse publiquement d’ici vendredi matin. Sinon, il allait déposer une plaine aux Affaires municipales pour que ce dernier vienne statuer sur la légitimité de ce geste.

Yvon Deshaies a pris connaissance de cette requête mercredi matin. Le maire ne fera pas durer le suspense bien longtemps: il refuse de s’excuser.

«J’ai vu la demande de M. Thibeault. Je l’ai déchirée et il n’y aura pas d’excuse. Qu’il aille aux Affaires municipales et si c’est si épouvantable ce que j’ai fait, ils vont me le dire», déclare M. Deshaies.

Le maire rappelle avoir été poli dans sa déclaration concernant la prière. Il rappelle que la Caisse Desjardins de l’ouest de la Mauricie, où avait lieu la séance de lundi, n’est pas l’endroit pour discuter de ce sujet.

«On le sait que ça va brasser un petit peu. Et en plus, on n’était pas prêt. Je suis en train de monter un projet que je vais remettre aux élus dans 15 jours. Ils vont regarder ça. Ça va aller au 11 juin», raconte-t-il, en faisant allusion à la date de la prochaine séance publique du conseil.

Yvon Deshaies reconnaît avoir stoppé net toute tentative de question concernant ce dossier pour lequel Michel Thibeault s’était déplacé, lui qui ne se gêne pas pour critiquer le maire sur les réseaux sociaux.

«Il passe son temps à me descendre sur Facebook. Mais c’est moi, le boss aux séances du conseil. C’est moi, le maire. Il viendra poser ses questions le 11 juin. La porte va être grande ouverte pour M. Thibeault.»

Michel Thibeault assure qu’il sera présent le 11 juin. Mais il n’est nullement surpris d’apprendre que le maire refuse sa demande d’excuses.

«La position, lundi soir, était assez rigide. Ça aurait été surprenant que la position rigide se transforme en position plus souple. La Ville devra rendre des comptes au ministère des Affaires municipales. J’ai fait des vérifications et je sais que la plainte est recevable. Le ministère évaluera cette plainte et on verra s’il fait des recommandations.»

M. Thibeault agit seul dans cette démarche. Selon lui, l’attitude des élus est inacceptable.

«Ce qui s’est déroulé lundi a une gravité certaine. C’est unique. On n’a pas restreint le droit de parole de quelqu’un qui en abusait. C’est la première fois que je constate un conseil qui empêche un citoyen de poser ne serait-ce qu’une seule question.»