Le maire de Saint-Mathieu-du-Parc, Claude McManus.

Saint-Mathieu n'achètera pas l'église

ll n'a finalement pas fallu une très longue réflexion au conseil de Saint-Mathieu-du-Parc pour décider si la Municipalité acquérait l'église et le presbytère. À la période de questions de la séance publique du 3 février, le maire a mentionné que le projet ne se réaliserait pas à court terme en raison des coûts appréhendés.
Le 2 décembre, en présentant son rapport sur la situation financière, Claude McManus avait avancé la possibilité de recycler l'église et le presbytère pour y aménager certains services municipaux. Un projet qui suscitait beaucoup d'enthousiasme à l'assemblée de la Fabrique de Saint-Mathieu-du-Parc, confrontée comme plusieurs autres au défi de rentabiliser des infrastructures vieillissantes.
Or, les négociations ne sont finalement pas allées tellement loin.
«C'est malheureux, mais nous ne sommes pas capables», commente le maire. «Une analyse avait été faite lorsqu'il avait été question d'intégrer le gymnase de l'école à l'église et seulement pour une mise aux normes, on parlait de près de 500 000 $. On ne peut pas se permettre cela, avec ce qui s'en vient à la caserne et à notre édifice municipal.»
«Il faut faire des choix; on veut aussi développer le quartier de Feuilles en aiguilles», ajoute M. McManus. «Si on peut participer à un projet, peut-être, mais on est incapables de prendre les bâtiments.»
Cette décision attriste évidemment Pierre Guillemette, président de l'assemblée de la Fabrique de Saint-Mathieu-du-Parc. Il s'apprête à quitter cette fonction après un peu plus de quatre ans de service et il aurait bien aimé remettre ce dossier à son successeur, dont l'Évêché de Trois-Rivières n'a pas encore dévoilé l'identité.
«L'assemblée va essayer de continuer avec le peu de ressources qu'elle possède et à un moment donné, des décisions devront être prises», commente M. Guillemette. «On pensait bien que ce serait positif, mais la Municipalité voit ça d'une autre façon.»
Le président sortant croit que des aménagements soient possibles sans engager des sommes astronomiques.
«C'est sûr que si on veut tout changer, ce sont des coûts importants», fait-il remarquer. «Je ne suis pas un expert, mais je pense qu'il y a quelque chose à faire sans tout virer à l'envers.»
«Le conseil municipal a d'autre priorités», constate-t-il. «Je suis déçu, mais on ne peut pas emmener un cheval à l'abreuvoir s'il ne veut pas boire!»