Le député Luc Trudel et le maire de Saint-Mathieu-du-Parc Claude McManus.

Québec confirme une aide de 734 267 $ pour Saint-Mathieu-du-Parc

Si la rivière Shawinigan avait pu parler, elle aurait sans doute témoigné toute sa reconnaissance à l'annonce du député de Saint-Maurice, lundi après-midi à Saint-Mathieu-du-Parc.
Après des dizaines d'années à digérer les eaux usées du secteur de la montagne sans le moindre filtre, le cours d'eau voit le gouvernement du Québec enfin confirmer l'attribution d'une subvention de 734 267 $ pour procéder à la mise en place d'un système d'interception et de traitement des rejets provenant de 46 résidences.
En fait, Luc Trudel ne savait pas trop combien de maires il devait remercier pour leur persévérance dans ce dossier. Car si Claude McManus pourra enfin régler ce problème, André Berthiaume et surtout, Claude Mayrand ont investi beaucoup de temps dans cet interminable feuilleton.
Comment le gouvernement du Québec et plus particulièrement, le ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs a-t-il pu tolérer aussi longtemps le déversement des eaux usées dans la rivière Shawinigan sans le moindre traitement? Le député de Saint-Maurice identifie plusieurs facteurs.
«Il s'agit de sommes assez importantes pour 46 résidences», explique M. Trudel, qui reconnaît avoir travaillé sur ce dossier comme attaché politique de son prédécesseur Claude Pinard dès 1995.
«D'autre part, il y avait tellement de frustrations accumulées en raison de fausses promesses, une incapacité d'asseoir les partenaires ensemble pour trouver une solution. Nous avons sans doute passer six ou sept maires entre le début des discussions et la concrétisation du projet. Ça faisait aussi partie des problèmes!»
Plus récemment, une erreur commise par un soumissionnaire pour la réalisation de ce contrat a retardé son attribution. Le mandat a finalement été confié à Consultants Mario Cossette, au montant de 715 037 $.
Au début du mois, le conseil municipal de Saint-Mathieu-du-Parc a adopté une résolution pour réviser le règlement d'emprunt initial de 652 000 $ et le faire passer à 832 000 $. Le montant des travaux admissibles, soit 772 913 $, ne couvre pas la formation pour l'entretien du système et des frais d'escompte. La subvention annoncée hier dans le cadre du Programme d'infrastructures Québec-Municipalités couvre 95 % du montant admissible.
Plus précisément, les travaux comprennent l'aménagement d'une station d'épuration tout près de la rivière Shawinigan, l'installation de deux fosses septiques et de deux réacteurs biologiques de type Bionest, un système de désinfection par rayons ultraviolets et des équipements connexes. Le projet inclut également l'ajout d'une conduite d'interception, la construction d'un poste de pompage principal, d'un bâtiment de service et l'installation d'une conduite d'émissaire entre la station d'épuration et la conduite d'émissaire actuelle.
M. McManus sait bien que tout dépassement de coûts devrait être assumé par les citoyens du secteur de la montagne, mais il semble confiant de voir les estimations tenir le coup.
Dimanche justement, une rencontre d'information était organisée pour faire le point avec les résidents du secteur de la montagne sur les projets d'infrastructures à venir. En plus du dossier d'assainissement des eaux usées, la Municipalité a acquis, l'an dernier, les terrains et les bâtiments de l'ancienne station de ski afin de mettre la main sur un puits pour sécuriser l'approvisionnement en eau potable.
Pour le moment, M. McManus estime à 18 000 $ par propriété l'investissement requis pour obtenir tous ces services. Le maire observe que le montant n'a pas pris les citoyens par surprise.