Kevin Gélinas, responsable du projet au café le Rond Coin, s'est associé à Solution ERA afin de construire un Earthship ou «vaisseau terrestre» sur ses terrains.

Premier «vaisseau terrestre» au pays des lutins

Elle a sa propre traverse de lutins et son célèbre Fred Pellerin. Saint-Élie-de-Caxton aura aussi très bientôt son propre «vaisseau terrestre.»
Le Rond Coin de Saint-Élie-de-Caxton, cette yourte chaleureuse réputée pour ses sandwiches grillés au fromage, s'est en effet associé à Solution ERA afin de démarrer une toute première académie Earthship au Canada et de construire un Earthship ou «vaisseau terrestre» sur ses terrains. L'édifice fera saliver à coup sûr tous les écologistes du Québec.
Un Earthship est un bâtiment entièrement autonome sur le plan énergétique qui ne génère ni gaz à effet de serre, ni polluants. Il a été inventé par l'architecte américain Michael Reynolds. Au Nouveau-Mexique, où travaille M. Reynolds, les Earthships se chauffent et se climatisent de manière passive, utilisent l'électricité solaire ou éolienne, traitent les eaux usées sur place, récoltent l'eau de pluie, contiennent une serre et sont construits de matériaux naturels et recyclés.
Michael Reynolds est en train d'élaborer des plans pour pouvoir adapter un tel édifice au climat québécois, a confirmé lundi au Nouvelliste Kevin Gélinas, responsable du projet au café le Rond Coin.
Ce serait la première fois que l'architecte dessine des plans pour un climat aussi rigoureux, des plans qui ont coûté une petite fortune au Rond Coin. «Ça va être un projet autour de 45 000 $ ou 50 000 $ pour un édifice de 16 pieds sur 24, pour la partie habitable, sans compter la serre, dit-il, où sera située la douche.»
M. Reynolds sera à Saint-Élie-de-Caxton, en septembre prochain. «On ouvre un cours en septembre 2014. Ce sera la première académie accréditée au Canada avec M. Reynolds qui va venir avec toute son équipe», raconte M. Gélinas.
Le cours compte entre 25 et 30 places. Il sera assorti de formations plus spécialisées, notamment sur des moyens différents de générer de la chaleur, sur l'aquaponie ou le recyclage de l'eau puisque les eaux usées des Earthships sont recyclées jusqu'à ce qu'elles puissent être employées pour arroser les jardins.
Le cours, au coût de 2200 $ (comprenant les repas), durera trois semaines. Il n'a même pas été annoncé encore que de nombreux intéressés se manifestent déjà. «On demande aux gens une lettre de motivation parce qu'on veut avoir un cours sérieux», dit M. Gélinas. «C'est qu'il y a des gens qui sont rêveurs, par rapport à ça, mais il y a une réalité. Il y a des coûts associés à ça.»
D'ailleurs, un cours d'urbanisme sera aussi associé à ce projet pour éclairer les gens sur certaines réalités incontournables municipales.
Le Earthship que construira le Rond Coin contiendra un rocket stove, un hybride entre le poêle à bois et un foyer de masse permettant une combustion largement plus efficace que les nouveaux foyers au bois vendus sur le marché, explique M. Gélinas.
Cette construction sera la partie pratique du cours, dit-il. Le Earthship québécois sera alimenté en électricité avec des panneaux solaires non pas par souci d'économie, mais pour démontrer la faisabilité du projet.
Les Earthships les moins chers que M. Gélinas a pu voir coûtaient quelque 12 000 $ et les plus chers, 3,6 millions $.
Le Rond Coin vient de lancer une campagne de financement sur le site indiegogo.com pour faire venir M. Reynolds.
Finalement, le rêve de M. Gélinas est que les gens puissent construire des maisons confortables et écologiques pour 60 000 $ ou 70 000 $, donc abordables.
Les murs du futur Earthship seront faits d'un mélange d'argile et de paille recouvert de chaux, à l'intérieur duquel seront insérées des bouteilles. Le résultat sera assez spectaculaire et très esthétique, assure-t-il.