Pour Yvon Deshaies, la discussion entourant la prière n’est que partie remise.

Pas de questions sur la prière à Louiseville

LOUISEVILLE — Les citoyens qui souhaitaient questionner le conseil de Louiseville concernant la volonté d’Yvon Deshaies de ramener la prière lors des séances publiques sont repartis bredouilles de la rencontre de lundi, car les élus ont carrément refusé d’aborder ce sujet.

Le maire Deshaies a annoncé les couleurs du conseil juste avant le début de la séance qui s’est déroulée en présence de deux agents de sécurité. C’est à l’unanimité que les élus ont pris cette décision.

«On est à la Caisse populaire (le conseil a tenu sa séance de lundi à cet endroit en raison de travaux de rénovation à la salle du conseil de l’hôtel de ville). On n’est pas chez nous ici. On respecte l’institution qu’est la Caisse populaire. La religion, le conseil n’en parle pas», a affirmé le maire.

Ce dernier assure toutefois que la discussion entourant cet épineux sujet n’est que partie remise.

«On va en parler le 11 (juin, alors que les travaux de rénovation seront exécutés). Croyez-moi, on va en parler!», a lancé fermement le maire.

Si M. Deshaies souligne que le sujet a simplement été reporté par respect pour les lieux, il affirme toujours haut et fort sa volonté de ramener la prière avant chaque séance du conseil municipal de Louiseville. M. Deshaies veut prendre cette avenue afin de protester contre les accommodements accordés pour des motifs religieux.

«Je suis encore pour ça. Je ne suis pas plus catholique qu’un autre. Mais quand on donne des droits à un, il faut qu’on donne les mêmes droits à l’autre.»

Pour expliquer sa position à son conseil, M. Deshaies va déposer d’ici peu un projet encadrant le retour de la prière lors des séances du conseil.

«Les gens auront un mois pour y penser. Le 11, en séance privée, on va décider. À l’unanimité ou à la majorité», a précisé le maire à l’issue d’une rencontre qui s’est déroulée dans le calme.

GESTE ANTIDÉMOCRATIQUE
La présence de deux agents avait été demandée par une majorité d’élus, car ce sujet avait suscité une vague de réactions sur les réseaux sociaux, certaines étant assez dures. Michel Thibeault, un citoyen de Louiseville, avait critiqué cette position du maire et s’était engagé à être de la séance de lundi soir pour connaître l’opinion des élus.

M. Thibeault a respecté l’interdiction d’aborder ce sujet. Il est sorti de la séance avec le sentiment d’avoir assisté à un cirque.

«C’est particulier et inacceptable, ce qui s’est passé ce soir (lundi). Choisir les sujets qui peuvent être abordés lors d’un conseil municipal s’avère une stratégie antidémocratique. La démocratie a été complètement bafouée par le conseil de Louiseville qui n’a pas retiré le droit de parole à quelqu’un qui en a abusé, mais qui a empêché un citoyen de poser des questions librement.»

Sur sa page Facebook, Michel Thibeault ne se gêne pas pour qualifier Yvon Deshaies de gourou «qui se donne le droit de parler sur toutes les tribunes, mais qui bâillonne, appuyé par ses conseillers, un Louisevillois qui veut poser des questions dans un cadre officiel».

M. Thibeault assure qu’il sera de la prochaine séance, le 11 juin.