Muguette Paillé

Muguette Paillé se retire de la course

Sainte-Angèle-de-Prémont — Muguette Paillé, dont la candidature du Parti québécois (PQ) avait été officialisée par le chef Jean-François Lisée la semaine dernière, s’est finalement retirée de la course à l’investiture péquiste dans la circonscription de Maskinongé puisqu’elle aurait tenu des propos controversés sur les médias sociaux.

C’est Mme Paillé elle-même qui en a fait la demande, ce que le parti a accepté en retour, confirme Yannick Grégoire, du PQ. Dans une lettre envoyée mardi à la direction du parti, elle a confirmé qu’elle ne serait finalement pas candidate à l’investiture.

«Je reconnais la maladresse de plusieurs de mes actions sur les réseaux sociaux, que je regrette, écrit-elle dans sa lettre. Si j’ai pu choquer ou offenser mes concitoyens, je m’en excuse sincèrement.»

Mme Paillé a dit ne pas «partager l’interprétation qui est faite de [ses] propos et de [ses] gestes».

«J’ai toujours cru en une nation québécoise forte, fière de ses origines et de son ouverture, tout comme je crois en la défense et la promotion de notre langue commune. Je continuerai, comme citoyenne, à défendre cette fierté.»

On explique que Muguette Paillé aurait eu une «utilisation malencontreuse des réseaux sociaux». Plusieurs informations circulaient indiquant que l’ex-candidate, qui était très active sur Facebook, avait tenu des propos islamophobes, entre autres. 

Sur le blogue xaviercamus.com, l’auteur répertorie des dizaines de commentaires à caractère raciste ou islamophobe de Mme Paillé. Celle-ci aurait aussi intégré les groupes Facebook de certains groupes jugés ultraconservateurs, islamophobes ou xénophobes. 

Elle a aussi aimé un commentaire qui présente l’islam comme une «idéalogie [sic] démoniaque totalitaire». Elle a aussi aimé qu’un internaute propose de «castrer avec une lame de rasoir» les musulmans pour «les empêcher de violer les femmes et les petites filles».

Dans un commentaire sur Facebook, l’ex-candidate qualifie le premier ministre Justin Trudeau de «voleur», «d’antinationaliste» et de «menteur». Elle a aussi visé Philippe Couillard dans une de ses publications en le présentant comme un «cheikh».

Muguette Paillé s’était fait connaître lors du débat des chefs des élections fédérales de 2011. 

Le chef du Parti québécois Jean-François Lisée avait annoncé, lors de l’annonce de sa candidature, qu’elle représentait la «voix de la sagesse populaire». 

L’équipe de M. Lisée a refusé d’émettre tout commentaire. On confirme toutefois qu’aussitôt que le parti a été mis au parfum du comportement de Mme Paillé sur les réseaux sociaux, des vérifications ont été lancées. 

L’attaché de presse de Jean-François Lisée n’a pas voulu dire si ces vérifications avaient été faites avant l’annonce de la candidature de Mme Paillé. 

Lors d’une courte entrevue accordée au Nouvelliste, la principale intéressée a été avare de commentaires. Elle s’est tout de même dite très triste d’avoir dû se désister. Généralement enjouée et dynamique lorsqu’elle s’entretient avec les représentants des médias, son ton laissait transparaître qu’elle était très affectée par ce revirement de situation.

«Je suis triste… Que voulez-vous que je vous dise? J’ai les deux jambes sciées», a-t-elle simplement indiqué avant de préciser qu’elle ne s’était pas entretenue avec le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, pour l’informer de sa décision.

L’investiture de Mme Paillé devait avoir lieu dimanche prochain. 

Par ailleurs, l’association de Maskinongé en faisait la promotion encore mardi avant-midi sur sa page Facebook. 

Avec Le Nouvelliste