Avec un immense soulagement, Isabelle Bournival a été acquittée des deux accusations portées contre elle. Photo: Francois Gervais

Isabelle Bournival acquittée

Shawinigan — Isabelle Bournival, l’ex-directrice générale de la municipalité de Saint-Élie-de-Caxton, a été acquittée des accusations qui avaient été portées contre elle en lien avec les droits de propriété.

Alors que le procès devait commencer lundi matin au palais de justice de Shawinigan et durer quelques jours, la procureure de la Couronne, Me Émilie Goulet, a en effet annoncé au tribunal qu’elle n’avait pas de preuve à offrir dans cette affaire, notamment avec le décès de son principal témoin.

Du même coup, le juge David Bouchard a acquitté Mme Bournival des deux infractions qui lui étaient reprochées soit celle d’avoir frauduleusement utilisé un ordinateur appartenant à la municipalité entre le 1er et le 29 mars 2016 et d’avoir eu en sa possession un rapport de la firme Concordia sur les relations de travail qui avait été commandé par la municipalité.

À sa sortie de la salle d’audiences, Mme Bournival était visiblement soulagée. «Je ne suis pas une voleuse. J’ai fait confiance à la justice depuis le début et voilà qu’elle a été rendue ce matin», a-t-elle raconté, tout en saluant le professionnalisme de son avocat, Me Simon Gélinas.

Toutefois, elle n’est pas prête d’oublier la perquisition qui a été faite à sa résidence le 21 juin 2016. Les conséquences ont en effet été très lourdes, tant sur un plan personnel, familial que financier. «Quant on vit un beau matin une descente de police avec huit voitures qui débarquent chez soi, je peux vous dire qu’on les entend arriver pendant plusieurs autres matins. Je ne comprenais tellement pas pourquoi les policiers venaient ainsi chez moi. Personne ne comprenait. Ils ont saisi plusieurs choses dont des ordinateurs et mon portable mais ils n’ont rien trouvé», a-t-elle ajouté.

Avec un immense soulagement, Isabelle Bournival a été acquittée des deux accusations portées contre elle.

Elle soutient qu’à la suite de cette perquisition, elle a dû envoyer son fils dans une école privée de Trois-Rivières parce qu’il était victime d’intimidation à Saint-Élie-de-Caxton. Elle a aussi vécu beaucoup de stress, au même titre que sa famille et ses proches. «Ma mère est décédée. Ce n’est pas à cause de ça directement mais cela ne l’a pas aidé car elle y pensait à tous les jours», a-t-elle précisé.

Rappelons que les accusations faisaient suite à son départ de la municipalité le 6 mars 2016. Elle avait remis sa démission le 22 février avec un préavis parce qu’elle se disait victime de harcèlement psychologique de la part du maire de l’époque Réjean Audet. Elle avait d’ailleurs porté plusieurs plaintes en ce sens et même envoyé une mise en demeure.

Le procès-verbal de la municipalité en date du 6 septembre 2016 confirme d’ailleurs qu’une résolution a été adoptée à l’issue d’une entente confidentielle intervenue entre les parties. La Municipalité avait alors accepté de verser 23 000 $ à sa directrice générale, dont 15 000 $ pour dommages moraux et 8000 $ pour frais de déplacement.

Or, peu de temps après, une plainte avait été portée à la Sûreté du Québec contre Mme Bournival. C’est cette plainte qui avait donné lieu à la perquisition policière du 21 juin 2016. Toutefois, le ministère public n’a pas été en mesure de recueillir suffisamment de preuves contre l’ex-directrice générale pour tenir un procès, d’où le verdict d’acquittement.

Maintenant que le dossier criminel est clos, Mme Bournival envisage très sérieusement avec ses avocats d’entreprendre des procédures civiles qui pourraient viser l’ancien maire Audet.

«J’ai une maîtrise en administration, je suis une fille qui s’implique et qui aime son travail, j’ai un bon c.v. On ne peut pas briser ainsi la réputation des gens», a-t-elle ajouté.

Depuis son départ de la municipalité, elle est la directrice des ressources humaines et des opérations au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap où elle a 75 employés à sa charge.