De nombreux citoyens de l’avenue Royale à Louiseville, dont Paul Beaulieu, réclament le prolongement de l’égout public dans leur secteur depuis plus de deux ans. Cette photo a été prise en juin 2016, alors que la séance du conseil de Louiseville se tenait à la Caisse Desjardins de l’ouest de la Mauricie en raison de travaux à l’hôtel de ville.

Égouts dans deux secteurs: Louiseville change son fusil d’épaule

Louiseville — Ce qui semblait un projet mort et enterré vient de revivre au nouveau conseil de Louiseville.

Après avoir refusé à maintes reprises au cours des derniers mois de prolonger l’égout public dans le secteur de l’avenue Royale, le conseil change son fusil d’épaule. À condition de recevoir des subventions, la Ville va investir 500 000 $ dans le prolongement de l’égout dans ce secteur et réserve la même somme pour le même genre de projet vers le boulevard Saint-Laurent Est.

La Ville a mené différentes études depuis plus de deux ans concernant la possibilité de prolonger ce service public dans l’avenue Royale. L’ampleur des coûts (environ quatre millions de dollars) faisait reculer la Ville, d’autant plus qu’il y avait absence de subventions.

Lors de la séance du conseil de lundi, le maire Yvon Deshaies a confirmé que la Ville s’engage à solliciter les gouvernements afin de trouver des programmes de subventions.

«Les élections provinciales s’en viennent. Il faut se préparer pour être prêt quand les programmes sortiront», raconte le maire Deshaies.

La décision contraste avec les discussions ayant alimenté certaines séances du conseil au fil des deux dernières années. Un comité de citoyens revenait inlassablement à la charge en demandant au conseil d’avoir une volonté politique et de revoir certaines priorités d’investissements. Des élus défendaient fermement le refus de ce projet, dont Gilles A. Lessard et André Lamy. 

Yvon Deshaies a aussi défendu l’opposition de la Ville. Le maire reconnaît aujourd’hui que la dynamique au conseil a changé à propos de ce projet depuis que quatre nouveaux élus ont fait leur arrivée au début de novembre.

«Ça a jasé. Les quatre nouveaux étaient d’accord, Mme Hogue (Françoise Hogue Plante) et Mme Bergeron (Murielle Bergeron Milette) aussi. Quand ils m’ont apporté ça, je me suis rallié», révèle maire, en ajoutant qu’une taxe de secteur est prévue. Gilles Pagé est au nombre des quatre nouveaux élus. Ce résident du secteur de l’avenue Royale faisait partie des citoyens favorisant le prolongement du réseau d’égout.

Lors de la séance de lundi, M. Pagé a pris soin de souligner qu’une enveloppe de 500 000 $ est réservée pour chaque secteur.

«C’est dans le plan triennal (des immobilisations). Quand la demande (de subventions) sera faite, la balle sera dans le camp des gouvernements.»

Françoise Hogue Plante, elle aussi une résidente du secteur de l’avenue Royale, ne s’est jamais cachée qu’elle favorisait un égout standard. Elle se réjouit du changement d’orientation du conseil.

«Il n’y a pas d’espace suffisant pour des fosses septiques dans plusieurs terrains de l’avenue Royale. Et Saint-Laurent Est est notre artère commerciale. Je suis très contente que ça prenne cette tournure-là. Mais ça prend des subventions.»

Les subventions devront effectivement être au rendez-vous pour financer un prolongement estimé à 4,1 millions de dollars pour Royale et à cinq millions de dollars pour Saint-Laurent Est. Ce changement de cap satisfait Paul Beaulieu, porte-parole du comité de citoyens.

«On salue la position de la Ville. Il y a lieu d’être optimiste.»

Si ces projets de prolongement d’égout deviennent réalité, ils seront les derniers, avertit Yvon Deshaies.

«Il y a déjà plusieurs maisons qui sont conformes dans le boulevard Saint-Laurent Ouest. Ça coûterait trop cher pour aller brancher quelques maisons. Et au Petit-Bois, presque tout le monde est conforme.»