L'ex-conseiller de Saint-Boniface, Côme Garceau.

Coop santé de Saint-Boniface: «On paye pour des gens de l'extérieur»

L'ex-conseiller Côme Garceau aurait bien aimé savoir pendant combien de temps la Municipalité de Saint-Boniface continuerait à éponger le loyer et les frais d'électricité de la coopérative de santé, mais il n'a pas obtenu de réponse claire lundi soir, en assemblée publique.
Rappelons qu'en début d'année, le conseil municipal a adopté une résolution pour supporter financièrement l'organisme pour une période de temps indéterminée. La Coopérative de solidarité santé de Saint-Boniface peine à convaincre ses membres de payer leur cotisation annuelle, ce qui crée une pression sur ses revenus. Les élus apportent cette aide exceptionnelle pour permettre à l'organisme de survivre, le temps qu'un troisième médecin accepte d'y établir sa pratique.
Partisan de la première heure de la coopérative de santé, M. Garceau s'est montré plus critique avec le temps, jugeant que les contribuables étaient beaucoup trop sollicités pour maintenir cet organisme, dont la mission consiste à offrir les meilleurs locaux possibles pour convaincre des médecins de s'établir à la clinique de la rue Langevin.
Rappelons qu'une taxe de 0,01 $ par tranche de 100 $ d'évaluation a été prélevée pendant trois ans pour la coopérative. La Municipalité lui loue son immeuble au tarif très avantageux de 158 $ par mois, en plus d'avoir participé aux travaux de transformation des lieux. En janvier, les élus ont également accepté d'absorber les frais de loyer et d'électricité.
Or, M. Garceau calcule toutes ces mesures et il arrive à une contribution d'au moins 100 000 $, alors que la majorité des quelque 3500 membres de la coopérative ne peuvent toujours pas consulter un médecin. Pire, personne ne peut prédire quand arrivera cette troisième ressource tant attendue, ce qui permettrait de raviver l'espoir des coopérants. En attendant, M. Garceau déplore que le conseil municipal se mette «à genoux» devant les médecins.
«Je ne comprends pas pourquoi vous continuez de supporter ça», a-t-il lancé aux élus, lundi soir.
Le maire, Claude Caron, a répété qu'il s'agissait d'une aide «temporaire». Les membres du conseil municipal discuteront à nouveau de cette question au cours des prochains mois. Pour le moment, impossible de savoir précisément quand ce soutien exceptionnel prendra fin.
M. Garceau déplore également que les contribuables gardent en vie une coopérative qui n'est composée qu'à 40 % de résidents de Saint-Boniface. «On paye pour des gens de l'extérieur!», fait-il remarquer.
L'ex-conseiller, qui s'était peu manifesté aux séances publiques au cours des derniers mois en raison d'ennuis de santé, a spontanément établi un lien entre cette décision du conseil et celle de ne pas vouloir financer à 100 % le coût du prolongement du service d'aqueduc pour les résidents de la rue Lise. Un petit groupe s'est déplacé à la séance du conseil lundi soir pour savoir jusqu'où la Municipalité pouvait aller pour absorber ces coûts, mais le maire ne pouvait que confirmer que ce ne sera certainement pas 100 %.
Les citoyens, visiblement las d'attendre des réponses précises à leurs questions, formeront un comité pour débattre leur point avec l'administration municipale.
«Au moins, ces gens-là restent à Saint-Boniface», illustre M. Garceau. «J'aime autant que le conseil mette de l'argent pour nos citoyens! Arrêtez donc de payer pour le monde de l'extérieur!»