CLD de Maskinongé: des employés contestent aussi la décision de la CRT

Les quatre employés syndiqués du Centre local de développement (CLD) de la MRC de Maskinongé qui désiraient il y a quelques mois une révocation syndicale persistent et signent. À l'instar de la direction du CLD, ces employés contestent le verdict rendu en juillet par la Commission des relations du travail.
Une porte-parole de la CRT confirme que les quatre travailleurs ont déposé une demande de révision le 15 août, soit à la même date que la demande de révision remise par la direction du CLD.
Dans son verdict, la commission déclarait que le CLD avait commis de l'ingérence dans les affaires syndicales en négociant personnellement avec des employés syndiqués durant l'été et l'automne 2013. Un projet de réorganisation entourait ces négociations et prévoyait la création de quatre postes de cadres et l'élimination du même nombre de postes d'employés syndiqués. L'unité syndicale compte actuellement sept membres.
Cette ingérence patronale soulevée par la CRT avait aussi servi d'assise au commissaire Bernard Marceau pour refuser la demande de révocation syndicale déposée par Jean-Frédéric Bourassa, Marjolaine Cloutier, Céline Lambert et Benoît Curé. Mais ces derniers pensent toujours que leur demande est bien légitime.
Si le groupe des quatre refuse de commenter publiquement sa position, il affirme que le processus de révocation syndicale doit passer par la tenue d'un vote secret. Cette idée avait été refusée dans le jugement de la CRT «puisque le résultat du vote est prévisible et qu'il ne fera que confirmer le succès de l'ingérence patronale».
«Diviser pour mieux régner»
Le président du Conseil central du Coeur-du-Québec de la CSN, Paul Lavergne, croit que tout ce dossier prend son origine dans une volonté claire de la direction, soit celle de se débarrasser du syndicat.
«C'est le genre de chose qui arrive dans les endroits où la direction générale se met dans la tête qu'on ne peut pas travailler lorsqu'on ne peut pas tout décider de façon unilatérale. La direction générale veut casser le syndicat en donnant des avantages à certains membres que d'autres n'auront pas. C'est diviser pour mieux régner.»
Paul Lavergne reconnaît le droit à des travailleurs de quitter le giron syndical. Mais dans ce cas-ci, il s'interroge sur les raisons qui les poussent à agir ainsi.
«C'est un discours patronal qui a trouvé racine pour une raison X, Y ou Z. On est en droit de se questionner si le patron a fait des offres personnelles, s'il a promis des choses.»
La cause sera entendue par trois juges administratifs de la Commission des relations du travail. La date demeure à être déterminée.