L'usine Canadel de Louiseville.

Maskinongé: une question de présence

LOUISEVILLE — «C’est sûr qu’on aimerait ça, les petits centres, d’avoir un ministre. Je suis quand même réaliste. Le prochain ministre sera à Trois-Rivières, qui est le gros centre. Même s’il n’est pas ministre, je m’attends du prochain député qu’il travaille fort comme un chacal pour notre région et nos dossiers, et qu’il ne lâche pas».

Le Nouvelliste vous présente une série de textes sur les enjeux des différentes circonscriptions. Aujourd’hui, regard sur Maskinongé

Voilà les attentes du maire de Louiseville, Yvon Deshaies, par rapport au prochain député de Maskinongé, après le 1er octobre. Et il veut surtout que le prochain représentant provincial parle.

«Ce que je trouve dommage de nos partis, si le chef baisse la tête, tout le monde baisse la tête. J’aime ça un politicien qui va dire haut et fort: M. le premier ministre, ça ne marche pas chez nous, je n’aime pas ça, ce n’est pas ça que je veux chez nous. Mais là, c’est: parle-pas petit gars, tu es dans le parti. C’est ce que je déplore, on suit le parti et on s’en va comme des petits moutons», lance-t-il.

Ce qu’il veut également du prochain député, «homme ou femme», c’est qu’il soit près des petites municipalités. «On parle toujours des grandes villes. Nous aussi, on existe, c’est important», poursuit celui qui ne demande que le prolongement du service d’égout sur la rue Royale, le boulevard Est et le boulevard Ouest. «C’est un paquet de trouble depuis quatre ans chez nous. Je n’ai pas une liste énorme parce qu’en politique, ils promettent la lune et je ne crois pas à ça», renchérit le premier magistrat.

Pour Yvon Picotte, qui fut le dernier ministre dans Maskinongé, ce comté a historiquement beaucoup tablé sur la personne qui se présente, «contrairement à d’autres comtés qui suivent la tendance». Selon lui, ce qui importe aux électeurs de cette circonscription, c’est de savoir si la personne qui la représente est une personne présente. D’ailleurs, il explique de cette façon sa survie aux victoires péquistes de 1976 et 1981 alors que pourtant, dit-il, les origines de Maskinongé étaient «beaucoup nationalistes».

«On a démontré à ce moment-là que dans le comté, on votait pour l’homme ou la femme qui se présentait. On votait pour un député présent. J’ai toujours développé la même thèse. Quand tu as un problème et que tu veux qu’il soit réglé, il faut que tu ailles voir quelqu’un qui va t’ouvrir la porte et qui va te recevoir. Ça, c’est important. C’est certain que si tu vas cogner à la porte d’un député, et s’il n’est jamais là, et que tu n’es pas capable de lui parler, ou qu’il n’est pas capable de te donner un rendez-vous, tu vas t’en débarrasser rapidement», assure-t-il.

À son avis, il faut donc voter pour la personne «qui va le mieux nous représenter, qu’elle soit libérale, péquiste, caquiste ou qu’elle soit comme elle voudra». «Tu es sûr que quand tu vas lui confier ton dossier, il va être en mesure de faire des représentations. Maskinongé a gardé cette tradition-là depuis une quarantaine d’années. C’est pour ça que je suis presque persuadé que Marc H. Plante n’est pas en danger dans le comté», ose-t-il avancer.

Pendant ses deux décennies passées sur la patinoire de l’Assemblée nationale, Yvon Picotte aura joué à toutes les positions, ce qui l’amène à nuancer l’importance d’avoir à tout prix un ministre dans Maskinongé. «Ton pouvoir est relatif comme député d’arrière-ban. J’ai brassé la cage dans les caucus de mon parti», se plaît-il à raconter par rapport à ses premières années de vie politique.

Comme député de l’opposition, il aura tout de même réussi à régler «pas mal de dossiers». «J’avais une arme favorite, je pouvais questionner le gouvernement et je pouvais avoir l’écoute de la majorité des journalistes quand j’arrivais avec un dossier qui était solide et bien articulé. On me donnait cette attention-là», se rappelle-t-il.

Après s’être fait une renommée dans l’opposition, Yvon Picotte aura ensuite accédé au cabinet ministériel de 1985 à 1994. «Quand tu as la chance de servir comme ministre, là, tu as du pouvoir de décision qui peut évidemment faire beaucoup pour ton comté. Ça ne s’apprend pas la première journée. Un député, il faut qu’il soit là assez longtemps pour être capable de faire ses preuves. Tu peux changer tous les quatre ans, mais il va commencer à faire un bon discours à l’Assemblée nationale au bout de trois ans», fait-il remarquer.

Déjà, à son époque, l’économie et l’emploi étaient bien importants dans Maskinongé. Et il se réjouit qu’aujourd’hui, l’industrie du meuble et du textile se soit «beaucoup raffiné» avec les Canadel et Chemise Empire de ce monde.

«Des grosses entreprises ont commencé à venir. On s’est diversifié et il faut continuer à développer l’économie du tourisme. On a encore des beaux joyaux dans le coin à développer», croit cet ancien ministre du Tourisme.

Selon lui, il faut continuer de débattre d’économie. «Quand la population travaille et qu’on est capable de se donner des services, ça, c’est important pour que les gens demeurent dans leur coin. On les a développés les services depuis un certain temps, comme au Centre hospitalier Comtois. Il ne faut pas oublier de fournir les services nécessaires, et un coup qu’on aura ça, il faut se choisir un gars ou une fille de la place, qui a de l’appartenance à son milieu», conclut le célèbre citoyen de Louiseville.