Ce détaillant de Louiseville vend le litre d’essence à 1,26 $.

Maskinongé résiste à la flambée des prix

Maskinongé — Le secteur de Maskinongé résiste aux dernières flambées du prix de l’essence. Malgré une hausse récente qui fixe le prix moyen à 1,35 $ à Trois-Rivières et dans d’autres secteurs de la Mauricie, le litre d’essence dans plusieurs municipalités de la circonscription de Maskinongé se vend 1,26 $, résultat d’un haut niveau de compétition qui permet au secteur de constamment afficher les meilleurs prix depuis des années.

Que ce soit dans des stations d’essence de Maskinongé, de Louiseville, de Yamachiche, de Charette et de Saint-Élie-de-Caxton, les usagers de la route trouvent de l’essence à ce prix, une différence de quelque 6,7 % par rapport au prix général noté dans la capitale régionale. Ce prix est également inférieur à celui affiché à la station d’essence du magasin Costco de Trois-Rivières, où on vend un litre d’essence à 1,30 $, et à celui du Centre-du-Québec (1,31 $). Il est aussi nettement meilleur qu’à Montréal où le prix moyen est de 1,44 $.

Jean-François Quintal est directeur général de la Halte 174 à Yamachiche. Cette halte routière hautement fréquentée a récemment changé de bannière et ce changement est avantageux.

«Avant, on achetait l’essence et on la revendait. Mais ici, avec un grand stationnement à entretenir, l’entretien des toilettes, on a plus de frais fixes. À la base, il fallait vendre plus cher, car on payait l’essence plus cher. Maintenant, on est rendu avec Irving et on est en consignation. On a une commission fixe sur le prix de l’essence, car le produit ne nous appartient plus. Et il faut être compétitif. On suit la compétition et je peux dire que, dans les derniers mois, on a bloqué bien des hausses d’essence.»

Le marché René Samson se trouve en plein cœur du village de Saint-Élie. Le commerce exploite également une station Esso et vend son essence à 1,26 $, le même prix que la Halte 174.

«Ça marche par secteurs, remarque René Samson, le propriétaire du commerce. Dans notre secteur, l’essence se vend à ce prix et c’est souvent moins cher ici. C’est la manière dont le contrat est arrangé. On suit la compétition. On s’accote sur la concurrence et c’est le volume qui fait que c’est payant.»

Le prix de l’essence à Trois-Rivières tourne autour de 1,35 $ le litre.

Le CAA-Québec croit également que cette réalité particulière à la circonscription de Maskinongé relève d’une dynamique du marché.

«Il y a plein de raisons qui poussent des stations-service à mettre un prix plus bas, raconte Annie Gauthier, porte-parole de CAA-Québec. Des fois, c’est la proximité des stations-service. En garantissant les prix les plus bas, ça influence les autres stations qui ne veulent pas perdre leurs clients. Il y a des entreprises dont les frais sont peut-être moins importants. Avec d’autres services, elles sont capables de vendre l’essence moins cher.»

Mme Gauthier reconnaît volontiers que la différence de neuf cents entre le secteur de Maskinongé et Trois-Rivières est très grande, surtout que selon le CAA-Québec, le prix réaliste d’un litre d’essence en Mauricie est de 1,35 $.

«C’est une bonne affaire, lance la porte-parole. Les gens qui vivent là ont de quoi se réjouir, malgré le fait que 1,26 $, ça demeure beaucoup de sous. Il faut en profiter.»

D’autres hausses à prévoir
La recommandation de Mme Gauthier repose sur des observations laissant croire que le prix de l’essence n’a pas fini de grimper. Un litre d’essence à près de 1,50 $ n’est pas impossible.

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a décidé de réduire la production pour donner de la valeur au produit. Avec la demande qui ne cesse de grandir, le jeu de l’offre et de la demande fait le reste. En 2017, le parc automobile québécois était composé de 6 552 000 véhicules, dont 4 758 000 véhicules de promenade. Toujours selon des données compilées par la Société d’assurance automobile du Québec, le parc automobile regroupait 6 082 000 véhicules en 2012. Les véhicules de promenade étaient au nombre de 4 429 000.

«Comparativement aux années 1980 et 1990, la capacité de raffinage s’est amenuisée de 50 % en Amérique du Nord. Les raffineries sont donc à pleine capacité. Et comme on est au printemps, c’est la période d’entretien des lignes de production des raffineries, donc il y a moins de produits disponibles. Et au Québec, on est la province la plus taxée du Canada. Avec le prix actuel du litre, on paie entre 40 et 50 cents le litre uniquement en taxes: taxe du transport en commun, taxe sur le carburant, taxe d’accise, TPS, TVQ. C’est énorme. Aux États-Unis, ils paient environ 10 cents de taxes par litre», énumère Mme Gauthier.

Le prix affiché dans Maskinongé est avantageux, mais encore bien loin de ce qu’on peut retrouver dans des stations d’États américains voisins des frontières canadiennes. Au Vermont, il est possible d’avoir un gallon d’essence à 2,69 $, soit 71 cents le litre. En tenant compte du taux de change, cela représente 91 cents en argent canadien.