Après avoir remonté la 8e Rue, les camionneurs tournent sur la 3e Avenue où ils croisent une école primaire et des terrains de jeux. L’école secondaire du Rocher se trouve aussi à proximité. Les citoyens craignent un accident impliquant un enfant.

Maskimo ouverte aux solutions

SHAWINIGAN — L’immense chantier de conception d’un réseau d’égout autour du lac à la Tortue a contribué à augmenter l’activité à la carrière Maskimo du secteur Grand-Mère en 2018, reconnaît Jacques Bertrand, vice-président exécutif pour cette entreprise. Au-delà de ce constat, le porte-parole assure être disposé à échanger avec la Ville de Shawinigan et les citoyens de la 8e Rue pour trouver une solution aux irritants soulevés.

M. Bertrand a appris avec un certain étonnement les doléances des résidents.

«Toutes les communications passent par moi», fait-il remarquer. «J’ai pris la peine de vérifier auprès du répartiteur de camions, j’ai parlé avec le responsable de la carrière, avec la personne à la pesée, avec notre réceptionniste et personne n’a entendu parler de quoi que ce soit. C’est un peu bizarre qu’on l’apprenne comme ça.»

À première vue, M. Bertrand croit que le contrat au lac à la Tortue explique les inconvénients vécus cette année. Ce chantier achève, rappelle-t-il. Mais il reconnaît une hausse de volume par rapport à 2017.

«Nous sommes conscients que ça a dû provoquer beaucoup plus de circulation», convient M. Bertrand. «Notre client vient chercher la pierre et il part avec ses camions. Il décide quel genre de véhicule il utilise. Nous ne contrôlons pas les types de camions qui viennent chez nous, mais ce que nous savons, c’est qu’ils ont la consigne et selon ce que j’ai compris, ils la respectent. On utilise le chemin qui nous a été imposé.»

Chemin des Bois-Francs?

Plutôt que d’aménager une voie de contournement à grands frais, les résidents de la 8e Rue suggèrent que les camions qui doivent se rendre à la carrière de Maskimo empruntent plutôt le chemin des Bois-Francs.

Il s’agit d’une route moins densément habitée, mais avec tout de même quelques maisons. Les camions devraient emprunter l’avenue de la Mission pour atteindre l’autoroute et à ce point, les montées et les descentes ne perturberaient personne puisqu’on n’y retrouve aucune habitation, sauf une directement à l’intersection du chemin des Bois-Francs. Sur la 8e Rue, les véhicules lourds affrontent la côte en plein quartier résidentiel.

Les citoyens font remarquer que sur le chemin des Bois-Francs, il existe moins de dénivellation de sorte qu’à basse vitesse, les camions incommoderaient moins les résidents de ce secteur. Si cette solution était retenue, les véhicules lourds éviteraient aussi l’étroit viaduc situé tout près de Maskimo, sur le chemin du Grand-Nord.

«On ne veut pas que l’entreprise ferme, mais il faut trouver une solution», résume Diane Rivière, qui a entrepris, en septembre, le projet de relancer ce débat en faisait circuler la pétition qui a été déposée au conseil municipal, mardi soir dernier.

«Nous voulions alerter les élus à l’automne pour qu’ils puissent appliquer une solution dès le printemps prochain», espère Lyne Savard.

Le porte-parole de Maskimo ne voit aucun inconvénient à étudier ce tracé.

«Nous sommes ouverts», assure M. Bertrand. «Ça fait 60 ans qu’on existe, c’est une entreprise familiale. On collabore tout le temps avec les élus quand il y a un problème. On s’assoit avec eux et on trouve des solutions. Ce sera pareil dans ce dossier, c’est sûr. Encore faut-il qu’on vienne nous voir et qu’on nous parle... On doit demeurer compétitifs, mais on veut être un bon citoyen corporatif.»

Lucie DeBons, conseillère du district du Rocher, croit que l’alternative du chemin des Bois-Francs mérite réflexion, mais il demeure un peu tôt pour se prononcer.

«C’est sûr qu’il y a un peu moins de résidences», convient-elle. «On va essayer de trouver une solution, mais peut-être que ça va crier sur le chemin des Bois-Francs si on demande aux camions de passer là. Il ne faut pas transférer le problème ailleurs.»

Le chemin des Bois-Francs est situé sur la limite du district des Hêtres, représenté par Jean-Yves Tremblay.

«Je ne dis pas que ce ne serait pas faisable», commente-t-il. «Le problème, c’est que le chemin des Bois-Francs n’est pas conçu pour recevoir des camions. Ce n’est pas une zone de transit. On va faire des vérifications pour voir si on peut faire mieux, mais il faut bien que ces camions passent quelque part.»

À la dernière séance du conseil, le maire, Michel Angers, a assuré que l’administration municipale fera rapidement un suivi. «Ça ne tardera pas», promet-il.