L’ancienne candidate à la mairie de Bécancour, Martine Pepin.

Martine Pepin se plaint au DGEQ

BÉCANCOUR — «Neuf mois plus tard, quand verra-t-on l’accouchement de notre argent?». Voilà la question que pose ouvertement la candidate à la mairie de Bécancour lors du scrutin de novembre 2017, Martine Pepin, alors qu’elle attend toujours le remboursement de ses dépenses électorales de l’ordre de 6700 dollars. Et son impatience l’a même poussée à déposer une plainte officielle auprès du Directeur général des élections du Québec (DGEQ).

Dans une lettre datant du 10 août 2018, elle fait état de son désarroi en parlant d’un délai exagéré. «La seule information que je possède est que mon dossier est à l’étude pour certaines anomalies, mais il serait possible de verser un montant significatif pour éviter des frais d’intérêts inutiles», écrit celle qui dit connaître d’autres personnes qui sont dans la même situation. C’est le cas, entre autres, du candidat à la mairie de Trois-Rivières, Jean-François Aubin, qui a fait part de ses doléances sur les ondes du Téléjournal Mauricie, à Radio-Canada.

Et l’ancien adversaire de Martine Pepin, soit le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, est aussi en attente d’un remboursement de 2438 dollars. «Normalement, ça se fait dans le mois suivant l’élection ou les deux mois qui suivent. Ils font des vérifications partout cette année. Les intérêts nous obligent à aller chercher de nouvelles cotisations», raconte le premier magistrat.

Du côté du DGEQ, on indique que les remboursements de dépenses électorales suivent «leur cours normal». «On ne commente pas de cas particuliers. Mais il y a des délais additionnels par rapport à ce que les candidats étaient habitués auparavant, parce qu’on doit appliquer de nouvelles règles en matière de financement politique municipal. On est à terminer les dossiers. D’ici la fin de l’automne 2018, ça devrait être réglé», explique la porte-parole d’Élections Québec, Ahissia Ahua. «Il y a un volume important de dossiers qui demandent des remboursements et des équipes de vérificateurs traitent l’ensemble des dossiers», renchérit-elle.

Or, pour Martine Pepin, «cette interminable attente est un facteur déterminant qui affecte, sans aucun doute, l’intérêt à participer de nouveau à une campagne électorale».

«De plus, l’engagement envers l’institution financière est un autre irritant car on se doit, entre autres, de surveiller mensuellement l’état de notre compte bancaire pour éviter un découvert et ainsi affecter ma cote de crédit et celle de mon agente officielle», poursuit celle qui demande un règlement d’ici le 10 septembre prochain ou souhaite recevoir, au moins, la moitié des frais engagés.

La femme d’affaires se souvient encore de cette publicité qui incitait les citoyens à soumettre leur candidature aux élections municipales. «Ils ont suscité de façon phénoménale l’intérêt de gens comme moi à se présenter. Mission accomplie, car ils sont débordés et ils ne sont pas en mesure de nous rembourser nos dépenses électorales», déplore-t-elle.

À son avis, le DGEQ devrait embaucher pour suffire à la demande. «On paie combien toutes ces personnes qui vérifient, examinent, étudient, analysent, cherchent, inspectent, trouvent? Utilisez tous les synonymes que vous voulez, mais c’est inacceptable», affirme celle qui est impliquée dans la campagne provinciale de la candidate libérale dans Nicolet-Bécancour, Marie-Claude Durand, à titre de directrice des communications.

Du même souffle, cette dernière ne cache pas que l’une de ses pancartes «n’était pas bien écrite». «Mais qu’on me donne un peu d’argent. Ce n’est pas tout le monde qui a les moyens d’étendre ça. Je veux passer à une autre étape dans la vie. On a sauté un mois pour payer les intérêts et je me suis fait appeler par une compagnie de recouvrement. Il faut que j’aille chercher des dons alors que mon élection est finie. Je suis désabusée par le système», conclut celle qui invite les autres candidats aux prises avec le même problème à imiter son geste et réclamer leur dû auprès du DGEQ.