La chef du Bloc québécois et députée indépendante à l’Assemblée nationale, Martine Ouellet, a rencontré, lundi, des travailleurs en lock-out de l’ABI.

Martine Ouellet appuie les travailleurs de l'ABI

Bécancour — Après avoir vu leurs confrères d’autres usines de la province ainsi que d’ailleurs dans le monde leur offrir appui et soutien financier, les syndiqués en lock-out de l’Aluminerie de Bécancour ont reçu la visite, lundi après-midi, de la députée indépendante à l’Assemblée nationale et chef du Bloc québécois, Martine Ouellet. Cette dernière est le premier élu, autant fédéral que provincial, à se rendre sur les lignes de piquetage depuis le début du conflit. Ce passage a d’ailleurs fait réagir les députés Jean-Denis Girard et Donald Martel.

Mme Ouellet a profité de l’occasion pour assurer à la centaine de travailleurs qui étaient présents qu’elle était derrière eux et qu’elle ne comprenait pas pourquoi la partie patronale avait décidé de décréter un lock-out alors que le syndicat était toujours prêt à négocier.

La politicienne a mis cette sortie publique à son agenda à la suite d’une rencontre fortuite le week-end dernier avec le président du syndicat, Clément Masse, lors d’une manifestation relativement à l’ALÉNA.

«Je ne le comprends pas ce lock-out là! C’est démesuré par rapport aux problèmes qu’il y avait. Je trouve que ça ressemble à une tactique déloyale de la part d’ABI. C’est toute une région que l’entreprise prend en otage. Je suis là pour vous appuyer et vous aider. Quand nous sommes des élus et qu’il y a des choses qui touchent des citoyens, c’est important d’être là avec eux», déclare-t-elle avant de rappeler que l’ABI constitue le plus important employeur privé de la région.

Très heureux de recevoir un tel appui, Clément Masse indique qu’il aimerait bien recevoir d’autres députés afin de savoir ce qu’ils pensent du présent conflit. Par ailleurs, il a souligné qu’aucun des députés de la région n’est venu à la rencontre de ses membres jusqu’à maintenant.

Le député caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, envisage d’imiter sa consœur de l’Assemblée nationale prochainement. Il mentionne par ailleurs qu’il discute fréquemment de ce conflit depuis quelques jours, et ce, avec différents intervenants.

«Je ne veux pas faire qu’une parade. Je souhaite avoir quelque chose de constructif à dire quand je vais y aller. Je veux intervenir plus directement», mentionne-t-il.

Pour sa part, le député libéral de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard, a lui-même contacté Le Nouvelliste après avoir pris connaissance de la nouvelle concernant la visite de Mme Ouellet. Il tenait à rappeler que cette dernière occupait le poste de ministre des Ressources naturelles lorsque le gouvernement péquiste, dirigé à l’époque par Pauline Marois, a pris la décision de fermer la centrale nucléaire Gentilly-2 en 2012. M. Girard était à ce moment président de la Chambre de commerce et d’industrie du Cœur-du-Québec. Il s’explique mal comment la députée péquiste pouvait être d’accord avec cette décision historique et prendre position en faveur des travailleurs dans le présent lock-out à l’ABI.

«Ce sont deux cas assez similaires [en ce qui concerne les impacts sur l’économie régionale]. Je trouve ça curieux que quelqu’un soit d’un côté de la clôture pour un dossier et de l’autre pour un autre», indique le député. De plus, il n’a pas l’intention de se rendre sur les lignes de piquetage étant donné qu’il s’agit d’un confit de travail privé.