Martin Gélinas, ancien vice-recteur à l’UQTR.
Martin Gélinas, ancien vice-recteur à l’UQTR.

Martin Gélinas débouté dans une plainte contre le recteur de l'UQTR

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES— Il semble que l’ancien vice-recteur de l’UQTR, Martin Gélinas, dont le congédiement et ses suites avaient été largement médiatisés entre 2014 et 2017, n’en ait pas fini avec l’UQTR. Son dossier connaît en effet un tout nouveau rebondissement devant les tribunaux.

Le Nouvelliste a appris qu’en 2019, M. Gélinas a en effet déposé une plainte disciplinaire contre le recteur de l’UQTR, Daniel McMahon, qui est en fonction depuis le 8 février 2016, devant l’Ordre des comptables professionnels agréés.

Essentiellement, M. Gélinas reproche au recteur d’avoir refusé de donner suite à des demandes de suivi et d’enquête qu’il lui avait faites au sujet de son dossier de congédiement.

On se rappellera que M. Gélinas maintient avoir découvert des gestes répréhensibles commis par certains cadres à l’UQTR une fois son lien d’emploi terminé et après l’entrée en fonction du nouveau recteur.

Dans un jugement rendu le 24 septembre dernier, le Conseil de discipline de l’Ordre a toutefois complètement rejeté la requête de M. Gélinas, jugeant celle-ci d’«abusive, frivole ou manifestement mal fondée». Le conseil des juges a également condamné M. Gélinas à payer les déboursés prévus à l’article 151 du Code des professions même si «le plaignant a fait part au Conseil de sa situation financière» qui «peut être qualifiée de précaire et difficile». Comme l’explique le jugement, en effet, «une plainte disciplinaire contre un professionnel est une procédure lourde de conséquences, et ce, tant sur le plan personnel que professionnel».

La plainte a été portée contre le recteur de l’UQTR, Daniel McMahon.

On se rappellera que les procédures juridiques intentées par M. Gélinas contre l’UQTR, à la suite de son congédiement, ont été très longues et très coûteuses pour lui.

«Les faits contenus dans la plainte privée du plaignant privé (Martin Gélinas) ne mettent pas en lumière un manquement spécifique de l’intimé (Daniel McMahon) en lien avec ses obligations déontologiques», indique le jugement.

Il semble que M. Gélinas ait en fait très mal choisi son tribunal pour s’en prendre au recteur McMahon. D’ailleurs, la cause a été portée en appel au Tribunal des professions, indique M. Gélinas qui est représenté par Me Jean-François Bertrand.

Le genre d’accusations qu’il a évoquées dans sa plainte ne sont pas du tout du ressort, semble-t-il, du Conseil de discipline de l’Ordre des comptables professionnels agréés. «Le plaignant privé demande à un conseil de discipline d’exercer une compétence qu’il ne possède pas», explique le jugement.

Le conseil des juges signale que M. Gélinas, dans sa requête, «a mentionné à plusieurs reprises qu’une enquête criminelle est en cours au sujet d’agissements de divers représentants de l’UQTR. Il témoigne être bien au fait de cette enquête et en assurer un suivi. Le Conseil convient qu’il est envisageable que cette enquête puisse faire la lumière sur certaines de ses allégations», peut-on lire dans le jugement.

L’ancien vice-recteur Martin Gélinas n’en a pas fini avec l’UQTR.

Joint par Le Nouvelliste, M. Gélinas a déclaré que «comme l’explique le jugement, des procédures très sérieuses sont en cours actuellement pour faire la lumière sur les irrégularités vécues. Par respect pour ces procédures, je ne peux pas à ce stade faire de commentaires publics.»

Les allégations présentées par M. Gélinas au Conseil de discipline sont, dans l’ensemble, les mêmes que celles qu’il avait présentées lorsqu’il avait porté plainte devant le Tribunal administratif du travail pour congédiement abusif et harcèlement psychologique. Rappelons qu’il avait perdu sur toute la ligne devant cette instance, en février 2017.