Marie-Louise Tardif, députée du comté de Laviolette - Saint-Maurice.

Marie-Louise Tardif et le CNVR: «Une arme politique peu élégante»

SHAWINIGAN — La députée de Laviolette - Saint-Maurice vit parfaitement bien avec la volonté de son parti de réaliser son projet de rapport d’impôt unique géré par le gouvernement du Québec. Selon elle, cette décision aurait peu d’impact au Centre national de vérification et de recouvrement de Shawinigan, puisque depuis près de deux ans, ces employés ne traitent plus les déclarations de revenus.

«Je ne comprends pas pourquoi le syndicat dit cela», commente Marie-Louise Tardif. «Depuis que c’est devenu un centre de vérification et de recouvrement, les tâches sont tout autres. Les employés travaillent beaucoup pour les autres provinces.»

Le président du Syndicat des employés de l’impôt croit que Revenu Canada n’aurait guère d’intérêt à maintenir des effectifs à Shawinigan si le gouvernement du Québec rapatriait ce pouvoir. Le travail effectué à Shawinigan peut être réalisé à partir de n’importe où au Canada, fait-il remarquer.

«Ce serait une arme politique peu élégante à utiliser», fait remarquer la députée. «Le traitement des données qui se fait à Shawinigan est essentiel. Nous sommes chanceux que le centre fiscal ait été transformé en Centre national de vérification et de recouvrement.»

«Quand certains politiciens partent sur une tangente en prédisant le pire, que ce serait catastrophique et que tout le monde perdrait son emploi, je comprends l’inquiétude des gens», ajoute-t-elle. «Mais le point apporté par le premier ministre, c’est qu’actuellement, il existe un dédoublement en faisant un rapport d’impôt aux deux paliers. Pour une fois, tous les partis à l’Assemblée nationale sont d’accord: il faut avoir un seul rapport d’impôt. Il faut être réaliste, mais il ne faut pas apeurer les gens.»

La députée concède que les employés du centre fiscal de Jonquière se retrouveraient sans doute sur la ligne de feu. Le premier ministre François Legault a reconnu, cette semaine, qu’il y aurait des pertes d’emplois si la volonté de Québec était exaucée. Il croit que ces personnes pourraient être recyclées dans d’autres domaines qui vivent des pénuries de main-d’œuvre.

«C’est sûr que pour ceux qui traitent encore des déclarations de revenus (au fédéral), il y aurait un impact plus probable sur l’emploi», mentionne Mme Tardif. «Mais à Shawinigan, ce n’est plus le travail que ces employés font et ce travail sera encore nécessaire! Le gouvernement fédéral prévoirait des coûts pour aller ailleurs alors que nous avons des gens compétents et que des investissements dans l’immeuble ont déjà été annoncés? Je verrais mal que le gouvernement fédéral se retire de la Mauricie. On va se battre pour garder le service de vérification et de recouvrement. Ce sont des postes essentiels, occupés par des gens compétents. On ne remet pas ça en question.»