Marie-Élaine Naud a été condamnée, au palais de justice de Trois-Rivières, à une peine de deux ans de pénitencier en lien avec des fraudes perpétrées contre des résidences pour personnes âgées.

Marie-Élaine Naud condamnée à deux ans de prison

Trois-Rivières — Marie-Élaine Naud, 44 ans, a été condamnée à une peine de deux ans de pénitencier en lien avec des fraudes perpétrées contre des résidences pour personnes âgées.

Entre octobre 2016 et janvier 2017, cette ancienne préposée aux bénéficiaires a en effet réussi à se faire embaucher comme infirmière dans deux résidences, et ce, même si elle n’a aucun diplôme et si elle n’est pas membre de l’Ordre des infirmières. Pour ce faire, elle a fourni des fausses identités et des faux numéros de l’Ordre. Son passage à la première résidence n’aura duré qu’une journée. La disparition de timbres de fentanyl a soulevé des doutes auprès de la direction. Les vérifications auprès de l’Ordre des infirmières ont alors permis de constater qu’elle n’était pas membre, ce qui a entraîné son congédiement automatique.

À la seconde résidence, elle est demeurée en poste trois jours. Elle a même accompli des actes réservés à la profession d’infirmière auprès de la clientèle. Encore là, le personnel a tôt fait de découvrir le pot aux roses.

Dans les deux cas, Marie-Élaine Naud n’a pas été rémunérée. Il n’en demeure pas moins que des accusations ont été portées contre elle compte tenu des gestes frauduleux qu’elle a posés. Lors de son retour devant le tribunal mardi, elle a d’ailleurs plaidé coupable aux accusations portées contre elle pour fraudes, possession de renseignements sur une autre personne dans le but de commettre une fraude et possession d’un document contrefait (la capture d’écran du résultat d’une recherche au tableau de l’Ordre des infirmières.) Elle a aussi admis sa culpabilité sur le fait d’avoir floué le propriétaire de son loyer pour une somme de 940 $ au début de l’année 2017 avec des faux chèques.

Dans leurs discussions, la procureure de la Couronne, Me Julie Forget, et l’avocat de la défense, Me Jean-François Lauzon, ont tenu compte de toutes les particularités de ce dossier. Et l’une d’elles porte sur les antécédents judiciaires de cette fraudeuse. En 2014, elle avait écopé de peines de prison totalisant 32 mois, moins la détention provisoire, pour sa participation à un complot visant à poignarder un homme et pour divers vols et fraudes. Plus précisément, elle avait été condamnée à 20 mois de prison pour avoir conseillé Roxanne Lafleur et Lucien Normand de commettre des voies de fait graves contre un homme en 2013. Le complot avait cependant été déjoué et les trois personnes arrêtées.

Elle devait aussi purger 12 mois supplémentaires pour plusieurs vols. Elle a aussi sévi à Québec alors qu’elle y était préposée aux bénéficiaires en abusant de la vulnérabilité des personnes âgées dont elle s’occupait pour leur voler de l’argent. Elle se serait même fait passer pour un médecin.

Il s’agit évidemment de facteurs aggravants, d’autant plus qu’elle a récidivé auprès de cette même clientèle vulnérable après un passage derrière les barreaux. Elle a aussi mis en danger les résidants en accomplissant des actes réservés à la profession d’infirmière.

C’est pourquoi les avocats ont suggéré à la juge Guylaine Tremblay de lui imposer 24 mois de prison et une probation de deux ans, ce qui a été entériné. Marie-Élaine Naud devra aussi se soumettre à un suivi pendant un an. Il lui sera par ailleurs interdit d’occuper un emploi qui la placerait en situation de confiance avec des personnes âgées.

De toute façon, son avocat a pris soin de souligner qu’elle avait changé de domaine après avoir réglé ses comptes au niveau pénal avec les ordres professionnels.