La conseillère du district des Forges, Mariannick Mercure, ne sera pas sur les rangs à l’élection municipale de 2021.
La conseillère du district des Forges, Mariannick Mercure, ne sera pas sur les rangs à l’élection municipale de 2021.

Mariannick Mercure ne compte pas solliciter un second mandat lors des élections municipales de 2021 à Trois-Rivières

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — C’était un peu un secret de polichinelle à l’intérieur de l’hôtel de ville, c’est maintenant officiel: la conseillère municipale du district des Forges, Mariannick Mercure, ne compte pas solliciter un second mandat lors des élections municipales de 2021. Celle qui indique avoir toujours eu l’intention de ne faire qu’un seul mandat à l’hôtel de ville martèle ne pas être en réaction aux critiques dirigées par certains citoyens à son égard, mais plutôt agir en ligne droite avec ses convictions.

En entrevue au Nouvelliste, Mariannick Mercure rappelle que dès le moment où elle avait commencé son porte-à-porte en vue de l’élection municipale de 2017, elle laissait entendre aux citoyens qu’elle ne comptait solliciter qu’un seul mandat. Selon elle, c’était justement le seul moyen de s’assurer qu’elle travaillait ses dossiers pour le bien commun plutôt que dans l’intérêt de se voir octroyer un autre mandat, et ainsi tenter de plaire au plus grand nombre possible en prônant le statu quo.

«Ça a toujours été clair pour moi que je ne ferais qu’un seul mandat. Évidemment, quand je suis arrivée en poste, j’ai eu un petit doute parce que la politique, c’est grisant. Et j’adore le travail que je fais, j’ai le sentiment que je n’ai jamais été autant sur mon X de ma vie. Mais je veux être fidèle à mes convictions, et à mon avis c’est justement en espérant obtenir un autre mandat que je n’aurai plus les coudées franches pour faire avancer les dossiers importants», souligne-t-elle.

Mariannick Mercure est consciente qu’elle est une élue polarisante, qu’elle ne laisse personne indifférent. Sur les réseaux sociaux, elle reçoit autant les fleurs que le pot, et ce, à chacune de ses interventions sur la place publique. Est-ce que les commentaires et les attaques de ses opposants auront pesé dans sa décision? «Zéro! Je sais qu’il y a un paquet de monde qui vont se donner le crédit de ce que j’annonce aujourd’hui, mais je m’en moque. Je me suis fait une carapace, ce qu’ils disent n’a pas d’importance pour moi. Ces attaques-là me sont faites justement parce que je n’ai jamais été en mode électoraliste, sachant que je ne me représenterais pas», considère-t-elle.

Son programme électoral, rappelle-t-elle, comportait trois points majeurs: la démocratie transparente, la sécurité routière et l’environnement. Il reste un peu moins de deux ans à ce mandat-ci, et elle compte utiliser ce temps pour faire avancer un maximum de dossiers qu’elle souhaite défendre.

Extinction Rebellion

La conseillère a fait cette déclaration au Nouvelliste alors qu’elle était questionnée au sujet d’un appui virtuel qu’elle a donné au mouvement Extinction Rebellion au cours des derniers jours via la page Facebook de ce mouvement citoyen, qui vise à revendiquer des actions urgentes des gouvernements pour contrer les effets des changements climatiques, prônant si nécessaire la désobéissance civile. Ce mouvement a dernièrement été à l’origine de la fermeture du pont Jacques-Cartier à Montréal et de plusieurs coups d’éclat dans différentes villes du Québec à l’occasion du Vendredi fou.

Dans une publication Facebook inscrite sous un appel à encourager le mouvement par le biais d’une campagne de sociofinancement, Mariannick Mercure a fait ce commentaire: «Mine de rien, vous donnez énormément d’énergie et de force aux élu(e)s qui, comme moi, veulent changer ce système. Merci! On va gagner!»

Mardi soir, en séance publique du conseil, un citoyen, Claude Morand, a tenu à faire connaître son mécontentement face à cette situation, mais plus largement face à la façon de faire actuelle au conseil municipal.

«En décembre 2018, vous avez voté entre vous l’urgence climatique sans en avoir le mandat clair de la population de Trois-Rivières. Je sais que parmi les conseillers et conseillères, certains endossent le mouvement Extinction Rebellion, mouvement qui prône la désobéissance civile. Il serait à propos de rappeler à certains et certaines le code de déontologie. La conduite d’un membre du conseil doit être empreinte de bienveillance, de droiture, de convenance, de sagesse et de sincérité, Je me désole de voir le manque d’unité de ce conseil de ville dû à certaines personnes qui travaillent pour leur intérêt personnel et non pour le bien commun, et je déplore qu’on ne parle que d’environnement mais pas souvent d’économie de notre belle ville», a-t-il fait savoir.

Mariannick Mercure est catégorique: selon elle, elle n’a contrevenu d’aucune façon au code de déontologie des élus de la ville. «Je le connais le code de déontologie, j’ai travaillé à le mettre en place. Je suis un peu tannée de voir des citoyens s’improviser juges de la Cour municipale. Ils me disent souvent qu’ils vont porter plainte contre moi, mais ça ne doit pas être très fondé parce que rien n’a jamais été retenu. Le code de déontologie prône notamment la transparence et l’intégrité, et je suis en ligne droite avec ça», croit-elle.

Mme Mercure se défend de travailler pour son intérêt personnel et croit au contraire que c’est en tentant de plaire au plus grand nombre possible en vue de se faire réélire qu’on agit pour notre intérêt personnel. «Si on veut être réélu, on doit plaire au plus grand nombre et viser le statu quo. C’est électoraliste et ça, c’est de travailler pour son intérêt personnel, pour sa paie et pour sa job. Quand je parle d’environnement, l’idée de combattre la crise climatique est de mettre en place des mesures qui vont contribuer à sauver l’espèce humaine. Si ça, ce n’est pas le bien commun, je me demande ce que c’est», conclut-elle.

Le maire Jean Lamarche n’a pas souhaité émettre de commentaires, ni sur la prise de position de la conseillère en faveur du mouvement Extinction Rebellion, ni sur sa décision de ne pas solliciter un nouveau mandat.