Catherine Raymond

Marché public: la SDC lance un ultimatum

La Société de développement commercial (SDC) du centre-ville de Trois-Rivières tente un ultime effort pour réaliser son projet de marché public au centre-ville de Trois-Rivières. Toutefois, la SDC est formelle: sans volonté politique, elle ne portera plus le dossier seule bien longtemps.
«C'est le temps qu'on se réveille. On sent un ralentissement économique et un projet comme celui-là peut apporter un vent nouveau, mais on ne peut plus porter ça tout seul», prévient Catherine Raymond, directrice générale de la SDC.
La semaine prochaine, Mme Raymond rencontrera deux investisseurs privés intéressés par le projet, soit les sociétés Trillion et Olymbec, qui ont chacune démontré de l'intérêt. Un plan financier pourrait être mis en place avec chacune des deux sociétés, et ces plans seront présentés à la Ville dans l'espoir d'une participation financière. C'est que les firmes privées louent les espaces à un tarif qui, au bout du compte, ne pourrait pas être entièrement assumé par les producteurs intéressés à s'implanter au marché public.
Par ailleurs, la SDC rêve toujours de pouvoir elle-même devenir gestionnaire du marché en permettant la location d'espaces commerciaux par une corporation qui n'aurait pas pour objectif de faire du profit avec ce projet. Ainsi, pour que l'un ou l'autre des scénarios se réalise, il faudra des subventions ou à tout le moins un coup de pouce de la Ville, dit Catherine Raymond.
Rappelons aussi qu'une telle installation permettrait de conserver la succursale de la SAQ au centre-ville.
«Je ne le prendrais pas si, à cause d'un manque de concertation et de volonté politique, on échappait la SAQ. Nous ne porterons pas l'odieux de ça», ajoute Catherine Raymond, qui confirme avoir senti également un désistement de la part de la Conférence régionale des élus au cours des derniers mois.
Mme Raymond déplore aussi qu'on tente de démontrer que le marché public puisse entrer en compétition avec d'autres marchés de la région, ou encore avec un projet de marché qui pourrait s'implanter ailleurs à Trois-Rivières dans un futur proche. «Quand je regarde ce qui se passe à Québec, où on est en train d'implanter des marchés publics dans à peu près tous les quartiers, je ne comprends pas la réaction. Il y a une énorme demande pour ce type de service et c'est comme si on allait à l'inverse de la tendance», croit-elle.
Au terme des rencontres de la semaine prochaine, la SDC recommandera à ses membres de poursuivre ou non avec ce projet.
Du côté de la Ville, le maire de Trois-Rivières se dit ouvert à rencontrer la SDC, si l'organisme a un projet bien ficelé et chiffré à lui présenter. «Qu'ils fassent leurs devoirs. On n'a jamais su combien ça pouvait coûter et à quelle hauteur ils espéraient notre participation. Je suis bien prêt à regarder le projet, mais qu'on m'arrive avec un montage financier clair et des lettres d'intentions», clame Yves Lévesque.
Ce dernier affirme que la Ville n'a pas l'intention de se lancer dans d'autres grands projets avant que les grands projets actuels que sont l'amphithéâtre et le District 55 soient en grande partie réalisés. «Je l'ai dit en campagne, nous sommes en mode consolidation. Oui, le projet de marché public est une priorité, mais pas maintenant. Par contre, si on nous propose quelque chose d'intéressant, on va le considérer. Mais je veux savoir le prix final avant d'engager des deniers publics là-dedans», ajoute le maire.