Une quinzaine de femmes se sont présentées au bureau de circonscription du ministre du Travail, Jean Boulet, puis à celui de la ministre de la Justice, Sonia LeBel, mardi matin, pour faire valoir leurs revendications, à l’approche de la Marche mondiale des femmes en Mauricie.
Une quinzaine de femmes se sont présentées au bureau de circonscription du ministre du Travail, Jean Boulet, puis à celui de la ministre de la Justice, Sonia LeBel, mardi matin, pour faire valoir leurs revendications, à l’approche de la Marche mondiale des femmes en Mauricie.

Marche des femmes: les ministres Boulet et LeBel interpellés

Sébastien Houle
Sébastien Houle
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Qu’on ne s’y trompe pas, malgré l’essor du mouvement #MeToo et la condamnation récente du producteur hollywoodien Harvey Weinstein, beaucoup reste à faire sur le front des droits des femmes. C’est du moins le message qu’a tenu à marteler une délégation d’une quinzaine de femmes venue à la rencontre des ministres Jean Boulet et Sonia LeBel, dans leur bureau de circonscription respectif de Trois-Rivières, mardi matin, à l’approche de la Marche mondiale des femmes en Mauricie.

Le groupe de femmes, réuni sous l’égide de la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie (TCMFM), n’a pas réussi à obtenir d’entretiens avec les ministres — la délégation avait été avisée de l’absence de ces derniers, nous dit-on. Il a tout de même été reçu par les représentants des élus et leur a fait part de ses doléances. Les revendications du groupe sont les mêmes que partout au Québec, tandis que la Marche s’organise. Celles-ci sont regroupées sous cinq grands thèmes: la pauvreté, la violence, la justice climatique, femmes migrantes, immigrantes et racisées et femmes autochtones.

Joanne Blais, directrice de TCMFM, souligne que si un consensus se dégage à l’échelle nationale quant aux priorités de la lutte en cours, l’enjeu de la pauvreté est particulièrement criant dans la région. Le groupe aimerait voir le gouvernement s’engager dans une bonification des prestations d’aide sociale et une hausse du salaire minimum. «Quand on travaille à temps plein au salaire minimum, et on sait que ce sont majoritairement des femmes qui le font, on n’a pas assez d’argent pour couvrir les besoins de base», indique la directrice.

L’actualité vient tristement rappeler que la violence que vivent les femmes demeure un sujet d’actualité, fait par ailleurs valoir Mme Blais, en référant notamment à l’adolescente récemment assassinée dans les Laurentides. «Ça nous préoccupe vraiment», laisse-t-elle tomber.

«Notre planète souffre de notre système néolibéral et capitaliste, et le mouvement de la Marche mondiale des femmes est vraiment un mouvement qui est en marche pour lutter contre ce système-là», déclare d’autre part Joanne Blais pour illustrer la mobilisation des femmes autour de l’enjeu de la justice climatique.

On souhaite également que les statuts migratoires soient révisés afin de mettre fin à la discrimination qui caractérise le système actuel, ajoute Mme Blais. La situation des femmes issues des Premières nations est aussi une préoccupation de la TCMFM. «Encore aujourd’hui, il y a beaucoup de femmes autochtones qui vont disparaître, qui vont être assassinées, et on veut que ça cesse», insiste Joanne Blais.

Le point de presse tenu en marge des visites de bureaux de circonscription était par ailleurs l’occasion de lancer les activités relatives à la Marche mondiale des femmes en Mauricie, qui aura lieu le 8 mars prochain à Espace Shawinigan. On annonce un événement festif, ouvert à tous, avec prestations artistiques, ateliers et kiosques d’information touchant les différentes revendications des femmes.

On pourra consulter le programme détaillé des activités du 8 mars sur la page Facebook de la TCMFM. La grande marche du Québec se tiendra quant à elle le 17 octobre prochain, à Terrebonne.