Marc H. Plante

Marc H. Plante et le PLQ: «On va se reconstruire»

TROIS-RIVIÈRES — La période de transition que traverse le Parti libéral du Québec depuis la cuisante défaite de lundi et le récent départ de Philippe Couillard débouchera sur une nouvelle ère selon des députés défaits qui ont représenté les circonscriptions de la région au cours des quatre dernières années.

C’est le constat qu’ont fait Jean-Denis Girard et Marc H. Plante à la sortie d’une rencontre de l’ensemble des candidats libéraux, défaits ou élus, qui a eu lieu dans un hôtel de Québec, jeudi après-midi.

«Je suis convaincu qu’on va se reconstruire. Nous formons un parti qui a du contenu qui a fait progresser le Québec», soutient l’ancien député de Maskinongé, Marc H. Plante.

Des propos qu’endosse le député défait dans Trois-Rivières, Jean-Denis-Girard. Ce dernier précise que l’offre du Parti libéral est toujours pertinente, et ce, malgré le résultat de la dernière élection.

«On doit se ressaisir et regarder vers l’avenir. On ne peut pas changer le passé, mais on va regarder ce que l’on peut faire pour se remettre en selle rapidement. On va voir ce que l’on peut offrir aux Québécois», poursuit M. Girard.

Leurs propos vont dans le même sens que ceux de plusieurs de leurs collègues. «Notre message n’a pas passé, tout simplement», a commenté le député Jean Rousselle. La ministre défaite Véronyque Tremblay croit avoir perdu son siège dans Chauveau en raison de la «vague, du tsunami» caquiste. Ça a été «un raz-de-marée à la grandeur du Québec.»

Certains candidats croient que la ligne selon laquelle le PLQ gouvernait le Québec depuis trop longtemps a collé. «Ils [les électeurs] voulaient entendre un autre message que le mien. Les gens m’ont dit: “On t’aime bien, mais on est dus pour passer à d’autre chose”», raconte la ministre défaite Lucie Charlebois.

La nouvelle élue Marwah Rizqy croit que les Québécois n’ont pas voté «par amour pour la CAQ [Coalition avenir Québec]», mais ont voulu envoyer un message pour «que nous, on aille, au Parti libéral, se ressourcer» et «recommencer à faire rêver les gens».

La démission de Philippe Couillard de ses postes de député et de chef du parti a tout de même été accueillie avec tristesse par les députés défaits qui représentaient les circonscriptions de la région jusqu’au raz-de-marrée caquiste. L’annonce du départ du premier ministre défait laissera un grand vide au sein du parti selon Marc H. Plante.

«Ça me fait beaucoup de peine. J’ai été très fier d’avoir fait partie de l’équipe de Philippe Couillard. Il s’est toujours comporté en grand homme d’État et il en a encore fait la preuve aujourd’hui (jeudi)», souligne-t-il.

Jean-Denis Girard

«Je respecte sa décision», a pour sa part mentionné Jean-Denis Girard.

Candidats à nouveau?

Même s’il entrevoit l’avenir libéral avec optimisme, l’ex-député de Maskinongé n’est pas prêt à s’avancer sur la possibilité qu’il se présente à nouveau dans quatre ans.

«Pour l’instant, j’ai besoin de repos», lance-t-il simplement.

Pour sa part, Jean-Denis Girard confirme qu’il veut toujours travailler au développement et au bien-être de son parti, avec lequel il partage de nombreuses valeurs. Il veut également poursuivre dans la même veine qu’au cours des quatre dernières années et poser des actions concrètes nécessaires au développement de la ville de Trois-Rivières.

«Je veux continuer à m’impliquer afin de faire progresser la communauté», indique-t-il.

Contact avec les francophones

Pour certains libéraux, le PLQ a perdu le contact avec les francophones, lui dont les élus se retrouvent maintenant en grande majorité sur l’île de Montréal. «Il faut reconnecter avec les Québécois francophones, partout dans les régions du Québec», croit le ministre défait Luc Fortin.

Pour Sébastien Proulx, l’un des seuls élus libéraux de tout l’Est-du-Québec, la répartition géographique des sièges de son parti est parlante. «Ça veut dire quelque chose, c’est vrai. […] On va se poser des questions, on va trouver des façons de se relancer.»

D’autres candidats, comme Pierre Moreau, n’ont pas senti cette déconnexion avec les électeurs francophones.

Après cette grande rencontre, les 32 élus libéraux se réuniront entre eux à l’Assemblée nationale, vendredi, pour élire leur chef intérimaire, qui agira à titre de chef de l’opposition en attendant le résultat d’une course officielle à la chefferie.

Les noms de Pierre Arcand, de Gaétan Barrette, de Christine St-Pierre et de Marc Tanguay ont circulé comme de possibles choix.

Les libéraux rencontrés jeudi n’ont pas voulu s’avancer sur leur préférence, sauf Marwah Rizqy et Lise Thériault, qui appuient Christine St-Pierre. Mme Rizqy aimerait également qu’une femme soit chef du parti aux prochaines élections.

Le député Guy Ouellette brillait par son absence. Lors de la campagne électorale, il a été révélé qu’il avait refilé des courriels compromettants à la CAQ il y a quelques années. Le sort que lui réserve le caucus libéral devrait plutôt être discuté vendredi.