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Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe (de dos), est allé à la rencontre des parents mobilisés dans le mouvement #maplaceautravail, mercredi matin. Il s’est notamment entretenu avec l’instigatrice du mouvement, Myriam Lapointe-Gagnon (à droite, avec la tuque rose).
Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe (de dos), est allé à la rencontre des parents mobilisés dans le mouvement #maplaceautravail, mercredi matin. Il s’est notamment entretenu avec l’instigatrice du mouvement, Myriam Lapointe-Gagnon (à droite, avec la tuque rose).

Manque de places en garderie: de bonnes nouvelles dans le budget de la CAQ?

Matthieu Max-Gessler
Matthieu Max-Gessler
Le Nouvelliste
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La mobilisation du mouvement #maplaceautravail, un regroupement de parents qui peinent à trouver une place en garderie, s’est poursuivie mercredi. Plusieurs parents se sont rendus devant l’Assemblée nationale pour accueillir les députés qui y siègent en faisant une «haie de poussettes», afin de leur rappeler l’ampleur de la problématique et ses conséquences sur les familles, mais surtout les femmes, et la société en général.

L’instigatrice du mouvement, Myriam Lapointe-Gagnon, est partie de Cacouna, dans le Bas-Saint-Laurent, mardi après-midi, pour prendre part à cette mobilisation, mercredi matin. Le déplacement en aura valu la peine, estime-t-elle, puisque le cri du cœur lancé par des milliers de parents depuis mercredi dernier a attiré l’attention de chefs et de députés des partis d’opposition, qui sont venus à la rencontre des dizaines de parents qui étaient présents avec leurs jeunes enfants. Mme Lapointe-Gagnon a également eu l’occasion de s’entretenir avec le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, pendant une demi-heure environ.

«Dans le budget qui sort demain, il a dit qu’il y aurait des choses qui vont nous rendre heureux. À savoir de quelles annonces il s’agit et avec quel montant, on ne le sait pas, mais pour une aide d’urgence comme ce qu’on demande, c’est sûr que ça prend une enveloppe. Mais je sens qu’il est touché par ce qui se passe, il sait que c’est une problématique – il le dit lui-même. J’ai vraiment espoir qu’il y aura des choses intéressantes. Tous les partis d’opposition ont des propositions qui se rejoignent, se recoupent. Je vois qu’il y a des solutions à court terme qui sont possibles», mentionne-t-elle.

Parmi les solutions qui sont envisagées, Mme Lapointe-Gagnon évoque le prolongement du versement du Régime québécois d’assurance parentale, pour les parents – principalement les mères – qui se voient contraintes de ne pas retourner au travail après leur congé parental, faute de place en garderie, en CPE ou dans un milieu familial. Même si elle ignore encore quelles seront les propositions du gouvernement, la Cacounoise d’adoption se réjouit de voir que le mouvement qu’elle a lancé il y a une semaine «en pyjama, avec mon bébé dans les bras», a pris une telle ampleur.

Au moment d’écrire ces lignes, mercredi après-midi, le groupe Facebook #Maplaceautravail – Mouvement en réponse à la pénurie des places en garderie créé par Mme Lapointe-Gagnon comptait 3500 membres.

Selon les estimations, plus de 51 000 enfants seraient en attente d’une place en garderie, un nombre qui a gonflé depuis le début de la pandémie.

«Au gouvernement de trouver la solution»

Laurie Salois fait partie des nombreuses femmes qui sont contraintes de rester à la maison pour s’occuper de leur enfant alors qu’elles préféreraient retourner travailler. C’est pour cette raison que la Trifluvienne a adhéré au mouvement #maplaceautravail et en est devenue la porte-parole pour la Mauricie.

«Mon RQAP (Régime québécois d’assurance parentale) s’est terminé à la fin décembre et depuis ce temps-là, je suis toujours à la recherche d’une garderie. Je prévoyais faire un retour au travail à la fin janvier, mais je n’ai pas pu», explique-t-elle.

Mme Salois estime elle aussi que le gouvernement devrait offrir un soutien financier aux familles, le temps que le problème du manque de places soit résolu.

Laurie Salois, porte-parole régionale du mouvement #maplaceautravail.

«Si les parents ne travaillent pas tous les deux, ils consomment moins et ça a un impact. Il faudrait un soutien financier pour désengorger le système. Ça va être au gouvernement de trouver la solution», soutient-elle.

Selon Mme Salois, environ 600 places en milieu familial ont disparu en Mauricie depuis le début de la pandémie.

Rappelons que les membres de la région du mouvement #maplaceautravail se sont mobilisés pour réclamer de l’aide lors du passage des premiers ministres canadien, Justin Trudeau, et québécois, François Legault, à Trois-Rivières pour une annonce conjointe. Pour le moment aucune autre action n’est prévue dans la région, indique Mme Salois.

«On a l’impression de retourner en arrière»

Joanne Blais, directrice de la Table de concertation du Mouvement des femmes de la Mauricie (TCMFM), se réjouit de voir la mobilisation lancée par Mme Lapointe-Gagnon prendre de l’ampleur à travers la province.

«Le 19 février dernier, on avait fait une action de mobilisation avec des femmes de la région pour dénoncer le manque de places dans la région. C’était dans le cadre d’une sortie publique par rapport à la relance économique, pour qu’elle soit juste et inclusive. On avait déjà été interpellées par un groupe de femmes, des mamans, sur la problématique du manque de places en garderies, alors ça faisait partie des demandes qu’on a adressées au gouvernement cette journée-là», explique-t-elle.

Mme Blais souligne qu’une page Facebook existe depuis déjà un moment pour dénoncer le manque de places dans la région. Ce groupe compte plus de 400 membres.

Selon la directrice de la TCMFM, la mobilisation qui est en cours montre une fois de plus que l’égalité et l’équité hommes-femmes ne sont toujours pas atteintes, puisque ce sont dans la très grande majorité des cas les mères et non les pères qui vont rester à la maison pour s’occuper de leur enfant s’il ne peut aller à la garderie.

Joanne Blais, directrice de la TCMFM.

«Les conséquences de ça sont notamment l’appauvrissement des femmes, parce que toutes les années pendant lesquelles elles ne travaillent pas, ce sont des années de moins pour contribuer à leur régime de retraite, illustre-t-elle. On a l’impression de retourner en arrière. C’est préoccupant, il faut des actions pour corriger la situation. Si on attend la création de nouvelles places en garderie, on risque d’attendre longtemps.»

Mme Blais promet d’ailleurs le soutien de la TCMFM aux groupes de parents de la région qui souhaitent organiser des actions de mobilisation pour réclamer des actions de la part du gouvernement.