Manque de personnel dans les hôpitaux: le CIUSSS met l’arrêté ministériel à exécution

Sébastien Lacroix
Sébastien Lacroix
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Le nombre d’hospitalisations étant toujours en hausse, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec n’a pas eu le choix d’avoir recours à l’arrêté ministériel pour contraindre du personnel à travailler au cours des derniers jours.

Depuis l’annonce faite vendredi dernier par le PDG du CIUSSS, Carol Fillion, du personnel a notamment été obligé d’aller prêter main-forte à l’unité de débordement de Drummondville. Celle-ci a été mise en place pour augmenter le nombre de lits qui sont disponibles en zone chaude dans la région, qui est passé de 40 à 56, ainsi que les places aux soins intensifs, qui ont augmentés de 10 à 14. 

L’arrêté ministériel qui doit servir une fois que toutes les mesures ont été tentées par la direction pourrait également être utilisé pour dépêcher du personnel au site d’hébergement alternatif de l’École nationale de police du Québec (ENPQ), à Nicolet, où des personnes âgées atteintes de la COVID-19 sont transférées pour éviter la propagation dans les résidences privées pour aînés (RPA).

Le CIUSSS prévoit d’ailleurs avoir besoin de renfort pour soutenir les RPA au cours des prochains jours. Puisque depuis le début de la semaine, des éclosions se sont déclarées à trois endroits dans la région. C’est-à-dire aux Jardins du parc linéaire, à Victoriaville, qui rapporte 42 cas, dont 37 chez des résidents, au Centre l’Assomption, de Saint-Léonard-d’Aston, qui compte 34 cas, dont 27 résidents, et à la résidence Laveault de Louiseville, où 23 cas sont rapportés, dont 17 chez les résidents.  

Le porte-parole de la Table des résidences privées pour aînés de la Mauricie, Richard Maziade, admet que la situation peut sembler préoccupante dans les RPA, mais que la situation est encore loin d’être alarmante. «Sur les 176 RPA dans la région, il y en a 11 qui ont des cas», relativise-t-il.

Il souligne également que le danger provient souvent de l’extérieur. Par exemple, de patients ou du personnel qui arrivent des hôpitaux et qui font entrer la COVID-19 dans la résidence.

57 nouveaux cas et quatre décès dans la région

Le nombre de nouveaux cas de COVID-19 pour la dernière journée s’élève à 57 en Mauricie-Centre-du-Québec. Malheureusement, quatre décès supplémentaires se sont ajoutés dans des ressources d’hébergement.

Cette augmentation représente pour la Mauricie 28 cas supplémentaires et 29 pour le Centre-du-Québec. Pour une deuxième journée consécutive, la MRC de Nicolet-Yamaska affiche une hausse importante, alors qu’une augmentation de 16 cas y est rapportée. La MRC d’Arthabaska (+13), la ville de Trois-Rivières (+12) et la MRC de Maskinongé (+11) sont les autres secteurs où les hausses sont les plus significatives. 

La MRC de Drummond (+6), la MRC de Bécancour (+5), la MRC de l’Érable (+5), la MRC des Chenaux (+2) et la MRC de Mékinac (+2) suivent.

Le nombre de personnes rétablies depuis le dernier bilan se chiffre pour sa part à 54.

Pour ce qui est du bilan des hospitalisations, on note une augmentation de quatre personnes portant le total à 48, alors qu’il y a toujours six personnes hospitalisées aux soins intensifs.

Actuellement, on compte 38 des 40 lits qui sont occupés à Trois-Rivières, en plus de six des douze places en soins intensifs. À Drummondville, 10 des 16 lits sont pris par des personnes atteintes du coronavirus. 

«Les répercussions [sur les hospitalisations] se font toujours après 10 ou 14 jours. Il y a deux semaines, nous avions eu une fin de semaine de 215 cas, en comptant le samedi et le dimanche, rappelle l’agent d’information du CIUSSS, Guillaume Cliche. On peut penser que ça va se résorber, parce qu’on observe une tendance à la baisse depuis quelques jours, mais on ne peut jamais être certain de rien.»