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Au total, 18 postes de pharmacien étaient non comblés sur un total de 92 postes au CIUSSS MCQ.
Au total, 18 postes de pharmacien étaient non comblés sur un total de 92 postes au CIUSSS MCQ.

Manque criant de pharmaciens dans le réseau public

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
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La Tuque — L’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (A.P.E.S.) sonne à nouveau l’alarme concernant la pénurie de pharmaciens d’établissements qui affecte la Mauricie et le Centre-du-Québec.

Dans la région, il manque près d’un pharmacien sur cinq pour combler les besoins selon l’A.P.E.S. qui pointe du doigt l’instabilité salariale. L’Association réclame des actions rapides pour corriger la situation et éviter des conséquences sur les soins et services à la population.

Au total, 18 postes de pharmacien étaient non comblés sur un total de 92 postes au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Mauricie- et-du-Centre-du-Québec. L’enquête annuelle 2020 de l’Association a révélé 286 postes non comblés dans la province.

«Nous sommes arrivés à un point où la pénurie nuit à la couverture de soins pharmaceutiques offerte aux patients hospitalisés, ambulatoires et hébergés en CHSLD. Or, dans un contexte de vieillissement de la population et d’explosion des problèmes de santé aigus et chroniques, un établissement de santé doit pouvoir compter sur un nombre suffisant de pharmaciens», affirme le président de l’A.P.E.S., François Paradis.

L’A.P.E.S indique que le manque de soins pharmaceutiques en établissement de santé peut avoir plusieurs conséquences négatives. On parle d’augmentation des risques d’incidents et d’accidents médicamenteux, de l’allongement de la durée moyenne des hospitalisations, des risques d’effets indésirables et d’interactions, des retours à l’urgence, d’une diminution de la qualité de vie des patients et des coûts supplémentaires pour le système de santé. Des négociations s’amorceront bientôt avec le gouvernement du Québec pour le renouvellement de l’entente de travail venue à échéance en mars 2020.

«Le cœur de notre problématique, c’est la question de nos mesures de rémunération qui ne sont pas fiables, nos mesures temporaires. On n’a pas de signal que le gouvernement veut les pérenniser. Pour nous, c’est un enjeu vraiment important», explique Linda Vaillant, pharmacienne et directrice générale de l’A.P.E.S.

On estime qu’entre 20 % et 50 % de la rémunération des pharmaciens d’établissements repose aujourd’hui sur ces mesures dites «temporaires».

Linda Vaillant est pharmacienne et directrice générale de l’A.P.E.S.

Ces dernières ont notamment dû être renégociées à plusieurs reprises. À chaque fois, l’A.P.E.S. doit convaincre le gouvernement de leur nécessité.

On demande au gouvernement d’assurer une rémunération concurrentielle, mais surtout prévisible.

«Le gouvernement a dans ses mains un rapport qu’il a lui-même produit qui démontre que toutes les mesures temporaires sont utiles, fonctionnent et qu’elles sont nécessaires. C’est difficile pour nous de comprendre pourquoi on ne pérennise pas ces mesures», se questionne Linda Vaillant.

«Ça date de 10 à 15 ans selon les mesures. Ce n’est plus vraiment temporaire», ajoute-t-elle.

L’A.P.E.S. souhaite que cette situation soit réglée une bonne fois pour toutes afin de mettre fin à l’incertitude entourant les conditions des pharmaciens d’établissements et de rendre le réseau public plus attrayant et plus concurrentiel.

«Il faut régler ça pour être capable d’attirer de la relève. C’est une entrave. Pourquoi les gens se dirigeraient vers une pratique où l’on ne garantit pas le salaire alors qu’on a 80% des pharmaciens qui pratiquent dans le secteur privé qui veut aussi attirer les jeunes?»

«On demande que ce soit concurrentiel. Il faut être compétitif et être au moins en mesure de garantir ce que l’on offre parce qu’autrement, ça ne peut pas être attrayant», a conclu Linda Vaillant.