La manifestation-surprise, qui réunit une trentaine de travailleurs, a pour but de dénoncer divers éléments de leurs conditions de travail.

Manifestation-surprise au CIUSSS

Trois-Rivières — Des centaines de ballons ont envahi l’entrée du siège social du Centre intégré universitaire de la santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ), mercredi matin, à Trois-Rivières, cadeau de travailleurs de la santé qui sont venus manifester leur mécontentement face à leurs conditions de travail.

«Les ballons représentent des milliers de travailleuses et de travailleurs. C’est pour démontrer à quel point il y a beaucoup de personnes présentement en surcharge de travail et insatisfaites du non-respect de leurs conditions de travail», explique Pascal Bastarache, président du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers du CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec (SPPSAM-CSN). «On est là pour dénoncer plusieurs situations qui sont inacceptables. Des situations qui durent déjà depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, dont la non-reconnaissance de l’expérience de nos travailleurs-travailleuses», ajoute Marie-Line Séguin, vice-présidente régionale pour le Cœur du Québec à la Fédération de la santé et des services sociaux.

Près d’une trentaine de manifestants ont fait irruption dans l’entrée du siège social en soufflant dans des trompettes ou en brandissant des pancartes. Tous munis d’un sac rempli de ballons déjà gonflés, ils se sont assis par terre pour en gonfler d’autres. Les journalistes ont rapidement été expulsés des lieux par un employé du CIUSSS. 

Une quarantaine de minutes après le début de leur coup d’éclat, les syndiqués n’ont eu d’autre choix que de quitter le siège social à la demande de policiers. Toutefois, avant leur expulsion, ils ont rencontré des membres de la direction. 

«On a enfin pu donner notre message à la haute direction parce que normalement, c’est un peu plus difficile de pouvoir leur parler. Ils ont bien compris la nature de notre message», a affirmé M. Bastarache. Des demandes qui sont loin d’être excessives, soutient-il «Selon nous, on ne demande pas grand-chose. On a simplement demandé de nous respecter en tant qu’être humain et de respecter notre nouveau contrat de travail. On attend des nouvelles très rapidement parce que, présentement, les salariés n’en peuvent plus.»

Le SPPSAM, qui compte quelque 5400 membres, s’attend maintenant à des mesures concrètes. «On va attendre de leurs nouvelles. Oui, on l’a dénoncé, ils nous ont entendus. Maintenant, il faut travailler ensemble à trouver de vraies solutions pour que ça cesse immédiatement.» Quant au CIUSSS, il confirme avoir bien pris note des revendications des syndiqués. Les points apportés seront discutés dans des rencontres qui étaient déjà prévues avec les syndicats.

Deux points principaux ont été dénoncés par les manifestants. Premièrement, la relativité salariale en vigueur depuis le 2 avril amène un problème de non-reconnaissance de l’expérience des employés. Par exemple, un préposé aux bénéficiaires comptant 20 ans d’ancienneté au CIUSSS s’est vu ramener au quatrième échelon de l’échelle salariale. Toutefois, un nouvel employé comptant cinq années d’expérience s’est retrouvé au 5e échelon. 

«On comprend qu’il y a un sentiment d’injustice, il y a de la frustration», déplore Mme Séguin.


Une situation qui n’aide en rien la pénurie de personnel, fait-elle valoir. «C’est une façon de perdre ses employés. Nous, on veut travailler sur la rétention du personnel. C’est sûr que quand on a une injustice salariale, ça ne nous tente pas de rester. On va aller faire reconnaître notre pleine expérience dans un autre établissement. Nous, on veut garder notre personnel en place. On veut les garder avec nous.» 

«Oui, on peut travailler sur de l’attraction, sur des bourses pour attirer du nouveau personnel, mais si on continue de brimer les droits du personnel déjà en place, et qu’on ne travaille pas plus fort sur la rétention, on n’y arrivera pas. Il faut que ça bouge», ajoute M. Bastarache.

Le syndicat dénonce également l’attitude du gestionnaire de la liste de rappel. Selon le syndicat, il fait preuve «d’abus envers les employés de la santé et de non-respect quotidien» de leurs conditions de travail. «Il y a un automatisme dans le refus de nos demandes de congés que ce soit de maladie, de fériés, de vacances qui sont pourtant prévus à notre convention collective, donc on les refuse automatiquement. Il y a également les déplacements abusifs, ce qui est contraire, selon nous, à la position du ministère qui affirme qu’on a besoin de plus de stabilité, en plus des mesures disciplinaires données comme des bonbons», déplore M. Bastarache. «Ce sont des mesures abusives qui dans certains cas frôlent le harcèlement», ajoute-t-il.

Certains points de la convention collective qui a été signée pas plus tard que le 21 avril dernier ne sont d’ailleurs pas respectés, s’indigne également M. Bastarache. «On n’a pas d’écoute, on n’a pas d’appui. On n’a pas le choix en tant que salariés de trouver d’autres moyens pour se faire entendre. Si le CIUSSS ne veut pas collaborer au respect de notre contrat de travail qui a pourtant été négocié avec eux, on va trouver d’autres solutions.»

Voici un aperçu de la quantité de ballons qui ont envahi le siège social du CIUSSS.