Certains manifestants s’étaient munis d’affiches sur lesquelles étaient inscrits des messages déplorant la façon dont la société est gérée depuis quelques mois. ­
Certains manifestants s’étaient munis d’affiches sur lesquelles étaient inscrits des messages déplorant la façon dont la société est gérée depuis quelques mois. ­

Manifestation contre l’état d’urgence sanitaire à Trois-Rivières: «Il est mort, le virus»

Pierrick Pichette
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Quelques dizaines de manifestants anti-crise sanitaire ont foulé le parc Champlain de Trois-Rivières, samedi après-midi, dans le dessein d’inciter le gouvernement provincial à mettre fin à l’état d’urgence sanitaire en vigueur depuis les derniers mois.

«On veut essayer d’éveiller les gens face à ce qui se passe réellement et non à la situation dont on fait état dans les médias tous les jours, qui ne fait qu’entretenir la peur. Je pense que ça ne prend pas un cours pour comprendre qu’un virus, à l’image d’une mouche, a une durée de vie. Il est mort, le virus, et on en respire 220 000 autres à la minute, qui nous servent d’avertisseurs, ce sont nos amis. [...] Ça faisait longtemps qu’on attendait qu’il se passe quelque chose à Trois-Rivières pour ça, donc on est très contents», a souligné le manifestant Réjean Martin.

Ce dernier a également tenu à signifier son désarroi face à la manière de gérer la pandémie du premier ministre de la province, François Legault.

«Legault, son travail, ce n’est pas de faire des mises en garde. Il est censé faire gouverner l’économie et voilà qu’il la détruit. On dirait qu’il s’amuse, comme s’il était sur un nuage de vrai pouvoir. Il ne se base sur rien de scientifique pour décider alors que beaucoup d’études prouvent que ça ne sert à rien de confiner des personnes en santé. [...] Ce sont maintenant les organismes comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui gouvernent, se prenant pour César», a-t-il fait savoir.

Questionné en ce qui a trait à l’éventuelle deuxième vague de COVID-19 crainte par plusieurs, M. Martin rétorque d’ailleurs qu’il s’agirait d’une invention du gouvernement, qui vise à «brimer la liberté pour instaurer une forme de dictature».

Des agents de la Direction de la police de Trois-Rivières étaient également sur les lieux, afin de s’assurer que le tout se déroulait sans anicroche. Ils n’ont pas eu à intervenir.

«Il n’y a jamais eu de deuxième vague, ils l’ont créée de toute pièce. Ils font comme à l’époque de la propagande nazie, pendant laquelle on répétait sans cesse des mensonges à la population pour qu’elle y croie. Certes, ils procèdent de façon douce, une mesure à la fois, mais c’est toujours comme ça que les dictatures se sont installées. Moi j’appelle ça une folie», croit le manifestant.

La condition des enfants déplorée

Invitée à prendre la parole par l’instigatrice du mouvement, une dame ne s’est pas gênée pour critiquer la façon dont sont traités les enfants dans les classes depuis le début de l’année scolaire. Tenant par la main sa nièce nouvellement élève à la maternelle, cette manifestante a notamment déploré le fait que les plus jeunes «n’ont plus droit à une enfance».

«Même s’ils ne sont pas obligés de porter le masque à l’école, ils sont forcés de garder leurs distances entre eux, ce qui n’est pas normal. Un enfant a droit à son innocence d’enfant et ne doit pas être contrôlé par les ministres ou la justice. Il faut que les jeunes aient le droit de jouer dans la boue avec leurs amis s’ils le désirent ou qu’ils puissent recevoir des câlins ou des bisous quand ils se font mal», a-t-elle ajouté.

À la suite de cette allocution, quelques manifestants se sont dirigés vers la jeune fille et sa tante pour leur distribuer des câlins et témoigner leur support à la jeune fille.

Un rendez-vous hebdomadaire

Le groupe de manifestants espère faire de ces rassemblements une tradition. Ils se présenteront donc tous les samedis au parc Champlain dans l’espoir de faire passer le message. «On va faire des manifestations jusqu’à ce qu’ils [le gouvernement] nous redonnent nos droits et libertés, soit jusqu’à la fin des mesures sanitaires. On considère que c’est exagéré», a indiqué l’organisatrice de l’événement.

Par ailleurs, le groupe trifluvien joindra sa voix à celle de Montréal samedi prochain, alors que certains membres quitteront plus tôt la manifestation et tenteront de former un convoi pour aller manifester dans la métropole.

Rappelons que Trois-Rivières et Montréal ne sont pas les seules villes à avoir accueilli des rassemblements pour lutter contre l’état d’urgence sanitaire décrété par la santé publique. Des déploiements ont effectivement été organisés dans de nombreuses villes du Québec, dont Sherbrooke, Rimouski, Matane et Victoriaville.