Des centaines de personnes se sont rassemblées de vendredi à dimanche au Verger Blanchard à Wickham. Dimanche matin, il ne restait que quelques partisans presque prêts à quitter les lieux.
Des centaines de personnes se sont rassemblées de vendredi à dimanche au Verger Blanchard à Wickham. Dimanche matin, il ne restait que quelques partisans presque prêts à quitter les lieux.

Manifestation à Wickham : un bilan doux-amer

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
La manifestation « en chansons » qui aurait rassemblé, selon les organisateurs, près de 600 personnes dans le Verger Blanchard cette fin de semaine inquiète quelques commerçants de Wickham, près de Drummondville, au Centre-du-Québec.

La Sûreté du Québec (SQ) avait indiqué être au fait de la tenue de ce rassemblement et avoir assuré une surveillance tout au long de l’événement, de vendredi à dimanche. Aucun constat n’a d’ailleurs été émis. Toutefois, le propriétaire d’un commerce à proximité affirme avoir été victime de vandalisme.

« Des manifestants sont venus faire une escale dans notre dépanneur sans leur masque. Notre employé leur a demandé d’aller chercher leur masque pour entrer dans notre magasin, ce qu’ils ont fait, pour ensuite se diriger vers la toilette afin d’étendre leur “marde” partout pour montrer leur mécontentement », pouvait-on lire sur les réseaux sociaux, photo à l’appui.

Le propriétaire de l’établissement n’a pas tenu à commenter davantage cette histoire en disant « ne pas vouloir attiser le feu ». Selon lui, il s’agirait d’un cas isolé. « Je crois que la majorité des manifestants sont pacifiques. C’est toujours un ou deux dans le “tas” qui sont problématiques », déplore Charles Chagnon, qui refuse au public l’accès aux toilettes de son commerce depuis l’incident survenu samedi.

Le propriétaire d’un autre dépanneur, situé au cœur du village, s’est montré également préoccupé par ce deuxième rassemblement dans la région qui vise, entre autres, à dénoncer les mesures sanitaires exigées par la Santé publique, dont le port obligatoire du masque.

« On n’a pas envie de jouer à la police, rappelle Guy Denault. Je passe mes journées au magasin à m’assurer que toutes les règles de sécurité sont suivies à la lettre. On souhaiterait pouvoir faire confiance à tout le monde et compter sur leur collaboration. Mes plus jeunes employés n’ont pas nécessairement la force de caractère pour dire à un grand barbu : “Hey, mets ton masque!” » soutient-il.

Somme toute, il affirme que tout s’est bien déroulé de son côté. « Les policiers sont venus voir si tout se passait bien et nous ont dit qu’ils gardaient un œil sur l’événement. C’est sûr que ça ajoute un peu de stress à tout ce que l’on doit déjà gérer avec la pandémie de la COVID-19 », admet celui qui se trouve au centre du village depuis plus de 30 ans.

Guy Denault est propriétaire d'un dépanneur depuis plus de 30 ans au cœur du village de Wickham.

Situation « sous contrôle » dimanche matin

Dimanche matin, la situation semblait sous contrôle alors qu’une soixantaine de personnes se trouvaient toujours au Verger Blanchard situé sur la Route 139 à l’entrée du village de la municipalité de Wickham. Aucune présence policière n’a été remarquée à ce moment.

« Les policiers sont venus deux ou trois fois, mais ils ont bien vu que tout se passait bien », affirme Steeve Charland, l’un des deux organisateurs de l’événement. « On avait une équipe médicale et notre propre sécurité sur place. Les gens avaient la possibilité de porter un masque ou non et il y avait du gel désinfectant à l’entrée. Surtout, on ne manquait pas d’espace pour respecter le 1,5 mètre de distance pour ceux qui en ressentaient le besoin. Tout est une question de choix », ajoute-t-il.

Les organisateurs de la « manifestation en chansons » précisent que ce rassemblement ne vise pas uniquement à protester contre le port obligatoire du masque. « On manifeste plutôt contre le climat de peur créé par le gouvernement ou ce qu’on appelle la fausse pandémie. »

« On a 5600 morts. Je ne pense pas que c’est assez pour mettre un peuple de 8 millions d’habitants à genou. Des faillites, des burnouts, des suicides : les dommages collatéraux sont pires que le virus, mais ça, on n’en parle pas », déplore le musicien et poète Steeve Charland, qui n’entend pas mettre fin à ces activités.

L’autre organisateur, Mario Roy, est également l’instigateur d’une plainte formelle qui serait déposée prochainement contre le directeur de la santé publique, Horacio Arruda. « Ce n’est pas un enjeu sanitaire, c’est politique », proteste-t-il en appui à son collègue.

Tous les profits de cet événement seront remis selon les organisateurs à un organisme à but non lucratif. « Notre Fête nationale avant tout le monde, qui s’est déroulée en juin, nous a permis de remettre 7266 $ à l’organisme Habit-Action de Drummondville. Nous recommencerons sans hésiter », conclut Steeve Charland.

Avant le lundi 3 août, seuls les rassemblements de 50 personnes étaient permis au Québec. Toutefois, la porte-parole de la Sûreté du Québec, Valérie Beauchamp, rappelle que les citoyens ont le droit de manifester. Elle confirme que ceux-ci ont respecté les règlements comme le fait de ne pas faire de bruit après 23 heures, notamment.