La résidence des Bisson-Houle (à droite sur la photo) est la seule du rang des Lahaie qui se retrouve dans la zone critique de ce potentiel glissement de terrain qui pourrait même emporter une partie de la route, estime la Sécurité civile.

«Maman, est-ce que le père Noël va nous trouver?»

Il n'existe aucun moment idéal pour annoncer à une famille qu'elle devra quitter sa maison et qu'elle risque de ne jamais y retourner. Mais Nancy Houle et Jonathan Bisson reconnaissent qu'à quelques jours de Noël, c'est d'autant plus difficile. Surtout pour les enfants qui attendent, comme tous les enfants, cette fête avec fébrilité.
«On n'a pas fait de sapin, c'est évident. On allait acheter notre sapin à toutes les années ensemble, mais où est-ce qu'on le mettrait cette année? Et les enfants nous demandent: maman, est-ce que le père Noël va savoir où nous trouver? Évidemment, on leur dit que oui, mais qu'est-ce que vous voulez qu'on réponde dans ce temps-là», se demande Nancy.
La tradition du temps des Fêtes changera passablement cette année, alors que le couple avait l'habitude de recevoir toute la famille dans leur grande maison à Noël. Une tradition parmi d'autres petits détails de la vie quotidienne qui s'envolent avec la perspective de ne plus retourner dans cette maison. 
Ils pensent notamment à ce pommier sur le terrain, qui avait fourni tant de belles pommes cette année. Ou encore ces arbres qui avaient été plantés à la naissance des garçons...
Un choix difficile
D'ici les prochaines semaines, la famille devra trancher entre les options proposées par les spécialistes de la Sécurité civile. L'instabilité du terrain où se trouve la maison les forcera à choisir entre abandonner la maison et se relocaliser, déménager la maison sur un autre terrain ou encore réaliser des travaux majeurs pour stabiliser le terrain. Une aide financière maximale de 150 000 $ sera fournie pour l'une des trois options.
«On ne sait vraiment pas encore ce qu'on va faire. On a beaucoup de démarches à faire. Il faut qu'on fasse faire des soumissions pour tout ça, pour les travaux sur le terrain comme pour le déménagement de la maison. On doit évaluer un paquet d'affaires. Si on réalise les travaux, est-ce qu'on va avoir la certitude que ce sera sécuritaire? Si on déménage la maison, on la met où? Et il faut voir aussi combien ça va nous coûter si ça dépasse l'aide financière proposée par le gouvernement. Pour l'instant, on ne sait rien, c'est beaucoup trop tôt», explique Jonathan. 
Une chose est certaine, le couple ne souhaite rien entreprendre sur un coup de tête, car il souhaite aussi préserver sa santé tout en continuant d'offrir un semblant de vie normale aux deux garçons. «La vie continue quand même. Il y a le travail, l'école, les devoirs, la routine à travers tout ce stress. On essaie de maintenir ça le plus normal possible pour eux. Mais on dort mal et on est fatigués, c'est certain», mentionne Jonathan.
Pour sa part, Nancy sait qu'il faut aussi relativiser les choses. «On est en santé, les enfants vont bien. Ça pourrait être pire, c'est sûr. Mais en ce moment, je veux aussi avoir le droit de pleurer. Une journée, je suis super encouragée. Le lendemain, je me roulerais en petite boule. C'est comme n'importe quel deuil, on a des étapes à passer. Alors oui, je suis capable de relativiser, mais j'ai aussi besoin qu'on me laisse vivre ma peine si j'en ai besoin», confie-t-elle.