Des élus utiliseront une motoneige du Service incendie de La Tuque pour une expédition sur le territoire.

Malaise à la caserne de La Tuque

LA TUQUE — Alors que des élus de la Ville de La Tuque se préparent à emprunter les sentiers de motoneige pour une sortie, une décision de la Municipalité dérange à la Caserne incendie. Selon les informations obtenues par Le Nouvelliste, une des motoneiges servant à l’évacuation d’urgence sera utilisée pour cette expédition sur le territoire.

La situation semble soulever plusieurs questions dans la population, et au sein des pompiers qui travaillent à la caserne de La Tuque. Au téléphone, le conseiller syndical au Syndicat des pompiers du Québec et vice-président provincial, Sylvain Côté, s’est dit surpris par la situation puisqu’il s’agit de matériel appartenant à la population pour des situations d’urgences.

«C’est très rare, et à ma connaissance, je n’ai jamais vu d’autres événements comme ça où l’on utilise de l’équipement d’urgence pour quoi que ce soit d’autre que les urgences. J’ose croire que la municipalité va prendre des mesures nécessaires en cas d’accident ou autre événement sur le territoire», a-t-il lancé.

«C’est exceptionnel… Ils ont le droit de le faire, mais on trouve ça assez spécial que des élus s’octroient le droit de faire une telle chose et je crois que ça représente l’idée générale des pompiers de La Tuque qui ont un point d’interrogation en regard à ça», a ajouté M. Côté.

Du côté du maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, on semble minimiser les impacts de cette situation. «Si on les prenait pour s’amuser, là ce ne serait pas correct. Mais ce n’est pas pour s’amuser, on va travailler», a indiqué le maire Tremblay.

Les propos de ce dernier sont également appuyés par le chef de division aux opérations incendie du Service incendie, André Vézina, qui sera de la délégation d’une dizaine de personnes qui effectuera l’expédition.

«Je pense qu’il y a une mauvaise information par rapport à ça. On prend un équipement de Ville de La Tuque, mais on ne compromet rien par rapport à ça (la sécurité), je ne crois pas qu’il y ait lieu de s’alarmer», a indiqué M. Vézina.

Le chef de division aux opérations incendie du Service incendie insiste pour dire que la population n’est nullement en danger et qu’on a prévu des plans A, B et même C. Le Service incendie a deux motoneiges qui ont été acquises avec l’aide financière du ministère de la Sécurité publique. Le maire de La Tuque s’est dit très à l’aise avec sa décision.

«On les obtient parce qu’elles sont nécessaires en vue de possiblement évacuer quelqu’un, mais il faut qu’elles roulent quand même ces motoneiges-là. On ne les utilise peut-être pas dans un but de sauvetage, mais ça sert à une expédition qui nous permet de voir ce qui en est sur le territoire. On va pouvoir voir ce que ça vaut dans la neige et jusqu’où elle peut aller […] On aurait pu prendre celle du ski…», a affirmé Pierre-David Tremblay.

«Elles doivent être utilisées ces motoneiges-là. Elles peuvent même être utilisées autour de la ville de La Tuque dans différentes activités, mais il faut les garder disponibles quand même», a-t-il ajouté.

Une délégation de la municipalité avait effectué une sortie à motoneige semblable l’an dernier sans toutefois avoir recours aux véhicules du Service incendie. Ils avaient pris les sentiers durant deux jours. Ils s’étaient rendus jusqu’au domaine Van Bruyssel, en passant par le Lac-Édouard.

«On fait une expédition comme on l’avait fait l’an passé. On avait fait l’est du territoire de la ville. On redécouvre le territoire», note le maire.

Une dizaine de personnes devraient prendre part à cette expédition, des élus, des dirigeants et des employés de la municipalité.

«Ça nous permet de voir des endroits d’intérêts pour lesquelles on accumule des problèmes durant l’année. Là, on va faire le centre. On va partir de Wemotaci et on va monter vers Opitciwan. On va passer par Parent et Clova également», a fait savoir Pierre-David Tremblay.

«On va là pour différents aspects, entre autres, on va aller voir le tracé du gazoduc. Il y a des endroits où ça pourrait impacter parce qu’il y a certaines zones sensibles», a conclu le maire.