Certaines tiques sont porteuses de la bactérie à l’origine de la maladie de Lyme.
Certaines tiques sont porteuses de la bactérie à l’origine de la maladie de Lyme.

Maladie de Lyme: seulement trois cas dans la région cet été

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — La saison estivale 2020 n’aura vu apparaître que trois cas de la maladie de Lyme dans la région Mauricie-Centre-du-Québec. Deux de ces cas ont été acquis au Québec et le lieu d’acquisition pour le troisième cas est inconnu.

Notons que ce bilan annuel du ministère de la Santé et des Services sociaux couvre la période du 1er janvier au 1er septembre de l’année en cours.

C’est en Estrie et en Montérégie qu’a été répertoriée la grande majorité des 158 cas de maladie de Lyme confirmés au Québec, cette année. L’Estrie remporte la palme avec 87 cas et la Montérégie suit avec 38 cas. Laval et la Capitale-Nationale suivent avec 4 cas chacun.

Rappelons que les premiers symptômes de la maladie de Lyme sont l’apparition, sur la peau, d’une irritation en forme de cible accompagnée de fièvre, de frissons, de maux de tête, de fatigue, de douleurs musculaires et articulaires et de ganglions enflés.

Sans traitement, d’autres symptômes plus sévères peuvent s’ajouter et durer des mois, voire des années. On parle de paralysie faciale, de douleurs osseuses, de palpitations cardiaques ou de battements cardiaques anormaux (dont les complications peuvent mener à la mort), d’étourdissements, de confusion mentale, perte de mémoire, inflammation du cerveau et de la moelle épinière, douleurs des nerfs, engourdissements ou picotements dans les mains ou les pieds. L’arthrite avec gonflement et douleurs des articulations fait également partie du portrait.

La plupart des cas de maladie de Lyme, qui est transmissible, rappelons-le, par certaines espèces de tiques, peuvent être traités par une prise d’antibiotiques pendant 2 à 4 semaines.

Le site web fédéral de surveillance sur les cas de la maladie de Lyme s’arrête en 2018. On peut y voir que le nombre de cas humains rapportés est passé de 992, en 2016 à 2025 en 2017 puis à 1487 en 2018. En 2016, 88 % des cas de maladie de Lyme au Canada provenaient de l’Ontario, du Québec et de la Nouvelle-Écosse.

Les animaux, chevaux, chiens et chats sont également susceptibles de contracter cette maladie causée par la bactérie Borrelia burgdorferi transmissible principalement, au Québec, par la tique du cerf ou tique à pattes noires, indique le Centre hospitalier universitaire vétérinaire de l’Université de Montréal.

Selon l’Institut national de santé publique, 500 cas de la maladie de Lyme, qui est à déclaration obligatoire, ont été rapportés aux autorités de santé publique dont 381 (76 %) acquis au Québec.

En Mauricie et Centre-du-Québec, le taux d’incidence par 100 000 habitants, en 2019, était de 1,35 en moyenne comparé à 46,18 en Estrie où les cas étaient les plus nombreux.

Le nombre de tiques prélevées sur des humains et soumises au service de surveillance acarologique passive du Laboratoire de santé publique du Québec a été de 162 pour la région Mauricie et Centre-du-Québec, en 2019, par rapport à 348 pour l’Estrie, 239 pour la Montérégie et 213 pour l’Outaouais. Des 162 tiques I. scapularis provenant de la Mauricie et du Centre-du-Québec, 157 ont été testées et 25 étaient positives à la bactérie Borrelia burgdorferi.

La surveillance des tiques prélevées chez des humains a cessé dans certains secteurs de l’Estrie en 2015.

D’autres maladies à déclaration obligatoire peuvent être transmises par les tiques au Québec. Il est donc fortement recommandé de faire de la prévention pour éviter d’être en contact avec les tiques et de bien s’inspecter au retour d’une activité dans la nature. L’inspection de nos animaux de compagnie est également recommandée car eux aussi peuvent contracter des problèmes de santé à la suite d’une morsure de tique.

L’INSPQ a établi une carte des municipalités à risque d’acquisition de la maladie de Lyme au Québec pour 2020. En Mauricie, Odanak représente un niveau de risque significatif et la municipalité est considérée comme endémique, c’est-à-dire qu’au moins trois cas de la maladie ont été acquis localement au cours des cinq dernières années pour une population de moins de 100 000 habitants, qu’au moins 23 soumissions de tiques prélevées chez les humains ont été faites au cours des cinq dernières années et que les tiques aux trois stades de leur évolution ont été collectées en un an lors d’activités de surveillance active, dont au moins une nymphe positive à la maladie.

Plusieurs municipalités de la Mauricie ont un niveau de risque moins élevé qualifié de «présent», dans la charte de l’INSPQ («présent» étant deux cas de maladie de Lyme acquis localement au cours des cinq dernières années dans des populations de moins de 100 000 habitants ou encore 11 à 23 soumissions de tiques I. scapularis provenant d’humains obtenues par surveillance passive).

C’est le cas, entre autres de Bécancour, Nicolet, Sainte-Eulalie, Saint-Louis-de-Blandford, Saint-Stanislas et Trois-Rivières. Dans tous ces cas, la maladie n’est toutefois pas endémique.