La maladie de Lyme est transmise par une piqûre de tique infectée d’une bactérie. Si la maladie n’est pas traitée, elle peut affecter différents organes ou parties du corps comme les articulations, le cœur et le système nerveux.

Maladie de Lyme: la région sous surveillance

Trois-Rivières — Pendant que l’Estrie et la Montérégie connaissent une hausse significative du nombre de cas de la maladie de Lyme, la région ne connaît pas une telle explosion. Pour l’instant, neuf cas ont été répertoriés en 2018 sur le territoire de la Mauricie-Centre-du-Québec depuis le mois de mai, contre huit l’an dernier. Ce qui est quand même passablement plus élevé qu’en 2016 alors que seulement deux cas avaient été enregistrés.

La Santé publique suit la situation de très près. Pour l’instant, c’est la MRC de Drummond qui est particulièrement touchée ainsi que le secteur d’Odanak. La santé publique effectue une surveillance de la région que ce soit sur le terrain pour documenter où se trouvent les tiques, par l’analyse de tiques ainsi que par la déclaration des cas de maladie. «Cela nous dit qu’effectivement des tiques, il y en a plus que dans la MRC de Drummond et qu’à Odanak. Il y en a ailleurs. De toute façon, c’est une maladie qui est en émergence sur notre territoire géographiquement. On s’attend qu’au cours des années à venir, on en retrouve de façon un peu plus diffuse sur notre territoire et que ça monte du sud vers le nord», explique Caroline Marcoux-Huard, médecin spécialiste en maladies infectieuses de la Direction de santé publique et responsabilité populationnelle du CIUSSS MCQ.

Au niveau provincial, le nombre de cas est passé de 160 cas en 2015 à 329 en 2017. D’autres cas pourraient s’ajouter en 2018 dans la région puisque cela peut prendre de 3 à 30 jours avant qu’une personne commence à ressentir les premiers signes et symptômes de la maladie. De plus, la Dre Marcoux-Huard prévient que les tiques sont généralement encore actives en septembre. «La saison n’est pas encore terminée alors ça vaut le coup de maintenir les mesures de prévention», souligne-t-elle.

Les gens qui se font piquer par une tique et qui répondent à certains critères peuvent maintenant être traités par un antibiotique de façon préventive dans la MRC de Drummond. «Sur la base de certains critères épidémiologiques et la surveillance qu’on fait de la maladie, on est en mesure de dire que la probabilité à certains endroits que la tique soit infectée est quand même plus élevée», note la Dre Marcoux-Huard.

En Montérégie et en Estrie, il est même possible d’obtenir le traitement directement en pharmacie. Une façon de faire qui pourrait éventuellement s’étendre à la MRC de Drummond si la situation progresse. «C’est quand même une avenue possiblement intéressante à explorer pour notre territoire», indique la Dre Marcoux-Huard.

Cette dernière rappelle que tous les cas de maladie sont documentés et enquêtés. Il y a aussi beaucoup de sensibilisation qui se fait auprès des cliniciens et de la population. «On essaie de suivre la situation de près mais aussi de sensibiliser tout le monde à cette nouvelle réalité.»

Pour ce qui est des mesures de prévention, il est recommandé d’appliquer un chasse-moustiques contenant du DEET, de porter des vêtements longs de couleurs claires et des souliers fermés, de marcher dans les sentiers dégagés tout en évitant les herbes hautes et d’examiner sa peau afin de détecter la présence possible d’une tique.