Atteint de la maladie de Lyme, Simon Martin a rencontré la députée Anne Minh-Thu Quach au Parlement d’Ottawa lundi.

Maladie de Lyme: après Québec, Ottawa

Trois-Rivières — Le combat des gens atteints de la maladie de Lyme continue de faire des pas vers l’avant. Lundi, le Shawiniganais d’origine Simon Martin s’est rendu au parlement d’Ottawa dans le but de faire connaître davantage son combat quotidien.

Il s’agissait pour M. Martin d’une deuxième rencontre cruciale en peu de jours. La semaine dernière, il avait fait partie d’une délégation de l’Association québécoise de la maladie de Lyme qui avait remis à l’Assemblée nationale une pétition de 9000 noms afin de leur demander de reconnaître la maladie et d’assurer les soins nécessaires afin de traiter sa forme chronique.

Cette fois, celui qui réside maintenant à Beauharnois a été invité par la députée de sa circonscription, Anne Minh-Thu Quach. Les deux se connaissaient déjà de l’époque où il était impliqué dans la chambre de commerce locale, entreprise qu’il a dû vendre après que les symptômes de sa maladie soient devenus trop douloureux.

«Quand je suis allé au Parlement à Québec, j’ai eu l’idée d’aller à celui d’Ottawa. Je lui ai écrit. Elle a offert qu’on se rencontre dans la circonscription, mais pour moi, le dossier est rouge, urgent», indique M. Martin.

La rencontre s’est avérée plus que positive. La députée du Nouveau parti démocratique a accepté de lui consacrer une de ses questions lors d’une prochaine période à la Chambre des communes.

«La semaine passée, c’était un grand pas au provincial. Cette fois, au fédéral, c’est un moyen pas. Je sais qu’ils ont le dossier à cœur. Mme Quach n’a pas été la seule députée qui m’a approché. Avec la question qu’on va formuler, je pense que ça peut faire une bombe» lance-t-il.

La maladie de Lyme peine à être reconnue au Canada et au Québec par les médecins, ce qui explique pourquoi les personnes touchées poursuivent un combat pour se faire entendre.

Elle peut être attrapée par la piqûre d’une tique, comme c’est le cas pour M. Martin, et peut toucher plusieurs systèmes du corps. Dans sa forme chronique, elle cause de nombreuses douleurs, de l’inflammation et des symptômes cutanés. Apparue au Connecticut, elle se propage dans le nord du continent depuis.

Plusieurs Québécois ont pris la décision de se faire traiter aux États-Unis ou encore à Cuba, faute de soins disponibles et assurés au Canada.

«Je leur ai remis mon document personnel, le même que j’avais apporté à Cuba. J’ai aussi remis la copie du recours collectif qui se passe présentement aux États-Unis. Ce recours dit que l’Institut d’infectiologie américaine (Infectious Diseases Society of America), qui dicte la ligne de conduite pour établir un diagnostic de la maladie de Lyme, est corrompu», affirme celui qui souffre de la maladie depuis 2004.

Un malheur n’attend pas l’autre
Lorsque Simon Martin dit qu’il ne peut attendre pour livrer son combat, c’est que les mauvaises nouvelles continuent de s’accumuler pour lui.

En 2008, il avait reçu un diagnostic de fibromyalgie, une maladie chronique qui cause de puissantes douleurs au milieu du corps.

Puis jeudi dernier, une nouvelle visite chez le médecin lui a permis d’apprendre qu’il était aussi atteint du Syndrome d’Eshler Danlos, relié à une hyperlaxité des articulations, qui, à long terme, empêche la personne de fournir un effort physique important sans ressentir de douleur.

Or, M. Martin avait l’habitude de passer de nombreuses heures au gym, en plus de s’être fait recommander de nombreux traitements de chiropractie. Deux facettes de sa vie qui auront eu comme effet d’accélérer la dégradation de ses articulations.

«Je vais bientôt devoir me magasiner un quadriporteur. Je peux encore marcher, mais pas de longues distances. Je vois un médecin tous les mois, mais ça fait des années que j’ai mal. À un moment donné, je pouvais prendre plus de 700 pilules par mois», soupire-t-il.