De gauche à droite: Diane Lemay (travailleuse de milieu du Centre d’action bénévole de Grand-Mère et responsable de l’organisation de la conférence), Christelle Bogosta (chargée de projets, Fondation Maison Gilles-Carle), Chloé Sainte-Marie (conférencière et porte-parole de la Maison Gilles-Carle), Réjean Veillette (organisateur communautaire au CIUSSS-MCQ) et Michel Béliveau (président du comité provisoire de la Maison Gilles-Carle de Shawinigan).

Maison Gilles-Carle à Shawinigan: objectif été 2020

Shawinigan — Un an après l’annonce de l’établissement d’une Maison Gilles-Carle à Shawinigan, les intervenants s’entendent maintenant sur le début de l’été 2020 comme cible réaliste pour l’ouverture de ce centre de répit pour les proches aidants. Mercredi après-midi, ils ont pu sentir l’intérêt de la communauté pour ce projet, alors que près de 400 personnes ont envahi l’amphithéâtre de l’école secondaire Du Rocher pour assister à la conférence-spectacle de Chloé Sainte-Marie, visage de cette cause au Québec.

Une étape importante sera franchie le 6 novembre, alors que sera officiellement fondée l’Association des proches aidants de l’Énergie. Pour devenir membre et ainsi, pouvoir participer à cette assemblée générale, il faut prévoir une cotisation de 5 $. Le Centre d’action bénévole de Grand-Mère est chargé de recueillir les adhésions.

Depuis le début de l’année, un comité provisoire présidé par Michel Béliveau s’occupe de faire avancer le projet. On sait déjà que l’ex-premier ministre Jean Chrétien y est associé de près, lui qui a cédé une maison de la 10e Avenue, dans le secteur Grand-Mère, pour la réalisation de cette initiative.

La Maison Gilles-Carle de Shawinigan offrira huit chambres à des personnes souffrant de maladies dégénératives, telles que l’Alzheimer, la sclérose en plaques ou la maladie de Parkinson, par exemple. Cinq à six employés seront embauchés, sans compter les dizaines de bénévoles qui mettront l’épaule à la roue pour s’occuper des malades afin de donner un peu de répit à leurs proches aidants.

«Nous avons mis sur pied sept comités», raconte M. Béliveau. «Nous avons présentement des architectes qui travaillent sur la mise aux normes de la maison, afin de nous donner une idée des coûts.»

Pour le moment, l’estimation varie entre 400 000 $ et 600 000 $. De plus, il faudra prévoir environ 700 000 $ pour l’exploitation de la Maison Gilles-Carle.

«Le ministère (de la Santé et des Services sociaux) nous accordera 50 000 $ par chambre», calcule M. Béliveau. «Ça nous fera donc 400 000 $. On peut aller chercher 50 000 $ à 75 000 $ via d’autres subventions. Il reste donc 250 000 $ à trouver annuellement dans la population, avec des activités de financement.»

Réjean Veillette, organisateur communautaire au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec et soutien au comité provisoire, considère réaliste une ouverture à l’été 2020.

Il rappelle qu’il existe plus de 1,6 million d’aidants naturels au Québec, qui offrent des services évalués à cinq milliards de dollars. La majorité sont des femmes, mais à partir de 65 ans, les deux sexes contribuent à peu près également au soutien de leurs proches.

«Parfois, on est devant un mur énorme, qui amène diverses difficultés au plan social, moins de temps pour faire de l’activité physique, pour prendre du temps pour soi», énumère M. Veillette.

Actuellement, près de 300 personnes bénéficient des services de répit sur le territoire de Shawinigan et de la MRC de Mékinac, grâce à divers services.

«Ils répondent en partie aux besoins, mais pas à tous les besoins», résume M. Veillette. Comme la population régionale vieillit plus rapidement qu’au Québec en général, ces besoins ne feront que s’accentuer au cours des prochaines années.

À l’écoute

Le réseau des Maisons Gilles-Carle évolue très lentement depuis la création de la première résidence, à Cowansville, en 2012. Montréal et Boucherville inaugureront leur service de soutien aux proches aidants d’ici la fin de l’année. Saguenay et Alma suivront au tournant de 2020, puis Shawinigan quelques mois plus tard.

«Nous avons au moins trois autres projets en branle pour l’an prochain», témoigne Christelle Bogosta, chargée de projet à la Fondation des Maisons Gilles-Carle. «Nous avons 19 projets d’identifiés. Notre objectif était de 20 maisons en dix ans. Les communautés sont très mobilisées.»

Mme Sainte-Marie reconnaît que le gouvernement Legault et plus particulièrement, la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, permettent de passer à la vitesse supérieure. «C’est complètement ça», assure-t-elle. «Marguerite Blais porte ce projet avec nous. Elle est revenue en politique pour créer les maisons des aidants, les maisons des aînés et la politique nationale des aidants.»

«On part un projet de société et nous allons le mener ensemble», s’enthousiasme la porte-parole. «C’est un projet qui donne espoir aux aidants et aux aidés, qui va prévenir l’épuisement et fera en sorte que les aidants auront une vie normale. Personne ne travaille 24 heures par jour, sept jours par semaine, 365 jours par année. L’aidant, oui! C’est l’esclave moderne.»