Une maison des aînés.
Une maison des aînés.

Maison des aînés: les syndicats ont des réticences

TROIS-RIVIÈRES — Ne rejetant pas du tout l’idée d’offrir des milieux de vie plus agréable pour les Québécois nécessitant des soins de longue durée, les syndicats représentant les travailleurs du milieu de la santé ont quelques réticences à l’égard des maisons pour aînés, une promesse électorale si chère au gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ). Selon eux, le gouvernement devrait se concentrer sur les soins qui sont prodigués aux patients, plutôt que des bâtiments.

«Le plus important n’est pas la structure, mais bien ce qui s’y passe à l’intérieur. Qu’on l’appelle CHSLD ou maison des aînés, je pense qu’on a tous intérêt à trouver des solutions pour mieux donner les soins aux patients», affirme d’emblée Pascal Bastarache, président du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et des métiers CSN Mauricie et Centre-du-Québec.

De plus, les conditions de travail des préposés aux bénéficiaires méritent d’être améliorées, affirme Pascal Bastarache. Cela permettrait, selon lui, de grandement améliorer la pénurie de personnel que la pandémie a une fois de plus mis en lumière. «Que ce soit une superbe maison des aînés ou un CHSLD, s’il manque de personnel ou que le personnel est surchargé, ça ne changera pas grand-chose», soutient-il.

«Le gouvernement a un intérêt plus poussé à respecter des promesses électorales qui des fois ne sont pas prioritaires sur les soins qu’on doit prodiguer. On aurait plus intérêt à trouver des solutions.»

Pascal Bastarache, président du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et des métiers CSN Mauricie et Centre-du-Québec, et Nathalie Perron, la présidente du Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (FIQ).

Présentement en négociation pour leurs conditions de travail, les préposés aux bénéficiaires déplorent qu’on leur offre des augmentations salariales «en bas de l’inflation du coût de la vie». «On souhaite qu’on permette une meilleure conciliation travail-famille pour qu’on arrête de juste travailler et qu’on passe un peu de temps avec nos familles. Le gouvernement aurait intérêt à travailler en ce sens pour régler cette problématique qui est actuelle», ajoute Pascal Bastarache.

Même son de cloche du côté de Nathalie Perron, présidente du Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (FIQ). «On ne pas être contre les maisons des aînés, mais il faut se questionner. Actuellement dans les CHSLD, on travaille à découvert tellement il manque de personnel. Il y a des gens qui payent pour des services et ils ne les ont même pas», déplore-t-elle.

«Ils n’ont pas accès au nombre de bains qu’ils devraient avoir, alors que d’autres mangent souvent froid. Il y a déjà des activités de soins qui ne sont pas faites parce qu’on coupe.»

Loin de dénoncer les investissements en santé, Nathalie Perron mentionne que le gouvernement devrait d’abord «consolider» les équipements déjà en place. «On doit s’assurer que nos aînés, qui sont très défavorisés dans les CHSLD, puissent aussi avoir des soins décents. C’est mon inquiétude», ajoute-t-elle.

«Assurons-nous d’être capables d’offrir la base à nos aînés dans les CHSLD avant d’offrir autre chose. On va déshabiller quel endroit pour s’occuper de la maison des aînés?»