D’ancien employés de l’hôtel Maison de la Madone se plaignent de la gestion des lieux par la direction du sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.

Maison de la Madone: «La hache dans le système»

Trois-Rivières — «Ils ont mis la hache dans le système.»

La nouvelle orientation prise par les autorités du sanctuaire Notre-Dame-du-Cap concernant la gestion de l’hôtel Maison de la Madone est critiquée par d’anciens travailleurs de l’hôtel. Ces gens se demandent comment un tel établissement peut fonctionner avec une orientation déterminée par du nouveau monde qui, selon eux, n’a aucune connaissance du domaine de l’hôtellerie.

Le Nouvelliste a parlé avec quelques anciens salariés de cet hôtel du secteur Cap-de-la-Madeleine. Sous le couvert de l’anonymat, ces gens remettent en question des décisions prises au fil des derniers mois: coupes d’emploi, réductions salariales, diminution de la qualité du service aux clients, resserrement exagéré des budgets de fonctionnement, etc.

«La nouvelle équipe est composée de jeunes qui ne connaissent rien à l’hôtellerie. La majorité du personnel a beaucoup d’ancienneté et la nouvelle direction veut s’en débarrasser, car il y a trop de charges sociales», raconte un des anciens employés, qui estime qu’au moins sept personnes ont été congédiées injustement.

Ces ex-collègues soutiennent que ce nouveau mode de gestion de l’hôtel Maison de la Madone a un seul objectif: siphonner les profits engendrés par les activités d’hébergement pour donner de l’oxygène au sanctuaire.

«Le sanctuaire est un puits sans fond. L’hôtel remet ses profits au sanctuaire, mais ce n’est pas assez», clame un ex-travailleur.

«Avec la pénurie de main-d’oeuvre, le directeur avait plus à gagner à nous écouter, car il n’a aucune expérience», ajoute une autre personne ayant travaillé à cet hôtel, en faisant référence à Luc Létourneau, le directeur général.

Économies d’échelle

Le sanctuaire Notre-Dame-du-Cap reconnaît que l’organisation a pris des mesures pour réaliser des économies d’échelle, notamment en réalisant la fusion administrative de l’hôtel et du sanctuaire. Mais selon le recteur du sanctuaire, Mgr Pierre-Olivier Tremblay, personne n’a été mis à la porte de façon volontaire.

«Le sanctuaire est en transition super importante. Pour rejoindre le monde d’aujourd’hui, car la clientèle traditionnelle vieillit, ça nous appelle à faire des changements à notre offre de services. On avance sur les changements qui nous sont mandatés par les instances décisionnelles. On a fusionné les deux organisations, donc quelques postes ont été abolis et on a fait des aménagements pour du changement dans le personnel. On a proposé des réaffectations. Certains employés ont accepté. D’autres ont dit non et sont allés ailleurs», mentionne Mgr Tremblay.

Selon lui, l’équipe en place a toutes les compétences requises pour mener à bien les activités du sanctuaire ainsi que celle de l’hôtel Maison de la Madone. Il ajoute que l’arrivée de M. Létourneau s’inscrit dans cette ligne d’orientation. De plus, le portrait financier du sanctuaire n’est pas exactement ce qui est affirmé par ces anciens travailleurs, d’après Mgr Tremblay.

«C’est le sanctuaire qui renflouait la Madone depuis des années. Les profits de l’hôtel demeurent là. Le sanctuaire est dans une situation fragile. Si on garde le modèle traditionnel, ça ne tient plus la route. On n’a pas le choix de prendre le grand virage. On peine à joindre les deux bouts. On n’est pas sur le bord de fermer, mais ça demande des prises de décisions rigoureuses, à long terme et courageuses.»